Greta Thunberg : "C’était comme si elle disparaissait lentement dans les ténèbres" 1

Dans ce nouveau livre écrit par la mère de Greta Thunberg, cette dernière révèle comment était leur vie de famille durant la période où sa fille est passée du statut d’adolescente harcelée à celui d’icône du climat.

Dans ce nouveau livre écrit par la mère de Greta Thunberg, cette dernière révèle comment était leur vie de famille durant la période où sa fille est passée du statut d’adolescente harcelée à celui d’icône du climat. © The Guardian Dans ce nouveau livre écrit par la mère de Greta Thunberg, cette dernière révèle comment était leur vie de famille durant la période où sa fille est passée du statut d’adolescente harcelée à celui d’icône du climat. © The Guardian
Traduction par Curiouser  de "Malena Ernman on daughter Greta Thunberg: ‘She was slowly disappearing into some kind of darkness’ "
The Guardian - 23 février 2020

La mère de Greta Thunberg, Malena Ernman, témoigne : « C’était comme si elle disparaissait lentement dans les ténèbres »

Svante, le père de Greta, et moi-même, sommes, comme on le dit en Suède, des « professionnels de la culture » – formés dans les domaines de l’opéra, de la musique et du théâtre, avec la moitié de notre carrière passée consacrée à ces derniers. Quand j’étais enceinte de Greta, je travaillais en Allemagne, et Svante jouait de manière simultanée dans trois théâtres différents en Suède. Pour ma part, des contrats me liaient pour plusieurs années à différents opéras aux quatre coins de l’Europe. Mille kilomètres nous séparaient l’un de l’autre : nous échangions par téléphone sur les moyens que nous pourrions mettre en œuvre pour adapter notre travail à cette nouvelle situation.

« Dans ton domaine, tu es l’une des meilleures au monde », m’a dit Svante. « Quant à moi, dans le monde du théâtre suédois, je suis plus comme le bassiste d’un groupe, on peut très facilement me remplacer. Sans compter le fait que tu gagnes vachement plus que moi. » J’ai un peu protesté, sans grande conviction, mais le choix était fait.

Quelques semaines plus tard nous assistions à la première de Don Giovanni au Staatsopera de Berlin, et Svante exposa sa nouvelle situation professionnelle à Daniel Barenboim et Cecilia Bartoli :

« Me voilà femme au foyer. »

Nous avons fonctionné de cette manière pendant douze ans. C’était difficile, mais aussi très amusant. Nous restions deux mois dans chaque ville, puis passions à autre chose. Berlin, Paris, Vienne, Amsterdam, Barcelone. En boucle. Nous passions nos étés à Glyndebourne, Salzbourg ou Aix-en-Provence. C’est ce qui se fait quand on a du talent en tant que chanteur d’opéra ou d’autres pièces de musique classique. Je répétais vingt à trente heures par semaine et nous passions le reste du temps ensemble.

Beata est née trois ans après Greta et nous avons acheté une Volvo V70 afin d’avoir de la place pour les maisons de poupées, les ours en peluche et les tricycles. Ce furent des années extraordinaires. Notre vie était fantastique.

Un soir, à l’automne 2014, Svante et moi nous sommes écroulés sur le sol de notre salle de bain à Stockholm. Il était tard, les enfants dormaient.

Tout commençait à s’effondrer autour de nous. Greta avait onze ans ; elle venait à peine d’entrer au collège, et elle n’allait pas bien du tout. Elle pleurait la nuit au lieu de dormir. Elle pleurait sur le chemin de l’école. Elle pleurait pendant les cours et les recréations, et ses professeurs appelaient à la maison presque chaque jour. Svante devait partir en coup de vent et la ramener à la maison voir Moses, notre golden retriever. Elle restait assise à ses côtés pendant des heures, à le toucher et le caresser. C’était comme si elle disparaissait lentement dans les ténèbres, et petit à petit, pas à pas, c’était comme si elle s’était mise à l’arrêt. Elle ne jouait plus du piano. Elle ne riait plus. Elle ne parlait plus. Et elle ne mangeait plus. 

