Pourquoi vous ne devez PAS empêcher un enfant autiste de se stimuler

A quoi servent les comportements de stimulation d'une personne autiste ? Et pourquoi il ne faut pas les limiter, sauf risque d’automutilation ou de stigmatisation, mais trouver des moyens de remplacement.

thearticulateautistic.com Traduction de "Why You Should NOT Prevent an Autistic Child From Stimming" -  Jaime A. Heidel - The Articulate Autistic - par Lisa Martin - 12 juillet 2020

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Le terme "stimming" fait référence à une grande variété de comportements d'auto-stimulation et d'auto-apaisement que les autistes de tout âge peuvent manifester lorsqu'ils sont confrontés à une surcharge sensorielle ou à des niveaux élevés d'anxiété.

La stimulation peut inclure des mouvements répétitifs comme le battement des mains, le balancement, la répétition de mots ou de phrases (écholalie), les vocalisations ou même le mouvement répétitif d'objets.

Le stimming peut être déroutant pour certaines personnes neurotypiques et perçu comme quelque chose à éradiquer ou à contrôler. Bien qu'il puisse sembler alarmant ou étrange à ceux qui n'en ont jamais fait l'expérience, ces comportements répétitifs ont un but très important pour la personne autiste.

Le stimming est utilisé pour diverses raisons, mais principalement parce que les personnes autistes évitent ou recherchent les sensations par rapport au monde qui les entoure, ou parce qu'elles se sentent anxieuses ou excitées. La stimulation peut réduire la surcharge sensorielle et l'anxiété de manière positive, et elle peut changer en fonction de la personne, de la situation et du besoin.

Les personnes neurotypiques se stimulent aussi !

De nombreux comportements quotidiens et routines neurotypiques produisent les mêmes résultats qu'une stimulation, à savoir un sentiment accru de calme et de bien-être, et une libération de la pression accumulée.

Qu'il s'agisse de taper impulsivement des pieds sur le sol pendant un examen, de soupirer d'exaspération lorsque votre train a du retard ou de tortiller nerveusement vos cheveux en présence d'une personne qui vous attire.

Ces formes naturelles d'expression de soi sont les mêmes qu'un stimulus, mais elles sont beaucoup plus acceptées socialement et peu susceptibles d'être commentées.

Une personne neurotypique peut être capable de contrôler ou de minimiser son besoin de s'exprimer par le biais de ces comportements, mais pour une personne autiste, il s'agit d'un exutoire absolument nécessaire, et la suppression ou la restriction de la capacité d'auto-stimulation peut causer beaucoup de stress et d'inconfort.

Pourquoi le stimming est-il si agréable ?

Pensez à l'idée d'une casserole d'eau qui bout sur la cuisinière. Lorsqu'elle commence à déborder, vous ne la laissez pas continuer à bouillir ; vous baissez le feu (ce qui change l'environnement) ou vous enlevez le couvercle de la casserole, ce qui réduit la pression et calme l'ébullition frénétique.

Le fait de "retirer le couvercle" est ce que la stimulation procure aux personnes autistes : une sensation de libération et une réduction de la pression due au stress de leur environnement à ce moment-là.

La stimulation peut également fournir une stimulation douce et constante à une personne qui est sous-stimulée ou contrecarrer un événement surstimulant, ou simplement aider la personne à réguler son environnement sensoriel et/ou ses émotions.

Il permet également à l'esprit de la personne autiste de se concentrer uniquement sur la sensation de stimulation, en bloquant toute stimulation potentiellement désagréable ou insupportable qui pourrait causer une détresse immédiate.

Sur le plan psychologique, disposer d'un mécanisme d'adaptation permettant à la personne autiste de traiter son monde est une chose fantastique ; le problème est que, selon la stimulation utilisée, elle peut devenir une expérience d'isolement social pour ceux qui n'ont pas conscience de son utilité.

Quand le comportement de stimulation doit-il être examiné ?

Bien que les stimulations régulières ou même quotidiennes soient largement typiques des personnes dans le spectre de l'autisme, il arrive que les stimulations soient un signe de détresse qui doit être examiné de plus près.

Par exemple, si un comportement de stimulation augmente de manière significative, il peut s'agir d'une tentative de communiquer un niveau élevé d'anxiété et/ou d'inconfort. Si c'est le cas, il est important d'examiner l'environnement et de voir ce qui doit être modifié pour réduire la pression sensorielle ressentie.

  •    " Ce qui peut être un petit changement environnemental imperceptible (température, changement de routine, stimulus sensoriel différent, etc.) pour une personne neurotypique est aussi fort et inconfortable qu'une alarme incendie pour les personnes autistes."

C'est pourquoi la personne neurotypique devrait faire des recherches et examiner l'environnement pour voir ce qui a pu changer et qui pourrait causer de la détresse, surtout si la personne autiste est incapable d'expliquer le problème.

Que se passe-t-il si la stimulation devient une forme d'automutilation ?

Certains pensent que les stimulations sont indésirables et qu'il faut les décourager ou les réorienter.

Cependant, à moins que la personne autiste ne se blesse directement ou ne blesse les autres, les stimulations doivent être encouragées jusqu'à ce que la personne autiste puisse s'arrêter naturellement d'elle-même.

Si la stimulation devient dangereuse pour la personne autiste elle-même ou pour les personnes qui l'entourent, la réorientation du comportement vers l'utilisation de jouets de stimulation peut aider à soulager la tension et le stress tout en prévenant les blessures.

Les jouets de stimulation offrent confort et discrétion aux personnes autistes. 

Bien que la stimulation soit une forme parfaitement naturelle d'expression de soi et de régulation émotionnelle pour les personnes autistes, certains de ces comportements peuvent attirer une attention et/ou un examen non désirés dans des situations publiques. Les regards, les commentaires et les questions peuvent exacerber l'anxiété et aggraver la détresse.

C'est là que les jouets stimulants entrent en jeu. Ces jouets offrent le confort et la régulation émotionnelle dont la personne autiste a besoin tout en évitant d'attirer inutilement l'attention sur son comportement.

Il existe de nombreux jouets sensoriels qui peuvent être utilisés discrètement si nécessaire, afin de fournir la stimulation nécessaire mais avec un niveau de visibilité moindre.

N'oubliez pas, adoptez la stimulation ! Il s'agit d'un mécanisme d'adaptation sain et naturel et d'une méthode d'expression personnelle pour les personnes autistes, qu'il faut encourager et non étouffer.

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Comportements répétitifs et "stimming" dans l'autisme : explications

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