Et maintenant : la bataille pour un référendum contre la privatisation de ADP

Les résultats des élections européennes sont sans appel : une page se tourne, celle de Jean-Luc Mélenchon et de la FI. Reste le programme LAEC, qui n'appartient à personne. Et la revanche est possible.

Une page se tourne. En deux ans à peine, Jean-Luc Mélenchon a réussi à dilapider l'atout formidable de son extraordinaire campagne de 2017. Des sept millions de citoyens qui l'ont soutenu, cinq millions et demi sont partis (78.5%). Des cent mille militants prêts à suivre son programme ne restent que quelques centaines. Où sont-ils passés ? Honte : une partie d'entre eux ont voté "contre Macron", pour pire : le RN.

Comme dirigeant politique, Mélenchon est mort. Comme possibilité de mouvement politique progressiste, écosocialiste, la France Insoumise est également morte, car il ne serait pas juste d'imputer toute la responsabilité de l'effondrement au chef. Les militants, dans leur majorité, ont voulu un chef, ont voulu ce chef et s'y sont accroché jusqu'à la fin. Une fin logique : le chef s'est prononcé contre toute démocratie dans son mouvement. Il a suivi une ligne politique sinueuse et indéchiffrable. Le "populisme de gauche" cet oxymore, a donné ses fruits amers.

Le Parti de Gauche et ses dirigeants ont prouvé leur parfaite inutilité. Ils ont tous foncé sur l'iceberg en chantant "Plus près de toi...". 

J'avoue que je peux relire TOUS mes billets parus depuis l'année 2016 sans rougir. A chaque pas j'ai tenté d'alerter sur la catastrophe imminente. Nous avons eu raison, évidemment, de soutenir la campagne de Mélenchon à la présidentielle. Mais il fallait s'en débarrasser dès qu'il a exprimé son mépris des militants qui avaient fait sa campagne : "Du combat, pas de blabla !". Dès le mois de juin 2017.

Il est d'ailleurs probable qu'il tente de se maintenir au "pouvoir" de ce qui n'est plus qu'un groupe de dévots, avec le même argument: "C'est l'heure du combat". C'est à dire : "Ce n'est pas l'heure des comptes et du bilan". 

Les dévots vont se précipiter pour protéger le commandeur à terre. Cela n'a aucune importance.

La page se tourne, la page est tournée. La suite se jouera sans Mélenchon, et sans ceux qui resteront à ses pieds dans les jours qui viennent. 

Ce matin du lundi 27 mai 2019, le Rassemblement National est le premier parti de France, celui de Salvini  le premier en Italie, et d'une manière générale, l'extrême-droite monte fortement dans presque tous les pays d'Europe, même en Suède ! La raison fondamentale est simple à comprendre : les peuples souffrent, la gauche progressiste déçoit, l'extrême-droite capte le mécontentement et le désespoir : c'est mécanique.

Mais la vie politique ne cessera pas pour autant d'être chaotique. Un combat se profile qui peut renverser tous les fronts : le combat contre la privatisation des aéroports de Paris. Cet enjeu concentre et résume tous les enjeux. Les deux grands vainqueurs d'hier soir : Macron et le Pen, peuvent perdre ce combat et renouveler encore la scène politique. 

Dans ce combat, je suis du côté des militants, avec ceux qui sont, en matière d'organisation, partisans du débat et de la démocratie.

 

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