Comme les Américains, nous sommes de plus en plus nombreux à traîner un excédent de poids qui pourrait vite nous coûter plus cher si nous avons la mauvaise idée d’être clients de plusieurs compagnies aériennes qui prévoient de faire payer plus cher aux personnes les plus enrobées. Je fais partie de ceux dont les voyages aériens risquent de leur coûter plus cher.
Comme les Américains, nous n’hésitons pas à amplifier notre surpoids en fréquentant … et souvent en famille … ces enseignes colorées, dont les noms semblent écossais, où l’on peut manger vite. Là, je vous le jure, je n’y ai jamais mis les pieds au grand dam de mes petits-enfants.
Comme les Américains, nous ne supportons plus le mensonge.
Un Président Américain, jeune et brillant, jouant un rôle essentiel sur la scène internationale, n’échappa que de très peu à la destitution de « l’impeachment » un peu parce qu’il était un grand coureur de jupon, mais, surtout, parce qu’il avait nié avoir laissé échapper quelques gouttes de semence sur la robe de la stagiaire Monica.
Les Français ont réélu sans problèmes particuliers Jacques CHIRAC à la présidence de la République alors que sa représentation aux « Guignols de l’info » s’intitulait « Super-menteur ». Jusqu’à présent le mensonge apparaissait presque comme un attribut normal de la vie politique, et l’on ne faisait que le reproche éventuel du mensonge mal fait.
Nous venons, en quelques jours, de connaître deux événements qui démontrent une évolution de nos mœurs qui nous rapproche de ce qui caractérise l’outre-Atlantique.
Le premier événement est, bien sûr, l’affaire CAHUZAC où l’on voit bien que ce qui est surtout reproché à l’ancien Ministre du Budget, ça n’est même pas d’avoir été, lui-même, un fraudeur, ce qui est quand-même énorme … mais, surtout, d’avoir menti publiquement : « Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte en Suisse » craché à la face des membres de l’Assemblée Nationale. Il y a peu on aurait admiré le culot. Maintenant on en fait un crime majeur.
Le deuxième, pourtant infiniment moins médiatisé, démontre beaucoup plus nettement l’évolution de notre mentalité en profondeur et non seulement dans le cadre d’un emballement médiatique. Il s’agit de la démission de Gilles BERHEIM, Grand Rabbin de France, qui a dû avouer le mensonge par lequel, depuis des années, il avait fait croire qu’il était agrégé en philosophie. Tout le monde reconnaissait, pourtant l’envergure intellectuelle de Gilles BERHEIM, mais qu’avait-il besoin de se prétendre agrégé alors que ses réflexions se suffisaient pour faire de lui un des penseurs actuels dans notre société.
«Elle est brillante, dévouée et coriace… Il se trouve aussi qu’elle est, et de loin, la plus belle ministre de la Justice. C’est vrai!». Pour avoir dit ça de Kamala HARRIS, ministre de la Justice de Californie, Barack OBAMA eut, tout récemment, besoin de s’excuser publiquement. Chez nous c’est celui qui dirait « …la plus laide ministre … » qui devrait s’excuser. Mais pour combien de temps ? « Pourvou qué ça doure », comme aurait dit Laetitia BONAPARTE.
A propos de cette abolition du droit de mentir, je voulais juste attirer l’attention sur un marqueur de quelque chose qui n’est pas typiquement Français. Chacun en tirera bien la conclusion qu’il voudra.
Jean-Paul Bourgès 13 avril 2013