Nous étions assis là, sur le carrelage dur, et nous savions exactement ce que nous allions faire. Nous allions tout changer. Nous allions suivre le chemin de Greta, quel qu’en soit le prix. Cette situation exigeait plus que de faire appel aux mots ou aux sentiments. Une clôture des comptes. Une rupture nette.

« Tu te sens comment ? » me demanda Svante. « Tu veux continuer comme ça ? »

« Non. »

« Ok. On arrête tout ça, bordel », dit-il. « On va tout annuler. Jusqu’au dernier contrat », poursuivit Svante. « Madrid, Zurich, Vienne, Bruxelles. Tout. »

Peu de temps après, nous décidons, un samedi, que nous allons confectionner des petits pains, tous les quatre, la famille au grand complet, et nous sommes déterminés à faire en sorte que cela marche. Il le faut. Si nous arrivons à confectionner nos petits pains comme d’habitude, de façon apaisée et dans le calme, Greta sera en mesure de les manger comme d’habitude, et ainsi tout sera résolu, réparé. Ce sera facile comme bonjour. Après tout, confectionner des petits pains est notre passe-temps préféré.  

Nous voilà donc en train de cuisiner, en virevoltant dans la cuisine afin de créer la plus joyeuse confection de petits pains de toute l’histoire de l’humanité. 

Mais une fois les petits pains sortis du four, la fête s’arrête brutalement. Greta prend un petit pain et le renifle. Elle s'assoit, le pain à la main, cherche à ouvrir la bouche, mais… n’y arrive pas. Nous le voyons : ça ne va pas marcher.

« S’il te plaît, mange », disons Svante et moi en chœur.  De façon calme, tout d’abord. Puis de manière plus ferme. Et encore après en évacuant chaque gramme de frustration contenue et d’impuissance. Jusqu’à finalement crier, en laissant s’échapper tout notre désespoir, toutes nos peurs. « Mange ! Il faut que tu manges, tu comprends ? Il faut que tu manges, sinon tu vas mourir ! »

C’est à ce moment que Greta a sa première attaque de panique. Elle émet un bruit que nous n’avons encore jamais entendu, jamais. D’elle s’échappe un hurlement venu de profondeurs abyssales, qui dure plus de quarante minutes. Nous ne l’avions plus entendue hurler depuis qu’elle était nourrisson.

Je la berce entre mes bras, et Moses s’allonge à côté d’elle, posant sa truffe humide sur sa tête. Greta demande :

« Est-ce que je vais aller mieux ? »

« Bien sûr que oui », lui dis-je.

« Quand est-ce que j’irai mieux ? »

 « Je ne sais pas. Bientôt. » 

Malena Ernman, Svante Thunberg et leurs deux filles : Beata, venant de naître, et Greta, âgée de 3 ans, en 2005. © Photographie : Lizzie Larsson//TT/PA Images. Malena Ernman, Svante Thunberg et leurs deux filles : Beata, venant de naître, et Greta, âgée de 3 ans, en 2005. © Photographie : Lizzie Larsson//TT/PA Images.
Sur une feuille blanche affichée au mur, nous écrivons tout ce que Greta mange et combien de temps cela lui prend. Ce sont de petites quantités. Et cela prend beaucoup de temps. Mais l’unité de soins d’urgence du Centre pour les troubles alimentaires de Stockholm affirme que cette méthode affiche un bon taux de réussite sur le long terme. On écrit ce qu’on mange à chaque repas, puis on fait la liste de tout ce qu’on peut manger, des choses qu’on aimerait pouvoir manger et de celles qu’on veut être capable de manger par la suite. C’est une petite liste. Du riz, des avocats, des gnocchis.

