« Mariage pour une » … on attend les manifs !

Si, en France, la nuptialité a connu une chute considérable puisqu’on n’a célébré que deux cent quarante mille mariages en 2010 contre quatre cent mille, quarante ans plus tôt, les deux dernières années furent marquées par les manifestations de ceux pour lesquels ne pouvaient se jurer « respect, fidélité,  secours et assistance » (Article 212 du code civil) que deux personnes de sexes différents.

Mais cela c’était autrefois … il y a très longtemps … car au rythme infernal du marketing triomphant qui voit tout céder devant la nécessité absolue du business, des Japonaises n’ayant toujours pas trouvé l’âme-sœur, célèbrent désormais leur mariage avec elles-mêmes toutes seules dans une débauche de fanfreluches copiant principalement les symboles du mariage universel en robe blanche de ce mariage blanc (La société Cerca, de Kyoto, leur organise cela pour un budget de l’ordre de trois mille euros).

A défaut de consommation, ce mariage new-style, est au moins l’expression de ce que la dernière valeur à préserver c’est celle de la suprématie consommatrice où l’essentiel est de dépenser plusieurs mois de dur labeur à l’occasion de cet acte social.

Devant cette innovation, qui met définitivement par terre la notion d’amour, verra-t-on se dresser les manifestants contre la loi TAUBIRA pour une fois où ils pourraient vraiment dénoncer quelque-chose qui n’a plus comme fondement que l’amour de soi-même et du « Dieu consommation » ?

Jean-Paul Bourgès 28 décembre 2014

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