Nouveaux environnements d’apprentissage : quelles lignes de force pédagogiques ?

Une récente étude québécoise distingue douze "modèles pour un environnement d'apprentissage du 21e siècle". Des lignes de force s’en dégagent, qui appellent à repenser la forme scolaire, les manières d’apprendre et d’enseigner.

Publiée en février 2018, la version 1 d’une étude québécoise[1] recense "douze modèles pour un environnements d’apprentissage du 21e  siècle". Il est intéressant de saisir, au travers de ces modèles, les lignes de force pédagogiques qui les traversent.

C’en est fini, dans les douze écoles présentées, de l’apprentissage dans des « classes en autobus », identiques. L’environnement d’apprentissage se caractérise par des espaces diversifiés et flexibles, des zones, en lien avec la mobilité de ceux qui apprennent.

On ne parle plus de salles et de classes (espace et structure de regroupement fixe des élèves), mais d’espaces d’apprentissage où vit, travaille et crée une communauté d’apprentissage. Le rôle de la bibliothèque est important, non pas principalement comme « entrepôt de livres », mais comme espace flexible propice au travail individuel et d’équipe, à l'exploration et à la production avec toutes les ressources possibles.

Cette communauté d’apprentissage, à laquelle sont associés les parents, est animée par des enseignants qui deviennent coach, conseillers, mentors, collaborateurs, accompagnateurs. Le chef d’établissement favorise l’innovation et l’expérimentation, exerçant un leadership qui favorise la prise d’initiative de chacun, et non pas une exclusive autorité administrative de contrôle.

On perçoit à, travers cette première étude, ce qui peut constituer des obstacles à une évolution plus large qui engagerait, au delà du cercle de l’innovation, le système éducatif tout entier. Ces évolutions, ces transformations redessinent la forme scolaire qui structure les consciences de ceux qui sont passés par elle, et l’identité de tous : des élèves, des enseignants, des chefs d’établissements, de l’établissement lui-même dans sa relation à ceux qui y travaillent et aux parents de ceux qui y viennent apprendre. Mais on perçoit aussi les pas accomplis dans cette direction par ceux qui pratiquent la pédagogie inversée, transforment leur classe autobus en y installant des îlots de travail modulables, et leur centre de documentation et d’information en centre de connaissances et de culture.

Le mouvement décrit, à partir d’exemples concrets, par Catherine Becchetti-Bizot[2], dans son rapport de mai 2017, confirme bien la capacité réelle d’équipes d’établissements, de réseaux d’enseignants, de chefs d’établissements et d’inspecteurs, de responsables de collectivités territoriales à transformer non seulement le cadre d’apprentissage, mais la manière dont on apprend, en s’appuyant notamment sur les potentialités du numérique et en favorisant le développement de la créativité des jeunes. C’est sur ce terrain-là que se joue une partie essentielle pour la réussite de tous les élèves, dont il est trop peu souvent question dans les débats sur l’éducation.

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[1] http://www.uqac.ca/portfolio/stephaneallaire/files/2018/02/Écoles-et-classes-innovantes-v1.pdf

Stéphane Allaire (supervision), Écoles et classes innovantes 12 modèles pour un environnement d’apprentissage du 21e siècle, Université du Qébec à Chicoutimi, Février 2018

[2] http://www.education.gouv.fr/cid122842/repenser-la-forme-scolaire-a-l-heure-du-numerique-vers-de-nouvelles-manieres-d-apprendre-et-d-enseigner.html

Voir à ce sujet le billet du 6 novembre 2017 :

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-veran/blog/061117/forme-scolaire-et-numerique-l-etablissement-echelle-decisive

 

 

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