Les 5 priorités de NVB : comment assurer la continuité en imprimant sa marque ?

Dans un entretien interactif sur France-Inter[1] au matin de cette pré-rentrée, la nouvelle ministre de l’éducation nationale a su, malgré une pluie de questions portant sur la généralisation des nouveaux rythmes scolaires,  trouver l’espace pour exposer les priorités qui sont celles du Ministère sous sa direction.

Dans un entretien interactif sur France-Inter[1] au matin de cette pré-rentrée, la nouvelle ministre de l’éducation nationale a su, malgré une pluie de questions portant sur la généralisation des nouveaux rythmes scolaires,  trouver l’espace pour exposer les priorités qui sont celles du Ministère sous sa direction. On y trouve une grande continuité avec le chantier de refondation lancé par Vincent Peillon,  dont la loi d’orientation de juillet 2013  fixe le cap.

Najat Vallaud-Belkacem a confirmé d’abord la politique annoncée par le candidat François Hollande et mise en œuvre depuis 2012, de création de 60000 postes durant le quinquennat. Les postes sont là, a rappelé la ministre, et pas seulement des postes d’enseignants, mais aussi d’auxiliaires de vie scolaire, des contrats aidés pour aider les directeurs d’école. En éducation prioritaire, le principe « plus de maîtres que de classes » commence à être mis en oeuvre.

Elle a ensuite souligné l’effort de revalorisation des métiers de l’enseignement et de l’éducation, en donnant notamment en exemple les nouvelles modalités d’entrée dans le métier avec une formation à mi-temps et une activité professionnelle à mi-temps, ce qui améliore sensiblement les conditions de travail des nouveaux personnels recrutés.

L’effort va porter cette année sur les nouveaux programmes en cohérence avec le socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Le travail du conseil national des programmes visera à les rendre plus cohérents et adaptés.

La ministre est tout particulièrement attachée à mener à bien la refonte du système d’évaluation. Il faut redonner du sens  aux apprentissages, avec une évaluation exigeante qui stimule en évitant les effets délétères  de l’échec intériorisé, de la perte de confiance.

Elle souhaite approfondir la qualité de la relation des parents avec l’école, en faisant en sorte d’établir un lien de confiance avec ceux qui en sont le plus éloignés. Tout le travail accompli sur les programmes, et notamment sur la promotion de l’égalité des filles et des garçons, sera accompli dans la plus grade transparence, les parents seront associés aux démarches éducatives.

On aura reconnu dans ce discours une parfaite continuité. Najat Vallaud-Belkacem s’inscrit dans la poursuite de la refondation, notamment pédagogique. Cela devrait rassurer ceux qui ont pu être alarmés par un prétendu risque de discontinuité, d’incohérence en matière éducative.

On y a entendu aussi la fermeté, reposant sur des convictions et une expérience politique personnelle, touchant au rôle et à la place des parents, à l’impact de l’évaluation sur le destin scolaire des élèves, à la nécessité d’approfondir la formation de tous les enseignants à l’égalité des filles et des garçons, en classe comme dans la vie. Il s’agit là non pas d’options marginales, mais d’un enjeu essentiel pour la réussite de l’action éducative aujourd’hui.

On ne peut que souhaiter la réussite de la ministre dans l’exercice de ses responsabilités. Et souhaiter également que le défi éducatif  soit relevé en évitant que ne s’approfondisse un système d’enseignement public dual, l’apartheid scolaire condamnant toute réforme, même la mieux intentionnée, à l’échec en ce qui concerne les publics scolaires les plus fragiles[2] : « prioritaires » dans le langage éducnat depuis trop longtemps sans que leur parcours scolaire échappe aux inégalités, ils doivent le devenir sans attendre dans la réalité scolaire.

 

 


[1] http://www.franceinter.fr/emission-le-79-najat-vallaud-belkacem-quand-on-a-des-mois-pour-se-preparer-on-sen-donne-les-moyens

[2] voir notre billet d’hier

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-veran/310814/quelle-ecole-dans-dix-ans-et-la-question-de-fond-du-separatisme-social

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.