Jean-Philippe Gaspard
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Billet de blog 16 oct. 2021

MACRON : DEVOIR DE VERITE VIS A VIS DU PEUPLE TOGOLAIS

Au nom du devoir de vérité, sont d'abord rappelés les contentieux historiques et actuels entre d'une part le Togo et d'autre part la France et l'ONU, qui sont ensuite de nouveau rappelées à leurs responsabilités envers le Togo.

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 LA DYNAMIQUE MONSEIGNEUR KPODZRO

(DMK)

 CONFERENCE DE PRESSE DU GOUVERNEMENT

LEGITIME DU TOGO ET DE LA DMK

 RENCONTRE CITOYENNE ET PATRIOTIQUE TOGOLAISE

PARIS

16 OCTOBRE 2021

 LA LIBERATION NATIONALE DU TOGO :

DEVOIR DE VERITE ET RESPONSABILITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

  LA LIBERATION NATIONALE DU TOGO : DEVOIR DE VERITE ET RESPONSABILITE DE LA

COMMUNAUTE INTERNATIONALE

 DECLARATION LIMINAIRE

 Introduction

 Le Togo est un cas d’école dans le monde, non seulement pour ployer sous le joug du plus long régime héréditaire, dictatorial et kakistocratique du monde après celui de la Corée du Nord, mais aussi pour l'ampleur des charges de basse vibration sur Terre, la récurrence de puissants mouvements populaires de contestation au prix de plusieurs centaines de vie humaines sacrifiées sur l’autel d’un pouvoir à maillage international prédateur et sanguinaire, comme en octobre 1990, en février, mars et avril 2005, d’août 2017 à janvier 2018, et pour la permanence de fraudes électorales massives et effrontées, dont les dernières datent du 22 février 2020. 

Cependant, la combativité exemplaire à 91 ans du Patriarche de la Nation Togolaise, Son Excellence Monseigneur Philippe Kpodrzo, Archevêque métropolitain émérite, qui honore cette rencontre militante parisienne de sa présence, et l’attribution au Président Elu à la dernière élection présidentielle togolaise, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, du Prix GIFA d’Or Awards 2021 de « l’Alternance Démocratique Africaine », qui lui sera remis le samedi 6 novembre 2021 à Paris, interpellent profondément tous les Togolais, tous les amis du Togo et toutes les bonnes volontés épris de Démocratie, de Liberté, de Changement de Conscience et de Prospérité partagée pour tous au Togo et sur la planète Terre. 

Devoir de vérité

Le Togo, anciennement appelé LebenƐ dans l'Afrique Antique (Kemeta) dont il était la capitale politique et administrative, était la terre d'intronisation au bord du Gbaga (lac Togo) du roi des rois d'Afrique (negusse negest) dont le dernier fut Haïlé Sélassié Ier. Porte d'entrée symbolique des européens sur le continent noir avec  la signature du traité d'amitié qui ouvrit la voie au partage de l'Afrique lors de la conférence de Berlin de 1884 et premier pays d’Afrique noire à ouvrir le triste bal des coups d’État après les indépendances avec l’assassinat rituel le 13 janvier 1963 du père de l’indépendance Sylvanus Olympio, le Togo a servi depuis les indépendances à l’Afrique d’exemple de dictature la plus féroce, d’assassinat et de torture d’opposants, de règne sans fin, de perversion de la Constitution et de dévolution héréditaire du pouvoir de père en fils dans une République, d’élections frauduleuses, de sanglantes contestations pré et post électorales.

 Après les conférences de presse organisées par le Gouvernement Légitime du Togo et la Dynamique Monseigneur Kpodrzo à Bruxelles le 20 mai 2021 et à New York le 16 juillet 2021, ainsi que la « Lettre ouverte du 30 août 2021 au Président Macron pour la défense de la démocratie au Togo » signée par le Président légitime du Togo, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, la persévérance et l’efficacité dans le devoir de vérité envers la France amènent les militants togolais de la liberté, de la démocratie et de l’alternance politique pacifique conformément à la vérité des urnes, à la faveur de cette rencontre organisée à Paris par le Gouvernement Légitime du Togo et la Dynamique Monseigneur Kpodrzo, à rappeler les sérieux contentieux entre la France et le Togo, en vue de leur résolution urgente et de l’inauguration imminente de relations politiques et économiques plus vertueuses et fructueuses entre la France et le Togo.

 En effet, après la défaite de la Prusse qui établit son protectorat sur le « Togoland » de 1884 à 1914, dès sa création en 1919 conformément au « traité de Versailles », la SDN hérita de la responsabilité entière du « Togoland » jusqu’à sa dissolution en 1946, avant de transférer cette responsabilité à l’ONU créé en 1946. Dès que la SDN hérita de cette responsabilité du « Togoland », elle créa envers ses populations un premier contentieux en aggravant leur division administrative et politique, donc en appliquant de manière plus perverse que la colonisation allemande le « principe fondateur du Congrès de Berlin » : « diviser pour régner ». En effet, le « Togoland », d’une superficie approximative de 90 000 km2, fut divisée par la SDN en deux parties inégales, les 2 tiers  pour la partie orientale, et un tiers pour la partie occidentale. La partie orientale fut officiellement confiée en 1922 à la France comme « territoire de la SDN sous la tutelle de type B », pour devenir le « Togo Français », et la partie occidentale fut officiellement confiée en 1922 au Royaume Uni comme « territoire de la SDN sous la tutelle de type B », pour devenir le « Togo Britannique ».

