Théâtre : rue de Valois, le temps du mépris.

Deux hauts lieux de la vie théâtrale, deux Centres Dramatiques Nationaux, ceux de Nanterre et Saint Denis, vivent une situation d’attente et d’indécision qui compromet l’avenir de ces deux établissements précieux et prestigieux. Et fait montre, côté ministère, d’un inquiétant mépris des artistes, des équipes et du public. Et ce ne sont là que deux exemples.

Il y a un mois, exactement, avait lieu l’oral des deux candidats et de la candidate retenus pour diriger le Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis, suite à la nomination de son directeur, Jean Bellorini, à la tête du Théâtre National Populaire à Villeurbanne. Dans les jours qui suivirent aurait du être proclamé le nom du futur directeur ou de la future directrice. Il n’en a rien été. Depuis silence radio. Rien. Aucun communiqué. Rien de rien. Faute d’informations, la boite à rumeurs s’est vite ouverte, refermons là et tenons-nous en aux faits.

Constatons que les trois nominés vivent une situation inconfortable, voire insupportable et d’abord dommageable dans une période de l’année où beaucoup de choses se dessinent pour la saison suivante. Constatons que l’équipe en place au TGP vit des heures difficiles en ces mois où devraient se profiler les grandes lignes de la prochaine saison. Constatons, en conséquence, que le public du 93 est considéré comme un moins que rien.

A Nanterre-Amandiers, le directeur en place, Philippe Quesne a annoncé, très en amont, qu’il quitterait son poste sans attendre la fin de son mandat. C’est parfaitement son droit et il n’est pas parti du jour au lendemain sur un coup de tête. Par ailleurs, des travaux sont prévus pour redonner un coup de jeunesse en remodelant cet établissement qui présente des signes de vieillissement. L’équipe en place, n’est pas seulement dans l’attente d’une nouvelle direction, d’un planning et de solutions transitoires compte tenu des travaux, elle est, comme celle de Saint Denis, dans l’inquiétude de la nouvelle saison. Pire, selle se pose la question de son existence même. Elle a interpellé le ministère. Silence radio. Une pétition a été lancée, des lettres envoyées. Rien. Rien de rien.

Mépris des artistes, mépris des équipes, mépris du public. Qui dit mieux ?

Certes, passée l’urgence à remettre en route ces maisons, on pressent que derrière ces dossiers  se posent des questions. A commencer par celle des relations de plus en plus conflictuelles entre les villes, les départements et l’état devant ces structures que sont les CDN et autres importants établissements culturels. Dans les deux cas sus-cités, les non-réponses s’apparentent à des fautes graves. Par ailleurs, on voudrait dégoûter les artistes à se porter candidats à ces structures qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

La dernière parution de l’excellente chronique culture du Monde que tient Michel Guerrin avait pour titre : « Riester : pas de bourde mais pas d’éclat ». Pas d’éclat assurément, mais bourdes il y a. A Saint-Denis comme à Nanterre.

 

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