L’école commence dans cinq minutes. Mais il n’y aura pas école aujourd’hui. Il n’y aura pas du tout d’école pour toute cette semaine. La veille, Svante et moi avons reçu un autre courriel de l’école exprimant leur « inquiétude » sur le manque d’assiduité de Greta, malgré le fait qu’ils avaient en leur possession plusieurs lettres provenant à la fois de médecins et de psychologues.

J’informe à nouveau l’administration de l’école sur notre situation, ils répondent par courriel en disant qu’ils espèrent que Greta retournera à l’école normalement lundi prochain afin que « ce problème » puisse être résolu. Mais Greta ne retournera pas à l’école lundi. Car, à moins d’un changement dramatique du cours des événements, elle sera admise la semaine prochaine à l’hôpital pour enfants de Sachsska.

Svante fait cuire des gnocchis dans l’eau bouillante. Il est extrêmement important que leur consistance soit parfaite, car sinon ils ne seront pas consommés. Nous mettons dans son assiette un nombre bien précis de gnocchis. C’est un exercice d’équilibre très délicat ; si nous en donnons trop, notre fille ne mangera rien du tout, et si nous en donnons trop peu, elle n’en aura pas assez. Quelle que soit la quantité ingérée, cela ne suffit évidemment pas, mais chaque petite bouchée compte et nous ne pouvons pas nous permettre d’en gâcher une seule.

Et puis Greta s’assoit, et se met à trier les gnocchis. Elle les retourne un par un, leur appuie dessus puis recommence. Encore, et encore. Au bout de vingt minutes, elle commence à manger. Elle les lèche, les aspire et mâche : de toutes, toutes petites bouchées. Cela semble une éternité. 

« Je suis rassasiée », dit-elle soudain. « Je ne peux plus rien manger. »

Svante et moi évitons de nous regarder. Nous devons contenir notre frustration, parce que nous avons commencé à prendre conscience que c’était la seule chose qui fonctionnait. Nous avons testé toutes les autres tactiques. Tout ce qu’il était possible d’imaginer.

Nous lui avons donné des ordres stricts. Nous avons crié, ri, menacé, supplié, imploré, pleuré, utilisé tous les systèmes de récompense imaginables. Mais apparemment, c’est ça qui marche le mieux.

Svante se dirige vers la feuille de papier accrochée au mur et écrit : « Déjeuner : 5 gnocchis. Temps : 2h10 ».

Ne pas manger peut vouloir dire beaucoup de choses. La question est quoi. Et la question est pourquoi. Svante et moi sommes à la recherche de réponses. Je passe mes soirées à lire tout ce que je trouve sur le Net au sujet de l’anorexie et des troubles alimentaires.

Pour nous, c’est sûr, ce n’est pas de l’anorexie. Mais, nous avons entendu dire que l’anorexie est une maladie très rusée et qu’elle fera tout pour ne pas être découverte. Nous gardons donc cette porte grande ouverte.

Je communique sans cesse avec le service de psychiatrie pour enfants (BUP), le service d’information pour la santé, des docteurs, des psychologues, et toute personne que j’envisage être susceptible de nous apporter la moindre information ou le moindre conseil.

À l’école de Greta officie une psychologue qui connaît l’autisme. Elle s’entretient avec nous deux par téléphone et nous dit qu’il faut continuer à mener une enquête minutieuse, certes, mais qu’à ses yeux – et de manière officieuse – il y a chez Greta des signes évidents la plaçant sur le spectre autistique. « Du type Asperger à haut fonctionnement », nous dit-elle.

Les rendez-vous se suivent, au cours desquels nous répétons notre histoire et explorons les voies qui s’ouvrent à nous. Nous parlons, parlons, tandis que Greta reste assise, sans rien dire. Elle ne parle plus à personne, sauf à moi, Svante et Beata. Chacun veut vraiment offrir son aide, à la hauteur de ce qu’il est possible de faire, mais c’est comme s’il n’y avait pas d’aide à recevoir. Pas encore, du moins. Nous tâtonnons dans les ténèbres.