 Le second contentieux créé par la SDN au « Togo Français » est son laxisme envers le « mandataire » français en ce qui concerne le respect de son « cahier de charge » qui lui interdit formellement de traiter le « Togo Français » comme une de ses multiples « Colonies Françaises d’Afrique (CFA) ». Or, c’est ce que fit la France en fusionnant de 1934 à 1936 les administrations coloniales du « Togo français » et du Dahomey. La France alla même plus loin dans la violation de son mandat sur le « Togo Français » en cherchant à intégrer ce dernier à « l’Afrique Occidentale Française ». Cette tentative fut dénoncée à la SDN par l’Allemagne sous son nouveau chancelier Adolf Hitler et par le « Deutsch-Togo Bund ».

 Le troisième contentieux créé par la SDN-ONU au « Togoland » est son laxisme dans la supervision du referendum du 9 mai 1956 sur l’avenir du « Togo Britannique » et son application non démocratique des résultats du referendum. En effet, le Premier Ministre de Gold-Coast, Kwam Nkrumah, qui voulait tout faire pour annexer le « Togo Britannique » au Gold Coast malgré l’opposition farouche des ewé du « Togo Britannique » recourut à des fraudes massives en complicité avec des chefs traditionnels du nord du « Togo Britannique »,  dans l’indifférence de l’ONU chargée de la supervision du referendum, pour contrebalancer le vote presque unanime des populations du sud du « Togo Britannique » contre cette annexion.

 Le Togo, le quatrième de ses contentieux avec le Togo est son silence assourdissant et son inaction depuis l’assassinat lâche et crapuleux le 13 janvier 1963 du « Père de l’indépendance togolaise », abattu à bout portant et en face  par un militaire français lui ayant tiré plusieurs coups de fusil ou de pistolet dans le ventre, alors qu’il était désarmé, les  mains en l’air et en pyjama. Un tel acte en pleine guerre sur un champ de bataille est considéré comme un crime de guerre et est passible d’exécution. Crime à élucider !

 Le cinquième et dernier contentieux à mentionner entre l’ONU et le Togo est l’inhumanité dont a fait preuve l’ONU, l’unique responsable historique du Togo, à la suite du rapport que cette institution a demandé et reçu de la part du rapporteur Monsieur Doudou Diène au sujet des massacres massifs au Togo en avril 2005 en répression des protestations contre les fraudes électorales massives qui ont porté au pouvoir dans un bain de sang sans précédent au « Pays de nos aïeux » un des fils du dictateur légendaire togolais décédé le 5 février 2005 après avoir confisqué le pouvoir pendant 38 ans. Le texte officiel du rapport publié par l’ONU parle de plus de 500 personnes massacrées dans cette répression sanglante. Cependant, l’auteur du rapport encore en vie pourrait témoigner que son original a fait état de plus de 1500 morts et qu’il a subi des pressions irrésistibles de la part de l’ONU pour réduire le bilan dans le rapport publié.  En effet, les responsabilités historiques de la tutelle française de 1920 à 1960 sur le « Togo oriental » sous le mandat de la SDN puis de l’ONU imposent au Président de la République Française et à la Communauté internationale le devoir moral et politique de respecter au Togo la résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960 de l'Assemblée générale des Nations Unies. 

 La France avec la complicité de la Communauté internationale a mis en place au Togo le prototype par excellence de la Françafrique et de la kakistocratie, un régime héréditaire dictatorial mafieux à tous égards, qui de père en fils, viole la Constitution de la République, siphonne toutes les richesses nationales, promeut le crime organisé et l'impunité, et opprime le Peuple togolais martyrisé depuis plus de 54 ans, depuis donc plus longtemps que la tutelle française de 40 ans sur le Togo de 1920 à 1960, et plus longtemps que le protectorat allemand de 30 ans sur le Togo de 1884 à 1914.

 C'est dans ce contexte que survint  le quadruple coup d'état électoral, militaire, judiciaire et diplomatique perpétré à l'issue de la présidentielle du 22 février 2020 malgré la reconnaissance de la victoire du Président élu attestée par des communiqués officiels publiés par la plupart des formations politiques de l'opposition et de la société civile togolaises.

 Le président sortant n’a bénéficié d’aucune telle reconnaissance nationale, ce qui l’a amené à recourir à des lettres de félicitations diplomatiques controversées jusqu’à ce jour, ce dont le député de la Haute-Garonne, membre de la Commission des affaires étrangères du parlement français, Sébastien Nadot a fait la parfaite démonstration.

