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Billet de blog 1 juin 2011

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Lettre ouverte aux indigné(e)s

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Nous en sommes bien d'accord : comme le dit S. H., si l'on n'est ni un patron (une patronne) du CAC 40, ni un banquier (une banquière) renfloué(e) par des fonds publics, ni un trader (une traîdresse) ''bonusé(e)'' à hauteur de 480 SMICs mensuels ( ceci au motif qu'il(elle) n'a pas (encore !) plombé la Générale d'un montant de 5 milliards d'€), ni un(e) politique ''droit(e) dans ses bottes'' (ceci cette fois au motif qu'il(elle) est (encore !) ''présumé(e) innocent(e)'', aujourd'hui, vu l'état du monde (n'insistons pas !), comment ne pas être ''indigné(e)'' ?

Sauf que voilà...

Soit d'abord les mesures ''proposées, discutées, amendées, votées hier dans vos AG à Madrid'' (et il n'y a pas si longtemps à Athènes, à Dublin, à Tunis, au Caire, à Aden... -et demain (?) à Paris, à Lisbonne, à Rome... , et conçues comme devant permettre de remettre le monde ''d'équerre'' (en tout cas de le ''moraliser'') : 1) ''il ne faut plus de patrons (de patronnes) prédateurs (prédatrices) !'' , 2) ''il ne faut plus de banquiers (banquières) irresponsables !'', 3) ''il ne faut plus de spéculateurs (de spéculatrices) !'', 4) ''il ne faut plus de politiciens (de politiciennes)... politiciens (politiciennes)'' (sic !).

Et soit ensuite, les ''moyens'' que vous vous proposez d'utiliser pour faire en sorte qu'à l'avenir, il n'y ait donc plus ni ''patrons (patronnes) prédateurs (prédatrices)'', ni ''banquiers (banquières) irresponsables'', ni... etc, etc... : je ne caricature pas, ces moyens tiennent en un seul mot : ... l'INDIGNATION.

Vous savez quoi, les ''indigné(e)s'' ? Eh bien vous n'avez pas fini de l'être !

Se pourrait-il qu'alors ce que vous me direz sera ceci :

''Vous, oui vous là qui vous moquez, vous donc, quand vous étiez vous-même indigné (notre hypothèse de travail étant bien entendu que, quand vous aviez nos âges, vous AUSSI vous l'étiez : n'est-ce pas, quand vous aviez 20 ans, oui ou non, le monde n'était-il pas déjà assez ''dégueulasse'' (osez prétendre le contraire !) ? ; bref, vous, quand vous étiez indigné... si pour commencer l'on parlait des moyens que vous vous êtes donné pour changer le (vieux) monde de votre (vieux) temps :

1° votre ''corpus ''théorique'''' (le ''matérialisme dialectique'' avec tous ses commentaires forcément ''géniaux'' sur les ''révolutions'' passées présentes voire... à venir, ''le trotskysme'', le ''maoïsme'', l' ''anarchisme'', le ''lacanisme'', le ''foucaldisme'', le ''derridisme''... -nous en passons et de bien meilleurs !),

2° votre pratique politique ''concrète'' de ''révolutionnaire professionnel ayant oeuvré à la construction du Parti seul à même (à la tête des masses !) de diriger l'affrontement avec l'appareil répressif de l'état bourgeois'' (vous l'avez compris, nous raisonnons ici comme si vous avez été ''trotskyste'').

Et si maintenant, en regard de ces moyens, l'on mettait les RESULTATS auxquels vous êtes finalement arrivés : hélas (trois fois hélas !), 40 ans ''après'' 1968, n'avons-nous pas... un Sarkozy ? Et partout en Europe (en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, en Italie... ) la ''social-démocratie'' (ne parlons pas de l'extrême-gauche !) comme alternative (et non pas comme alternance !) à ''la droite'' n'a-t-elle pas été littéralement rayée de la carte ? PARTOUT en Europe au contraire, ce que l'on peut dire n'est-il pas que ce qui aujourd'hui tient le haut du pavé c'est, DANS TOUS LES DOMAINES (l'économique -pensez à l'€ !- le politique -pensez à l' ''avancement'' de la NECESSAIRE ''intégration'' politique de l' ''Euroland''!- les ''valeurs'' -pensez à Schengen !), le ''n'importe quoi'' voire le ''complètement débile'' (pensez donc à la façon -en effet débile !- dont l'Europe gère l'endettement de ses ''maillons faibles'') ?

Oui disions-nous, si l'on parlait de ce qu'en votre temps, vous, vous avez fait, ce qu'il faudrait dire ne serait-il pas ceci : ah oui alors, s'il est quelqu'un qui peut aujourd'hui se moquer de ce que nous faisons pour changer ce monde indigne , CERTES, ça N'EST PAS vous !''

Ah bon, chèr(e)s indigné(e)s, TOUT cela, c'est VRAIMENT TOUT cela que vous me dites ?

Mais alors... et si bien entendu vous me le permettez, vous êtes... FORMIDABLES ! (je pèse mes mots). C'est que (toujours si vous me le permettez) vous n'êtes pas que de ''simples'' ''indigné(e)s'' comme s'en amusent (non sans toutefois ''péter de trouille'' -pensez donc, 's'agit pas que votre indignation vienne perturber ''leurs'' échéances électorales !) tous ceux qui, depuis belle lurette, ont décidé de s'en tenir à ceci : que la ''meilleure'' façon de changer le monde (et surtout... ''la plus sûre'' !), ''c'est'' de le changer... à un train de sénateur ou de député (attention, de sénateur ou de député ''de l'OPPOSITION sénatoriale et parlementaire''!) : vous êtes absolument comme il FAUT que vous soyez si vous voulez VRAIMENT arriver à quelque chose (c'est à dire, d'abord LUCIDES, ensuite LUCIDES et CRITIQUES, enfin LUCIDES, CRITIQUES et -last but not least !- IMAGINATIFS).

Comment ? (''voyez notre <<programme>>'', me dites-vous d'un air un peu penaud), c'est l'IMAGINATION qui vous manque le plus ?

Permettez moi alors de vous conseiller la lecture d'un auteur (Bernard SCHMITT -retenez bien ce nom !) dont je vous JURE (ma main au feu !) qu'il va vous en donner (de l'imagination et donc... du feu !) ; il s'agit d' ''Inflation, chômage et malformations du capital'' (Castella et Albeuve, Paris, 1984) ; à cet égard, soit ces quelques lignes de sa ''4ème'' de couverture : ''Fondé sur plus de trente années de recherche -Bernard Schmitt a été titulaire de la Chaire de Macroéconomie monétaire aux Universités de Dijon et de Fribourg- ce livre propose une synthèse des pensées classique, néoclassique et keynésienne, de la monnaie au revenu et du revenu au capital. Le fonctionnement logique de l'économie nationale est ainsi mis en lumière. Par la même, la réflexion devient capable de saisir les graves dysfonctionnements de l'économie : inflation et chômage. Cependant, l'analyse ne reste pas au niveau abstrait : du jour où le système bancaire sera divisé en trois départements -émission, épargne et capital fixe- l'inflation et le chômage seront vaincus.

La crise du capitalisme est due aux malformations du capital fixe ; or précisément, la division des banques en trois départements les empêchera''.

Bonne lecture ?

Jean Tramuset

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