Protéger les « bons » violeurs

Avant-hier, à l’occasion de cette effarante condamnation à mort de cinq cent vingt neuf Egyptiens d’un seul coup, j’évoquais le lien entre recours à la peine de mort et régime dictatorial que Robert BADINTER avait cité dans son discours devant l’Assemblée Nationale en 1981.

Et, il y a quelques semaines, j’avais parlé de cette immonde pendaison d’une jeune-femme iranienne pour avoir peut-être tué l’homme auquel un mariage forcé, à l’âge de quinze ans, l’avait soumise.

Le régime des Mollahs, en train de « s’humaniser » comme cela arrangerait bien de le croire ceux qui rêvent de refaire beaucoup de business avec ce grand pays, continue de tuer ses habitants et ses habitantes à tour de bras.

A la lecture de mon billet précédent du 17 mars ( http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-paul-bourges/170314/les-douceurs-du-regime-des-mollahs ), certains ont pu se dire que cette femme, Farzaneh MORDI,  avait certes été pendue … mais qu’elle avait peut-être tué son mari. Et, effectivement, il y avait ce doute … qui, en Iran, ne semble pas profiter à l’accusé.

Mais cette fois, la jeune-femme de vingt six ans qui a été condamnée à mort, et dont Amnesty vient d’exposer le cas, a eu le tort énorme et scandaleux de se défendre contre l’individu qui s’efforçait de la violer. Ce qui est certainement un facteur aggravant à l’encontre de Rayhaneh JABARI, c’est que celui qui a tenté de la violer … et qui a eu le grand malheur de s’embrocher comme un porc sur le couteau dont elle avait réussi à s’emparer pour se défendre … était un membre des services de renseignement iraniens.

 

Rayhaneh JABARI Rayhaneh JABARI









Entre le viol du droit et le droit de violer, la République Islamique d’Iran a manifestement fait son choix.

Jean-Paul Bourgès 30 mars 2014

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