Wiki Spectrum : 16p

L’appellation 16p désigne une zone sur le chromosome 16. Des délétions dans cette zone sont fréquemment associées à l'autisme. Le point.

Chandelier II © Luna TMG Chandelier II © Luna TMG

Source : 16p Wiki Spectrum  Traduction par Sarah.

L’appellation 16p désigne une zone sur le chromosome 16 dans le génome humain.

Pertinence pour l’autisme

Plusieurs gènes, ainsi que des délétions ou des duplications à l’intérieur de plusieurs zones du chromosome 16 ont été associés à l’autisme et à d’autres troubles neurodéveloppementaux. Les délétions ou les duplications, aussi appelées variations du nombre de copies (CNV), qui dans la 16p sont liées à l’autisme comprennent 16p11.2, 16p12.1 et 16p13.3.

La pertinence pour l’autisme varie pour chacune de ces zones. Certaines, comme la 16p11.2, ont des liens étroits avec le trouble, tandis que d’autres – comme la 16p12.1 – ne peuvent augmenter le risque d’engendrer l’autisme que si elles se combinent avec d’autres mutations.

Deux études publiées dans Neuron en juin 2011 indiquent des associations entre les mutations dans plusieurs zones de 16p et dans l’autisme. (1, 2) Les chercheurs ont découvert deux duplications de novo et deux duplications héréditaires au niveau de 16p13.2 et une duplication au niveau de 16p13.11. Ils ont en outre trouvé sept délétions et quatre duplications dans la zone 16p11.2 et signalent que des mutations de novo semblent se reproduire au niveau de 16p13.2 et 16p13.3.

16p11.2

La délétion de 16p11.2 est sans doute la plus connue des CNV liées à l’autisme. Des délétions dans cette zone ont été détectées chez un pour cent au moins des individus avec un trouble autistique. (3, 4) Une méta-analyse publiée en mai 2011 constate que 0,76% des individus autistes ont une délétion de 16p11.2. (5)

Toutefois, une vaste étude clinique portant sur 3 450 personnes, publiée en octobre 2010, fait apparaître que, même si des CNV de 16p11.2 ont presque toujours pour incidence des symptômes d’autisme, cela ne garantit un diagnostic effectif que pour 30 % seulement des personnes. (6)

Les CNV de 16p11.2 ont de plus été reliées à d’autres troubles comme la schizophrénie (7), le retard mental (8), la déficience intellectuelle non diagnostiquée comme X fragile, et d’autres syndromes connus (9).

Les personnes qui ont une délétion d’une zone particulière dans 16p11.2 sont également plus susceptibles que les sujets contrôles d’être concernées par l’obésité. Une étude de février 2010 montre que presque trois pour cent des personnes qui sont à la fois obèses et ont des retards de développement sont porteuses de la délétion 16p. (10) Dans une étude indépendante publiée dans le même numéro, les chercheurs ont recherché des variations rares chez 300 personnes atteintes d’une obésité sévère installée précocement. Ils ont constaté des délétions dans la zone 16p chez quatre d’entre elles ; toutes avaient un retard du développement et deux un trouble autistique. (11)

Les délétions de 16p11.2 aboutissent souvent à une macrocéphalie - taille de la tête plus grande – et à l’autisme, alors que les duplications sont associées avec une tête plus petite que la normale, et sont plus susceptibles d’amener des symptômes qui ressemblent à la schizophrénie. (12)

Le Projet Simons des Variations chez les Personnes, fondé par une organisation parente de SFARI.org, recrute actuellement 200 personnes avec des mutations dans la zone 16p11.2 pour pousser plus avant les connaissances sur cette zone.

16p12.1

Une petite délétion dans cette zone est liée à un handicap de développement et à l’autisme quand elle se combine à d’autres mutations. Les chercheurs ont découvert une délétion sur la zone chromosomale 16p12.1 chez environ 0,2% de 20 000 enfants avec une déficience intellectuelle – près de quatre fois la fréquence qu’ils ont constatée chez la population contrôle saine. (13)

Dix des enfants porteurs de cette CNV particulière ont aussi une seconde CNV importante sur un autre chromosome. Ce sous-groupe « à deux coups » tend à avoir des symptômes spécifiques ou plus sévères que les enfants porteurs uniquement de la seconde CNV, ce qui indique que l’attaque sur la 16p12.1 amplifie les phénotypes du second coup.

Environ 80% de la population générale possèdent dans son ADN une configuration structurelle qui les expose au risque de développer une délétion dans la zone 16p12.1. (14)

Gènes à risque

Les gènes sur la zone 16p qui sont associés à l’autisme comprennent cadherin 8, ou CHD8, GRIN2A et la sclérose tubéreuse TSC2.

Références :

  1. Levy D. et al. Neuron 70, 886-897 (2011) Abstract
  2. Sanders S. et al. Neuron 70, 863-885 (2011) Abstract
  3. Weiss L.A. et al. N. Engl. J. Med. 358, 667-675 (2008) PubMed
  4. Kumar R.A. et al. Hum. Mol. Genet. 17, 628-638 (2008) PubMed
  5. Walsh K.M. and M.B. Bracken Genet. Med. 13, 377-384 (2011) PubMed
  6. Hanson E. et al. J. Dev. Behav. Pediatr. 31, 649-657 (2010) PubMed
  7. St. Clair D. Schizophr. Bull. '35, 9-12 (2009) PubMed
  8. Bijlsma E.K. et al. Eur. J. Med. Genet. 52, 77-87 (2009) PubMed
  9. Mefford H.C. et al. Genome Res. 19, 1579-1585 (2009) PubMed
  10. Walters R.G. et al. Nature 463, 671-675 (2010) Abstract
  11. Bochukova E.G. et al. Nature 463, 666-670 (2010) Abstract
  12. Shinawi M. et al. J. Med. Genet. 47, 332-341 (2010) PubMed
  13. Girirajan S. et al. Nat. Genet. 42, 203-209 (2009) Abstract
  14. Antonacci F. et al. Nat. Genet. 42, 745-750 (2010) Abstract

Dossier génétique et autisme 2

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