… voici poule-belle
Ces dessins ne disent peut-être plus grand-chose aux Français d’aujourd’hui, mais ils continuent, cependant de séduire bon nombre d’Américains et de Japonais qui fréquentent la Butte Montmartre. Les « gamins de Paris » de Francisque POULBOT représentèrent pourtant, pendant plusieurs générations, l’image du « Titi parisien », malin, farceur, un peu candide malgré l’apparence.
En voyant que l’on propose une poule belle, pour éviter de trop remplir la poubelle, je n’ai pu m’empêcher de penser d’abord à l’auteur de ces petits poulbots. POULBOT et POUBELLE, sont, d’ailleurs, deux noms propres liés à la vie parisienne de la fin du XIXème siècle et au début du XXème … qui devinrent tous deux des noms communs traînant dans les rues de la capitale.
Ces images, ces évocations de gallinacées, font aussi revenir à ma mémoire les paroles de Jean FERRAT dans « La Montagne » :
« Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l'on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones »
Le poulet était aux hormones, mais une fois la retraite arrivée, il n’y avait plus à s’en faire … que reste-t-il de nos vingt ans eut chanté un autre poète d’avant mes vingt ans ?
A l’époque chantée par Jean FERRAT, on s’est mis à « manger de la m…. ». Désormais la nouvelle invention c’est de faire avaler nos détritus par des poules … à chacun sont tour, la boucle est bouclée.
J’ironise et je nostalgise sur ces différents aspects de l’usage de ces volatiles qui confirment bien que nous sommes vraiment descendant des Gaulois, dont le gallus était déjà le symbole, puisque cet animal, les pieds fièrement enfoncés dans le fumier, n’hésite pas à pousser un cocorico triomphal. Mais, en fait, limiter le plus possible le volume des déchets ménagers que l’on met dans une poubelle, en exigeant une réduction drastique des packagings (Emballage fait vulgaire), en recyclant tout ce qui peut l’être, en nourrissant des animaux avec des déchets tout à fait comestibles … est parfaitement positif et j’y adhère tout à fait.
J’y adhère cent fois plus qu’à cette politique stupide qu’un Syndicat Intercommunal a voulu imposer sur le Plateau Vivaro-Vellave où j’ai ma vieille maison, en voulant doter les poubelles de puces électroniques pour compter le nombre de poubelles confiées par chacun afin de faire payer aux habitants d’autant plus que leur poubelle serait souvent relevée. Ce projet est en train de se casser la figure grâce à l’opposition citoyenne à cette logique de petit percepteur sanctionnant ceux qui subissent des emballages délirants, au lieu d’agir à la source par l’éducation et la mise en œuvre de solutions alternatives en dialogue avec toutes les catégories d’habitants (Voir mes billets de l’année précédente :
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-paul-bourges/290412/les-poubelles
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-paul-bourges/070512/le-8-mai-au-chambon-sur-lignon
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-paul-bourges/060912/democratie-de-terrain )
Faire en sorte que tous ceux qui ont quelques mètres carrés disponibles à l’air libre aient deux poules qui leur donneront des œufs et les débarrasseront d’une bonne partie de leurs déchets, c’est tout à fait intelligent.
Elle est poubelle la vie ?
Jean-Paul Bourgès 12 avril 2013