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Billet de blog 29 juin 2015

Pour la SUPPRESSION DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Jean-Pierre Roche
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La République issue de la Révolution Française a rompu avec la monarchie puis conçu l’Assemblée Nationale comme instance supérieure souveraine de la représentation du peuple.
L’élection du Président de la République au suffrage universel, adoptée par référendum en 1962, a transformé la République en monarchie constitutionnelle. Le mandat ramené à cinq ans et l’inversion du calendrier républicain en 2002 ont aggravé le processus et, force est de constater que, la France est devenue une monarchie présidentialiste.
Avec cette élection présidentielle non républicaine, la France est une exception en Europe. Notre pays est, à ce titre, beaucoup plus monarchiste que les royautés européennes.
Le Parlement est minorée par la présidence. La représentation et la légitimité présidentielles sont bien supérieures à la représentation et à la légitimité législatives. L’élection législative a perdu son sens et sa prépondérance et ne peut logiquement qu’avaliser la présidentielle renforçant encore la monarchie présidentialiste. L’Assemblée Nationale n’incarne plus la représentation nationale souveraine et les minorités n’y sont guère représentées. Le bipartisme manichéen règne et fracture le pays sur des questions de personne au détriment du débat politique démocratique. Le pouvoir personnel bonapartiste en sort gagnant
Avec l’élection du Président de la République au suffrage universel, la République est remise en cause et la démocratie entravée.
Système coûteux qui crée un doublon Elysée-Matignon. Dangereux en ce qu’il entraîne, le plus souvent, une rivalité au sommet de l’État, voire des cohabitations, entre le Président et son premier ministre, dans la conduite des affaires publiques.
D’autant que, sans frais, le président du Conseil Constitutionnel pourrait parfaitement présider la République moyennant une réforme du mode d’élection du Conseil exigeant les 3/5 des votes des parlementaires. Le Conseil vérifierait, comme aujourd’hui, la constitutionnalité des lois et le président simple arbitre appellerait le gagnant de la législative à former un gouvernement.
En coulisse beaucoup se déclarent favorables à un système parlementaire primo ministériel mais arguent du fait que l’on ne peut revenir en arrière, que les gens y seraient trop attachés. L’honneur de l’engagement citoyen consiste aujourd’hui à dire qu’ils y sont attachés comme l’esclave à sa chaine. Le citoyen est capable de le comprendre si nous sommes capables de l’expliquer. Pour une démocratie vivante il convient d’affirmer notre opposition à cette élection et d’en faire un thème essentiel de la campagne de 2017.

Si vous partagez cette analyse je vous propose de signer la pétition initié par les Esprits Libres et dont voici le texte:

PÉTITION:
« Nous, soussignés, indépendamment de nos engagement politiques, associatifs et citoyens, demandons la suppression de l’élection du Président de la République au suffrage universel...
Notre demande est indépendante de l'utilisation que nous faisons de cette élection tant qu'elle existe aujourd'hui: Soutien à un candidat, vote blanc, boycott ou abstention.

Nous proposons un pacte démocrate et républicain fondé sur:
- Un régime parlementaire primo-ministériel et une présidence simple arbitre,
- Une représentation paritaire femmes-hommes à l’Assemblée Nationale,
- Un scrutin législatif proportionnel intégral pour 70% des sièges, représentant les minorités à partir de 3% des suffrages. Scrutin à correctif majoritaire accordant 30% des sièges à la liste arrivée en tête au second tour de scrutin.
Nous voulons une Assemblée Nationale souveraine, paritaire, représentant largement les minorités, garantissant les majorités.
________________________________________________
Vous pouvez SIGNER LA PÉTITION ICI
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 Voir aussi "Le présidentialisme voilà l'ennemi" par E. Plenel.

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