Le sport fut, pendant longtemps, un élément essentiel de notre culture gréco-latine. A tel point que le baron Pierre de COUBERTIN, un fameux réac, fit renaître les jeux olympiques qui avaient été un moment exceptionnel de la vie des cités grecques.

Durant presque deux mille ans, nul ne pensa plus à construire de lieux grandioses pour accueillir l’endroit où des sportifs offriraient à une foule ébahie, « panem et circenses », ce spectacle qui lui permettait justement d’oublier l’absence de pain.

Notre époque « moderne » a retrouvé ce goût antique et aucune ville digne de ce nom ne peut plus échapper à la nécessité de bâtir à sa porte un stade où se dérouleront de grandes compétitions de renommée mondiale.

Nous n’avons plus l’argent qu’il faut pour subventionner les activités culturelles ou caritatives de toutes les associations qui s’investissent pour maintenir le « vivre ensemble ». Devant la fuite désespérée de ceux qui sont chassés de chez eux par la guerre, la misère ou la violence des fanatiques, nous n’avons pas, non plus, de quoi mobiliser nos forces navales afin de leur éviter la noyade et les accueiilir fraternellement.

Mais nous avons la capacité de construire ces stades qui nous permettront de distraire le bon peuple et de lui éviter des interrogations sans réponse.

L’un de ces stades, à Lyon, s’appellera même « Le stade des Lumières » ! Joli clin d’œil aux inventeurs lyonnais du cinéma, Auguste et Louis LUMIÈRE.

Manifestement le nom de ce stade n’aura aucun rapport avec « le siècle des lumières », quand on sait qu’un numéro manquera au dos des sièges. Ce numéro qu’il ne sera pas nécessaire d’occuper, c’est le numéro 42. Quarante deux ! Le numéro du département de la Loire. L’ennemi intime ! Nous sommes en pleine superstition et en esprit de chapelle qui fait qu’un geste sportif n’est beau que s’il est accompli par notre équipe.

Que c’est consternant !

On nous raconte que le sport ça réunit … et, séparées de soixante cinq kilomètres, deux villes se ressentent autant ennemies qu’autrefois Athènes et Sparte qui n’étaient guère plus éloignées … sans disposer de TER ou d’une voie rapide pour que les habitants de Sparte aillent chaque jour travailler à Athènes ou l’inverse.

Jean-Paul BOURGÈS 21 avril 2015

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