 Les échecs retentissants de la guerre hybride dans tout le Sahel de la France contre les terroristes islamistes avec qui elle entretient des relations diplomatiques et logistiques ambigües et contradictoires dénoncées par Christian Rouyer, ancien ambassadeur de France au Mali jusqu’à 2013, les succès des forces militaires russes en Centrafrique contre les terroristes islamistes à l'instar de la Syrie, la politique de « double poids, double mesure » de la « France-Afrique » au Tchad d’un côté, au Mali et en Guinée de l’autre face aux coups d’États militaires, le soutien voilé de la France aux coups d’États constitutionnels et électoraux au Togo, en Côte d’Ivoire et en Guinée, et l’OPA en cours de la France sur le projet de l’ECO de la CEDEAO pour en faire un ECO français  sous le couvert de l’UEMOA sont autant de raison constitutives dans toute l’Afrique francophone et même non francophone du sentiment populaire antifrançais à un niveau jamais atteint, qui compromet gravement les intérêts diplomatiques, politiques et économiques français dans toute l’Afrique nonobstant les dénégations du 13 octobre 2021 du ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le drian devant le sénat .

 Responsabilité de la communauté internationale 

 En sa qualité d’ancienne puissance de tutelle du Togo actuel, et compte tenu de ses multiples responsabilités dans la fondation et la permanence jusqu’à ce jour du régime héréditaire, dictatorial, sanguinaire, kakistocratique et cinquantenaire togolais, ayant plongé le « peuple martyr togolais » dans un misère économique, sociale et moral noire, et ayant créé de graves contentieux entre elle et le Togo, la France a parmi tous les pays du monde et toutes les institutions du monde, la plus grande responsabilité morale envers le « peuple martyr togolais », pour contribuer avec son poids diplomatique de « membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU », à « rétablir la vérité des urnes » du 22 février 2020, en vue d’une véritable transition vers une démocratie durable et prospère au Togo après plus d’un demisiècle de dictature , de prédation hors pair, d'oppression et de déshumanisation.

 Au moment où la France a perdu son rayonnement dans le monde et que s'est ouvert à Ouagadougou le procès de la Françafrique à travers celui de l'assassinat du Président Thomas Sankara après le rendez vous manqué du 08 octobre dernier à Montpellier avec l'opinion africaine, une reconsidération de la position française au Togo face à l'ampleur de la faillite morale, politique, économique et sociale du pouvoir de fait à Lomé et la reconnaissance internationale de la lutte patriotique pour le rétablissement de la vérité des urnes et l'Alternance politique au Togo du Président Elu, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, contribuerait grandement à faire baisser sensiblement et durablement le sentiment anti-français en Afrique francophone et non francophone, à redorer le blason terni de la France en Afrique, et ouvrir un nouveau chapitre dans le partenariat entre la France et l’Afrique.

 C’est pourquoi nous lançons un vibrant appel au Président de la République Française pour l’ouverture rapide de discussions entre lui et le Président-Elu du Togo avant qu'il ne soit trop tard.

 Quant à l’Union Européenne dont le « couple franco-allemand » est le moteur, et dont le Président français doit assurer la présidence du Conseil du 1er janvier au 30 juin 2022, compte tenu des responsabilités historiques particulières de l’Allemagne et de la France envers le Togo, les responsabilités morales de cette institutions envers le « peuple martyr togolais » sont très grandes, au risque d’être accusée au tribunal de l’histoire de « crime de non assistance à un peuple en danger ».

 Pour éviter que le Togo ne devienne le tombeau des nobles valeurs humanistes, des droits de l’homme et de la démocratie fondatrices de l’UE, nous réitérons notre appel vibrant du 20 mai dernier à Bruxelles au Conseil,  à la Commission et au Parlement de l’Union Européenne, pour que l’Union Européenne réponde favorablement et promptement à demande pressante qui lui a été adressée dans le « memorandum du Gouvernement légitime du Togo et de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) pour une sortie de crise pacifique au Togo ». En particulier, pour faciliter, de concert avec l’ONU, les négociations entre la DMK et le pouvoir togolais en vue d’une sortie pacifique de la crise politique grave suite à l’élection présidentielle togolaise du 22 février, 

 Quant à l’ONU héritière de la SDN, ayant hérité du « Togoland » prusse en 1919 avant d’en confier la gestion à la France et au Royaume Uni, ses responsabilités morales envers le Togo actuel sont aussi grandes qu’avant l’indépendance du « Togo français ». Nous lançons de nouveau un vibrant appel au Secrétaire Général de l’ONU et souhaitons vivement que l’ONU réponde favorablement et promptement aux demandes pressantes qui lui ont été adressée à travers plusieurs canaux pour faciliter, de concert avec l’UE, les négociations entre le Gouvernement légitime du Togo et le pouvoir de fait à Lomé en vue d’une sortie pacifique de la grave crise politique consécutive à l’élection présidentielle togolaise du 22 février.

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