Ratonnades en juillet 1961 : 2 morts dans une boîte à Metz ce n'est pas tout !

Sursitaire, incorporé au 1er septembre 1961 au 1er groupe de livraison par air (parachutiste du 1er GLA, "bérets rouges"), j'arrive en fait dans ma caserne à Metz le 1er octobre 1961du fait d'une mauvaise transmission de ma feuille de route, néanmoins à quelques jours près j'étais déserteur.

Sursitaire, incorporé au 1er septembre 1961 au 1er groupe de livraison par air (parachutiste du 1er GLA, "bérets rouges"), j'arrive en fait dans ma caserne à Metz le 1er octobre 1961du fait d'une mauvaise transmission de ma feuille de route, néanmoins à quelques jours près j'étais déserteur. Versé dans ce régiment parachutiste, je n'étais pas volontaire mais l'artifice d'une signature au crayon fit l'affaire. Il n'est pas anodin de rappeler que le général MASSU était commandant de la place. Faire ses classes dans un régiments para semi-disciplinaire dans le froid messin, "n'est pas du gâteau" !

Je n'étais pas encore très politisé, mais j'appris et fut témoin de faits "intéressants". Ma caserne comportait ma compagnie de para, un régiment de munition et une compagnie de QG dirigée par le colonel Gilet. Je fus tout de suite informé de ce qui s'était passé dans la foulée du putsch d'avril 1961 et que mon régiment avait embarqué dans ses camions prêts à monter sur Paris. Manque de chance ou heureusement, les compagnies de QG et de munition, avaient braqué leurs mitrailleuses sur la porte de sortie pour interdire la sortie aux paras et leur montée sur Paris. Ceci est important pour le contexte de ce qui va suivre.

Je passe sur la ratonnade de juillet dont on m'avait parlé pour en venir à une autre qui dû se passer en septembre/octobre 1961. J'étais jeune recrue ce qui me valu d'être tenu à l'écart, mais néanmoins je fus abondamment tenu au courant de la ratonnade organisé par les paras qui avait consisté à bloquer sur un pont sur la Moselle, par grand froid, une cinquantaine de "ratons" comme ils disaient dont la grande majorité avaient péri, la hiérarchie ayant fourni après coup des fausses permissions pour couvrir les coupables …

Des "on dit" ? Je ne pense pas car il y eu une enquête de la gendarmerie (au sein d'un régiment de paras dans le bastion de Massu!), cela est vérifiable et il doit y avoir quelque part des dossiers classés secret. Tout ceci me valu d'être consigné 6 mois (punition collective), ce qui est bien peu compte tenu de la gravité des faits.

Il y a certainement en France des témoins qui ont vécu ces graves événements, je fais appel à leur témoignages, car je ne dois pas être le seul que cette histoire taraude.

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