Après deux mois sans manger, Greta a perdu presque dix kilos, ce qui fait beaucoup quand l’on est dès le départ plutôt chétif. La température de son corps est basse, son pouls et sa tension artérielle révèlent de façon claire la dénutrition. Elle n’a plus la force d’emprunter les escaliers, et son score aux tests sur la dépression atteint des records.

Nous expliquons à notre fille que nous devons commencer à nous préparer à un séjour à l’hôpital, où il est possible d’avoir des nutriments et de la nourriture sans manger, avec des tubes et des perfusions.

À la mi-novembre a lieu une grande réunion au BUP. Greta reste assise, sans rien dire. Comme d’habitude. Moi je pleure. Comme d’habitude. « S’il n’y a pas d’évolution après ce week-end, nous devrons alors te faire entrer à l’hôpital », dit le médecin.

En descendant les escaliers menant au hall, Greta se retourne. « Je veux recommencer à manger ». Nous fondons en larmes tous les trois, nous rentrons chez nous, et Greta mange une pomme verte, en entier. Mais rien d’autre ne passera. Il s’avère que c’est un peu plus difficile que ce l’on croit, de simplement recommencer à manger. Nous faisons quelques pas prudents, à l’essai, et ça marche. Nous progressons de quelques centimètres. Elle mange de petites portions à base de riz, d’avocat, de banane. Nous prenons notre temps. Et nous commençons la prise de sertraline, un antidépresseur.

« Est-ce qu’ils te regardent toujours comme ça ? »

« J’sais pas. J’crois. »

Svante et Greta se sont rendus à la cérémonie de l’école clôturant la fin de semestre, en tentant de se rendre invisibles dans les couloirs et les cages d’escaliers.

Lorsque des élèves vous pointent du doigt en s’esclaffant – même lorsque qu’un de vos parents marche à côté de vous –, cela signifie que les choses sont allées trop loin. Beaucoup trop loin. 

Chez nous, dans la cuisine, Svante m’explique ce qu’ils viennent de vivre tandis que Greta mange son riz avec de l’avocat. Ce que j’entends me met tellement en colère que je pourrais raser à mains nues la moitié de la rue dans laquelle nous vivons, mais notre fille réagit différemment. Elle est heureuse que ce soit dévoilé au grand jour.

Elle consacre toutes les vacances de Noël à nous raconter les faits, des incidents horribles, épouvantables. C’est comme un montage vidéo qui présenterait tous les pires scénarios imaginables sur le harcèlement. Des récits où elle est poussée dans la cour de récré, plaquée à terre, ou conduite de force vers d’étranges endroits, le fait qu’on l’évite constamment, et les toilettes des filles où elle arrive parfois à se réfugier et pleurer avant que les surveillants de la récréation ne la forcent à retourner dans la cour. Toute une année scolaire… les récits ne cessent d’affluer. Svante et moi en informons l’école, mais celle-ci ne compatit pas. Ils appréhendent différemment la situation. L’école pense que c’est la faute de Greta ; plusieurs enfants ont dit de façon répétée que Greta se conduisait bizarrement, qu’elle parlait trop doucement et qu’elle ne disait jamais bonjour. Ce dernier point, ils l’écrivent par courriel.

Ils écrivent des choses bien pires que ça, ce qui est une chance pour nous, car lorsque nous signalons l’école à l’inspection des écoles suédoises, nous sommes sur un terrain qui nous est favorable et il ne fait aucun doute que l’inspection tranchera en notre faveur.

