Justice pour un jeune-homme, justice pour son père

Le symbole de la Justice c’est cette femme, belle, altière mais aux yeux bandés qui n'adapte pas son jugement à la personne jugée, qu’elle soit puissante ou misérable. 

Il serait d’ailleurs rassurant qu’avant usage les deux plateaux de la balance soient au même niveau.

J’ai longtemps mis mes derniers espoirs d’une préservation d’une des composantes de la démocratie dans la Justice, en la considérant indépendante.

De nombreux événements, comme le fait que Nicolas SARKOZY-BISMUTH soit encore en liberté et même en train de parader dans le but de redevenir « le premier d’entre nous » mais aussi l’inertie devant de grands délits économiques ou des entorses graves au droit du travail, tandis que des délits réels mais mineurs conduisent immanquablement de pauvres hères en prison, ont fait vaciller cette conviction, jusqu’à penser qu’un système aussi défaillant ne peut qu’être condamné à court terme.

Notre ami, JEAN63, nous entretient fréquemment de son désarroi devant l’absence totale d’écoute de tous ces corps constitués auxquels il s’est adressé sans relâche pour que soient élucidés ses doutes sur le fait que son fils se soit suicidé. De très, beaucoup trop, nombreux manquements dans la façon dont l’enquête fut conduite, et même bâclée, le conduisent à d’épouvantables soupçons d’agissements criminels couverts par des réseaux mafieux infiltés dans les rouages de l’Etat comme dans la presse.

Sa douleur de père ne peut laisser personne insensible. Mais notre douleur de citoyens est immense également car de tels soupçons ne peuvent pas avoir pour seule réponse le silence sans être une insulte à notre droit de croire en la Justice de notre pays et dans la puissance du quatrième pouvoir.

A quoi nous servent nos possibilités d’expresion, ici sur Médiapart et ailleurs, si cela n’aboutit pas à une élucidation de ce qui n’est pas un fait divers banal, mais, peut-être, la partie émergée d’un iceberg du crime dont l’hypothèse suffit à nous glacer le sang ?

Cette affaire doit être creusée, les plus hauts responsables de l’Etat doivent s’y attacher s’ils veulent conserver le moindre honneur, les médias doivent assurer le rôle de guetteurs vigilants. La liste des crimes impunis, en France, commence à être bien longue, comme on le vit avec l’affaire BOULIN … il faut que ça cesse. Et si les soupçons de Jean sont infondés on lui doit, au moins, de le lui démontrer sereinement.

Jean-Paul Bourgès 19 décembre 2014

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