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Billet de blog 26 nov. 2022

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Emilie Rousset frise la fausse note

La musique et le sommet de l’Etat, vaste sujet qu’Émilie Rousset, habituellement plus inspirée, ne fait qu’effleurer dans « Playlist politique »

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Emilie Rousset nous avait habitué à de passionnants spectacles. Ainsi cette inoubliable Rencontre avec Pierre Pica autour de la tribu amazonienne des Mundurukus (lire ici) ou bien, avec Maya Boquet Reconstitution ; le procès de Bobigny, procès célèbre de 1972 autour de l’avortement mené par Gisèle Halimi (lire ici). Ou encore la série de Rituels menés avec Louise Hémon. On frétillait donc de curiosité en s’asseyant dans la petite salle du Théâtre de la Bastille (dont on attend toujours la nomination d’un nouveau directeur) pour assister à Playlist politique, ou comment la musique intervient dans de grands moments politiques. Une proposition de la POP qui avait proposé à Emilie Rousset de travailler sur les hymnes musicaux (le spectacle y a été récemment créé).

C’est le cas avec l’intronisation d’un nouveau président qui se fait en musique. Emilie Rousset traite ainsi de l’intronisation du président Macron en 2017, dans la Cour du Palais du Louvre sur l’air de l’Ode à la joie. Le comédien Manuel Valade (déjà présent dans Rencontre avec Pierre Pica ) filmé, refait le parcours. Puis on passera au président Mitterrand en mai 1981 descendant dans la crypte du Panthéon une rose à la main accompagné par le quatrième mouvement de la Symphonie N°9 de Beethoven, tout cela basé sur un témoignage de première main, celui du metteur en scène de la cérémonie, Christian Dupavillon (conseiller de Jack Lang) qui avait raconté les dessous de cette scène dans une page du Monde. Entre temps auront été évoqué les adieux d’Angela Merkel aux forces armées allemandes sur un air de Nina Hagen (Du hast den Farbfilm vergessen) .

Tout cela nous est raconté par de menues anecdotes : la rose sans cesse renouvelée que tient Mitterrand, le tripatouillage musical pour accorder les pas et les airs, les ratés, les crises de nerfs, etc. C’est plaisant, un peu comme ces récits que l’on fait à des amis lors d’un dîner lorsqu’on a été témoin d’un événement ou que l’on vient de lire dans la presse les méfait de Herbert Von Karajan (évoqués dans le spectacle).

Comme c’est un peu court, Emilie Rousset introduit son fils au moment du lavage des dents, une chronique de Rosine Bachelot sur France musique. Plat et sans intérêt. Tout cela produit une sorte d’entassement. Vaillamment affronté par l’acteur déjà cité et l’actrice Anne Steffens. Comme un manque d’inspiration ou un coup de mou. Le spectacle est s,auvé in extremins par l’introduction finale et tonique des choristes amateur.es de la Queerale et de leur cheffe de chœur Julie Furton . On les applaudit bien fort. Pours Emilie Rousset,  rendez-vous au prochain spectacle.

Jusqu’au 7 décembre au Théâtre de la Bastille dans le cadre du Festival d’automne. Puis du 7 au 9 fév à la nouvelle scène de Cergy-Pontoise.

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