J’explique à Greta qu’elle aura à nouveau des amis, plus tard. Mais sa réponse est toujours la même : « Je ne veux pas avoir d’amis. Les amis, ce sont des enfants, et tous les enfants sont méchants. »

Le pouls de Greta est moins faible et la courbe de poids remonte enfin suffisamment pour qu’un examen neuropsychiatrique soit mené. Notre fille est Asperger, un autisme de haut fonctionnement, et a des TOC (trouble obsessionnel compulsif). « Officiellement, nous aurions pu  également diagnostiquer chez elle un mutisme sélectif, mais ce dernier s’en va souvent de lui-même avec le temps », nous dit le médecin. Nous ne sommes pas surpris. En gros, c’était la conclusion que nous avions tirée plusieurs mois auparavant.

Sur le chemin du retour, Beata nous appelle pour nous dire qu’elle va dîner avec une amie, et l’aiguillon de la culpabilité me traverse. Bientôt, nous prendrons aussi soin de toi, ma chérie, lui promets-je en pensée, mais d’abord Greta doit aller mieux.

L’été approche, et nous parcourons tout le chemin du retour à pied. Nous n’avons presque plus besoin maintenant de rationner le nombre de calories à brûler.

Six mois après que Greta a reçu son diagnostic, notre vie a trouvé un équilibre dans un semblant de routine quotidienne. Elle a commencé à fréquenter une nouvelle école. Je me suis dégagé du temps et ai mis le travail au second plan. Mais alors que nous sommes occupés à plein temps à prendre soin de Greta, Beata vit de plus en plus de moments difficiles. À l’école, tout roule. Mais à la maison, elle s’effondre, craque. Elle n’arrive plus du tout à supporter d’être avec nous.

Tout ce que Svante ou moi faisons l’énerve et elle peut exploser en notre présence. Elle ne va pas bien, c’est évident.

Un jour, peu avant de fêter son onzième anniversaire, je l’ai trouvée debout dans le salon, en train de balancer vers la cuisine des DVD rangés sur l’étagère située sous l’escalier en colimaçon. « Vous vous occupez que de Greta. Jamais de moi. Je te déteste, Maman. Putain, t’es la pire mère au monde, espèce de salope », crie-t-elle alors que Jasper le pingouin m’atteint au front.

À l’automne 2015, Beata se soumet à une batterie de tests pour différents troubles neuro-développementaux.  On lui diagnostique un TDAH, avec certaines caractéristiques Asperger, des TOC et un TOP (trouble oppositionnel avec provocation). Maintenant qu’elle a un diagnostic, c’est comme si c’était un nouveau départ pour elle, une explication, une réparation, un remède. À l’école, elle a de merveilleux professeurs qui font en sorte que tout fonctionne. Elle n’a pas à faire de devoirs. Nous laissons tomber toutes les activités. Nous évitons tout ce qui peut être source de stress. Et ça marche.

Quoi qu’il advienne, nous ne devons jamais répondre à la colère par de la colère, parce que cela, presque toujours, cause plus de mal que de bien. Nous adaptons, nous planifions, avec des routines strictes et des rituels. Heure après heure. Nous tentons de trouver des habitudes qui fonctionnent.

Devant le Parlement suédois de Stockholm, en août 2018. © Photographie : Anders Hellberg. Devant le Parlement suédois de Stockholm, en août 2018. © Photographie : Anders Hellberg.
Le fait que nos enfants aient finalement obtenu de l’aide tient à bon nombre de facteurs. Cela a tenu en partie aux soins existants, aux méthodes éprouvées, aux conseils et aux traitements médicamenteux. Grâce aussi à nos propres efforts, notre patience, le temps pris et notre chance que Greta et Beata se soient remises sur pied d’elles-mêmes. Cependant, ce qui est arrivé en particulier à Greta ne peut être seulement expliqué par un terme psychiatrique. En fin de compte, elle ne pouvait tout simplement pas concilier les contradictions de la vie moderne. Les choses ne tenaient tout bonnement pas debout. Nous, qui vivons à une époque où l’abondance est historique, qui avons accès à d'énormes ressources mises en commun, nous ne sommes pas en mesure d'aider les personnes vulnérables qui fuient la guerre et la terreur – des personnes comme vous et moi, mais qui ont tout perdu.

A suivre

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