Médiathèque départementale : culture, curiosité, bien-être pour les collégiens.

La médiathèque départementale de l’Hérault accueille un public, notamment les jeunes venus en voisins du quartier populaire de la Paillade, et mène une action auprès de tous les collégiens du département : bien-être, culture, curiosité en sont les maîtres-mots. Entretien avec trois de ses responsables.

Qu’est-ce qui caractérise selon vous l’accueil du public à la médiathèque ?

Isabelle Smiraglia, chef de service  de la médiathèque départementale de l’Hérault Pierres Vives : « La question de l’habitabilité a d’abord été traitée par l’architecte Zaha Hadid, qui s’est appuyée sur une analyse comparative des espaces identiques. Ensuite, un gros travail a été réalisé avec les bibliothécaires, qui ont beaucoup travaillé avec les prestataires pour sélectionner un mobilier spécifiquement adapté à ce bâtiment de caractère ». Les aménagements des ilots ont été repensés en fonction de l’observation des usages. Actuellement, un questionnaire est en cours d’administration auprès du public pour pouvoir procéder à d’éventuels nouveaux aménagements des services et des espaces ».

Comment pensez-vous l’accueil du public jeune des quartiers voisins ?

« Une offre est développée en direction de tous les jeunes et bien sûr le public du quartier populaire de la Paillade en profite largement. Il s’agit de l’accueil sur site pour travailler, de l’offre de documents livres, albums, films, documentaires,  revues, jeux vidéo. Une offre d’animations est également proposée : théâtre d’improvisation, animations numériques, spectacles notamment ».

Comment répondre aux attentes des collégiens du département et susciter leur curiosité ?

Marie Paris, bibliothécaire référente sur le public des collégiens : « La Médiathèque départementale de l'Hérault a la particularité d'avoir une unité médiation collège, composée actuellement de 2 agents, qui se concentrent spécifiquement sur des actions de médiation en direction des publics collégiens.

Notre objectif est de mettre en œuvre divers projets, autour de la lecture publique et du numérique, en  collaboration avec les professeurs documentalistes.

Nos offres essaient de répondre aux différentes attentes des adolescents et de susciter leur curiosité : prêt de livres attractifs, rencontres avec des auteurs, illustrateurs, éditeurs,  participation à un prix littéraire, interventions d'artistes dans les collèges (AET), immersion au travers de la réalité virtuelle, découverte des apprentissages de manière ludique grâce aux jeux sérieux.

Un jeu vidéo, Chut !, financé par le Conseil Départemental de l’Hérault, sur la liberté d’expression sera prochainement déployé dans les 80 collèges du département ».

Quel travail sur le renouvellement des centres de documentation et d’information (CDI) ?

Guillaume Marza, bibliothécaire référent  sur le public collégien : « Nous expérimentons depuis janvier 2018 au collège de Saint-Gély-du-Fesc un dispositif multi-facettes intitulé : CDI troisième lieu.

Nous travaillons en étroite collaboration avec la professeur documentaliste du collège, Christine Jourdan, pour briser les éventuels préjugés des adolescents quant à l’image de leur CDI.

Ainsi, la Médiathèque départementale a équipé le CDI, en terme de mobilier,  de deux « fatboy », un meuble « facing », une table basse design, trois banquettes et d'une « Sonic chair » permettant l'écoute de musique.

Les ouvrages imprimés ne sont pas oubliés, avec le prêt de nouveautés en bande dessinées, manga, romans, musique…), mais également des jeux de sociétés et trois tablettes numériques chargées d’applications, proches de leurs usages (se détendre, imaginer, coopérer…).

La documentaliste questionne régulièrement les adolescents sur l'évolution du CDI et les retours sont très positifs. Cette expérimentation a rencontré un franc succès, la fréquentation du CDI a augmenté de manière frappante, attirant ainsi de nouveaux élèves qui se sont appropriés avec beaucoup d’enthousiasme ce nouvel espace.

Il nous semble primordial de transformer les CDI en lieu de culture, favorisant ainsi le bien-être des adolescents, aussi nous travaillons actuellement à l’évolution de ce dispositif.

De quelle manière avez-vous poursuivi votre mission malgré le confinement ?

Marie Paris :  « Tout au long de l’année scolaire, les professeurs documentalistes nous sollicitent pour étoffer leurs collections que ce soit par des prêts thématiques, des exemplaires multiples pour préparer des rencontres auteurs…

La mise en sécurité de la population, suite à la crise sanitaire mondiale, a nécessité la fermeture de l’ensemble des établissements scolaires et de ce fait, de nombreux dispositifs proposés par la Médiathèque départementale ont été suspendus ou réadaptés.

Notre service de prêt a été interrompu durant le confinement et nous avons décidé de prolonger la date de retour des documents jusqu'à la prochaine rentrée scolaire de septembre ; et ce, pour que les documentalistes envisagent plus sereinement l’échange de livres avec les collégiens.

Six établissements scolaires du département ont participé au prix littéraire des collégiens de l’Hérault cette année. Malheureusement, le vote et la remise du prix avec les deux auteurs lauréats ont dû être annulés. Afin d’atténuer la déception des 163 collégiens jurés participants, le Conseil Départemental de l’Hérault a souhaité offrir un roman à chacun ».

Guillaume Marza : « Un des axes forts de la Médiathèque départementale en direction des collèges sont les Actions Educatives Territoriales (AET). C’est un dispositif mettant en œuvre des projets de pratique artistique, pendant le temps scolaire, en partenariat avec un artiste ou un intervenant qualifié dans les domaines de la presse, du conte, de l’illustration et de l’écriture. Durant le confinement, nous avons eu à cœur d’échanger régulièrement avec les enseignants et les artistes concernés en les tenants informés des suites à donner aux projets pédagogiques en cours.

Enfin, il nous a paru important de relayer, sur la liste de diffusion des documentalistes, les directives préconisées par le ministère de la Culture, l’ABD (Association des Bibliothécaires Départementaux), et l’ABF (Association des Bibliothécaires de France). Les CDI et les bibliothèques ont chacun leurs spécificités néanmoins les problématiques concernant la gestion des documents durant la crise sanitaire sont très proches.

Actuellement, les échanges sont plus réguliers et nous les accompagnons sur les projets qu’ils souhaitent mettre en œuvre pour la prochaine rentrée scolaire. Cette crise sanitaire nous aura, contre toute attente, ouvert de nouvelles perspectives de collaboration entre professionnels ».

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.