S’inspirer des mœurs florentines…

Lorsque, dans notre langue, on évoque des mœurs florentines c’est à des pratiques amoureuses fort gaies que l’on pense. C’est aussi à la multiplication des intrigues politiques, où l’intérêt général est rarement au premier plan. Ce sont deux Reines de France issues des Médicis que l’on évoque.

Lorsque, dans notre langue, on évoque des mœurs florentines c’est à des pratiques amoureuses fort gaies que l’on pense. C’est aussi à la multiplication des intrigues politiques, où l’intérêt général est rarement au premier plan. Ce sont deux Reines de France issues des Médicis que l’on évoque.

Et, toujours, Florence restera associée pour moi à la pièce d’Alfred de MUSSET et à Gérard PHILIPE que je n’avais pas vu en Avignon en 1952 - j’étais un peu trop jeune - mais sur la scène du TNP-Chaillot vers 1958 … et plus de cinquante ans plus tard j’en reste encore ébloui.

Florence c’est bien d’autres choses, mais c’est un nom qu’on n’associe pas souvent à la morale en politique.

Pourtant l’Italie est désormais dirigée par un homme jeune venu de Florence avec toute sa fougue, son audace, son habileté … que Nicolas MACHIAVEL n’aurait pas désavouées. Et l’impulsion qu’il donne est en train de secouer toute l’Italie, non pas en l’assommant comme tous ses prédécesseurs l’ont fait ou en la pliant de rire jaune, mais en appelant les Italiens à retrouver à la fois le moral et le chemin de la morale.

Matteo RENZI a expliqué à la Commission Européenne à Bruxelles que l’équilibre budgétaire c’est sûrement bien … mais que, si ça détruit les ressorts d’un pays … ça ne peut qu’aboutir à tuer le malade avant de l’avoir guéri. François HOLLANDE avait dit qu’il ferait la même démarche, mais, au dernier moment il ne retrouva pas le billet de Thalys Paris-Bruxelles qu’il avait acheté avant l’élection.

Matteo RENZI s’attaque maintenant aux rémunérations des équipes dirigeantes des entreprises publiques, qui étaient déjà plafonnées, mais qu’il va sérieusement raboter en ayant souligné que rien ne justifie qu’un dirigeant puisse gagner mille fois, ni même plus de dix fois, ce que gagne le salarié du bas de l’échelle.

Alors, évidemment, ça râle dans les hautes sphères … mais il s’en moque, car c’est à la notion de justice sociale qu’il s’attaque pour la restaurer.

Réinjecter du pouvoir d’achat au profit des plus modestes, limiter les rémunérations des plus favorisés, n’est-ce pas ce que François HOLLANDE s’était engagé à faire lors de sa campagne présidentielle ?

Tétanisé devant les gendarmes de Bruxelles, apeuré à l’idée de ne pas bénéficier de l’amitié condescendante des dirigeants du CAC40, prisonnier des réseaux de bons petits camarades d’ HEC et de l’ENA-promotion Voltaire … il fut incapable de bouger et fit du Sarkozysme tout en voyant se dresser contre lui la Sarkozye toute entière et la droite catholique effarouchée par l’alignement de nos lois sur ce qui apparaît banal ailleurs en Europe.

Le résultat fut administré dimanche par les Français. Je ne vois pas pourquoi le deuxième tout infirmerait le premier. La première bataille électorale est une Bérézina. Entre aujourd’hui et la prochaine élection présidentielle il y a deux cents jours de plus qu’entre la Bérézina et Waterloo … François HOLLANDE saura-t-il profiter de ce délai supplémentaire pour sortir de l’ornière ?

Il faudrait, alors, qu’il regarde dès maintenant vers Rome et Florence et non vers Londres et Berlin.

Jean-Paul Bourgès 26 mars 2014

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