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Billet de blog 26 mai 2011

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''L'OPA du FN sur la ''démondialisation'''' : de naïves indignations et une question, une VRAIE bonne question

Jean TRAMUSET

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L'OPA du FN sur la ‘'démondialisation'', ça vous étonne, et (encore plus naïf !) ça vous ‘'indigne'' (‘'vous vous rendez compte, le FN, eh ben i' nous vole not' programme ! Oui monsieur, tel quel'') ?

Or si,

1°, ce que dit l'extrême-gauche est que : ‘'la mondialisation, oui !, impossible qu'il en soit autrement : C'EST la guerre économique (de tous les pays contre tous les pays)'' ;

si,

2°, ce que dit cette fois l'extrême droite est que la ‘'mondialisation'', c'est, pêle-même : les délocalisations, la désindustrialisation, les ‘'mouvements migratoires incontrôlés'' (d'où ‘'la fin des identités nationales'', ‘'le scandale de la préférence donnée à l'Autre'' -d'où ‘'le scandale de la fin de la préférence donnée au <<terrrouare>>''), etc, etc... ;

si donc,

3°, ce que l'extrême-gauche ET l'extrême-droite sont LOGIQUEMENT amenées à dire est qu'il faut revenir sur la ‘'mondialisation'', que donc, pour reprendre l'inventif vocabulaire de l'extrême-gauche, il faut ‘'démondialiser'',

en effet, comment s'étonner, et (oui, ceci étant ‘'encore plus naïf'') s'indigner de ‘'l'OPA de l'extrême-droite sur la démondialisation'' ?

M'enfin chers ‘'rédacteurs'' et chers ‘'abonnés'' !... Si, une bonne fois pour toutes, s'agissant donc de la ‘'mondialisation'', l'extrême-gauche se mettait en situation de n'avoir plus à payer le prix fort (ses indignations -ses puériles indignations !- en effet, quelle formidable perte d'énergie !) des pauvres représentations qu'aujourd'hui, sans crier gare (n'est-ce pas, c'est ça l'idéologie : ni vu ni connu j't'embrouille), le capitalisme, insidieusement, inspire à tous (y compris à... l'extrême-gauche !).

A cet égard, soit UN seul argument : celui dit ‘'du tout et de ses parties'' (attention hein, pas de procès à la légère, c'est du Spinoza !).

D'abord, essayez de concevoir un tout sans ses parties, c'est-à-dire toutes ces ‘'entités'' qui, à les considérer dans leur totalité, font justement que vous pourrez parler d'un ‘'tout''.

Essayez ensuite de considérer quelque chose que vous appelez ‘'partie'' sans considérer ce qui, puisque vous parlez de ‘'partie'', vous permettra de parler d'un ‘'tout'' ; d'où, s'agissant de ce qui forme ce ‘'tout'', le fait qu'en effet vous puissiez parler de ‘'parties''.

Eh bien, si vous dites maintenant que les ‘'parties'' (du ‘'tout) sont les ‘'pays'' et le ‘'tout'' (des ‘'parties'') c'est ‘'le monde'', ce qu'alors vous avez c'est la VERITE de la ‘'mondialisation'', c'est-à-dire la mondialisation comme VERITE INCONTOURNABLE.

Autant dire qu'en dépit de tout ce qui la justifierait (cf. les objections -hélas comme on l'a vu... les MÊMES !- formulées contre elle par l'extrême-gauche ET par l'extrême-droite ; d'où le piège mortel dit ‘'du bonnet blanc et du blanc bonnet'' dans lequel, sur ce sujet évidemment CRUCIAL, l'extrême-gauche se trouve aujourd'hui prise et duquel, sauf à ce qu'enfin elle s'ouvre à de nouvelles idées -n'est-ce pas Ludovic Lamant !) CONCEPTUELLEMENT, la ‘'démondialisation'' est bien plus que quelque chose de simplement ‘'flou'', elle est un problème INSOLUBLE.

D'où la VRAIE question posée par la ‘'mondialisation'' : s'il est impossible d'aller contre elle, en effet, la VRAIE difficulté (INCONTOURNABLE !) est de dire comment il FAUT l'ORGANISER.

Ce ‘'billet'' étant déjà bien trop long, et ceci me permettant de l'abréger tout en disant comment CONCRETEMENT répondre à la question que je viens de poser, nul doute qu'ici, le lecteur me permettra de terminer en me citant (cf. ‘'Le marché imaginaire'' (Théorie générale de la Crise) ; Introduction, page 14) :

<<... La vraie crise de l'économie internationale ?

Ce qui est sûr est qu'elle est bien autre chose que ce qui, régulièrement -et si trivialement !- en est dit : bien loin que l'''irrésistible'' modernité doive être ‘'incriminée'' (ceci comme chez les innombrables insipides contempteurs et laudateurs de la so-called ‘'mondialisation''), c'est l'ignorance des lois de l'économie de l'échange qui est en cause.

A cet égard, ce que Le marché imaginaire démontrera[1] est que :

il faut... réformer le paiement des intérêts transnationaux ; la raison en est qu'aujourd'hui, ce paiement fonctionne de telle manière que la dette d'intérêts (une dette nette -sans contrepartie en devises) qu'il devrait éteindre se trouve... reconduite par lui ; d'où ‘'tout simplement'', le fait qu'aujourd'hui, lorsque des intérêts transnationaux sont payés, aussitôt, ils le sont... deux fois ! (et l'on s'étonne que, ‘'structurellement'', l'économie internationale soit sous la pression de la constante augmentation du formidable endettement net des pays dits ‘'en voie de développement'' -en 2004, plus de... 2 000 milliards de $).

2° s'agissant de la monnaie internationale dont la mondialisation a besoin (c'est qu'en économie internationale, évidemment, avant que les échanges portent sur des équivalents économiques, il faut d'abord que... tel puisse être le cas !), cette monnaie devant être d'un tout autre ordre que celui des monnaies nationales (elle ne doit fonctionner que dans l'espace des relations entre les pays), cette monnaie, bien entendu, ne peut être conçue comme pouvant prendre la place des monnaies nationales qui existent et doivent continuer d'exister[2]>>.

Jean Tramuset


[1] Cf. 2ème Partie, les Chapitres I et II (respectivement).

[2] On comparera avec l'EURO tel qu'il a été conçu : quand bien même il parvienne à faire jeu égal avec le $ (quand et moyennant quelle remise en cause, en Europe, de l'économie ‘'sociale'' ? -comme si l'économie pouvait être conçue comme ne l'étant pas !- combien de ‘'délocalisations'' ? combien de millions de chômeurs ?...), l'EURO ne pouvant qu'être la monnaie de l'''Europe'', évidemment, il ne pourra jamais être la monnaie internationales dont la mondialisation a besoin. Cela veut dire que, par construction incapable de contribuer au règlement des problèmes monétaires internationaux, ces problèmes, l'EURO n'aura fait en réalité que les rendre encore ‘'plus'' insolubles : ne leur aura-t-il pas ajouté ceux induits par son impossible gestion ?

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