Enseignants : entre optimisme de la volonté et défiance à l’égard de l’institution ?

Un sondage, effectué auprès de ses adhérents par le SE-UNSA, dessine les lignes de force d’un état d’esprit partagé entre confiance en soi et défiance à l’égard de la hiérarchie.

Il ne faut pas demander aux sondages, même fondés sur un échantillon représentatif, d’être plus qu’un indicateur parmi d’autres, de l’opinion de professionnels à un instant T.  En cette rentrée, le sondage auprès de ses adhérents par le syndicat SE-UNSA, permet, en observant l’ensemble des réponses apportées aux questions, de percevoir quelque chose de leur état d’esprit[1].

On observera qu’ils sont d’autant plus optimistes qu’il s’agit de leur champ personnel d’action. Ainsi, ils sont un sur deux à se considérer prêts à aborder cette rentrée, alors que, selon eux, leur établissement ne l’est que pour un peu plus des deux tiers d’entre eux, et que près de 80% pensent que l’institution ne l’est pas. Cette défiance à l’égard de l’institution se manifeste dès la première réponse où, pour caractériser leur état d’esprit,  seuls 3% d’ente eux citent la confiance si chère au ministre, quand un sur quatre cite le stress. Elle se confirme avec le désaccord avec les choix ministériels affirmé par 60% d’ente eux. Elle s’explique aussi à travers le besoin prioritaire, pour plus de 27% d’entre eux, de cohérence des consignes hiérarchiques, ou la priorité choisie par plus d’un sur cinq de reconnaissance du métier.

Si les enseignants se déclarent très majoritairement inquiets, ils désignent aussi clairement leurs priorités en cette rentrée : rassurer élèves et familles pour près de 30%, évaluer le niveau des élèves pour prévoir les adaptations nécessaires pour un sur quatre. En termes de politique éducative générale, ils privilégient la lutte contre les inégalités scolaires (28,53%), et en politique générale, le développement durable à près de 30%.

Ce sondage confirme ce que le SE-UNSA qualifiait, dans son avant-dernier sondage, de « crise de confiance » ente les enseignants et leur ministère. Mais il confirme aussi leur attention à la réussite des élèves, au recul des inégalités scolaires, partagés qu’ils sont entre l’optimisme de leur volonté qui refuse quelque résignation que ce soit, et le pessimisme de leur point de vue sur le pilotage institutionnel de l’éducation.

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[1] https://enseignants.se-unsa.org/IMG/UserFiles/Files/sondage_R20.pdf

 

 

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