Quand Etienne Gernelle, directeur du Point, vole au secours de Macron

Pauvre président français attaqué de toute part parce qu'il a osé dire de façon franche et directe que "l'on met un pognon de dingue dans les minima sociaux". Heureusement tadada jeudi 14 juin au matin sur France inter, Etienne Gernelle, directeur du magazine Le Point, vole à son secours.

Pauvre président français attaqué de toute part parce qu'il a osé dire de façon franche et directe que "l'on met un pognon de dingue dans les minima sociaux". Heureusement tadada jeudi 14 juin au matin sur France inter, Etienne Gernelle, directeur du magazine Le Point, vole à son secours.

Les dépenses publiques sociales en France c'est 714 milliards d'euros ! Non mais vous vous rendez compte 714 milliards (c’est pas moi qui le répète mais le pédago-sauveur de Jupiter au cas où on n’aurait pas compris l’astroooooonomité de la somme).

Et de s’écrier presque hilare : "Si ça c'est pas un pognon de dingue il faudra qu'on m'explique ce qu'est un pognon de dingue."

Sidération ! Mais oui c'est vrai ça merde, il faudra qu'on m'explique...

 Pas Etienne Gernelle en tout cas.

Asséner un gros chiffre (et quelques autres derrière mais je vous en fais grâce) ça suffit comme explication. Une grande leçon de pédagogie…

Bon déjà il faudrait écouter un peu mieux son mentor car ce n'est pas tout à fait des « dépenses publiques sociales » dont il parlait le sieur Macron mais… des minima sociaux.

C’est que notre M. Gernelle, il fait un copier-coller d’une info de l’INSEE + un article de 2014 des Échos et hop que je te balance tout ça sur les ondes et le tour est joué.

Alors bon sang de quoi on parle en fait ?

Les « dépenses publiques sociales » ce sont les retraites et la santé (dont tout le monde bénéficie et qui comptent pour 2/3 dans le chiffre astronomique dont parle Gernelle). Les minima sociaux (minimum vieillesse, RSA, allocation adulte handicapé...) c’est 27 milliards (1). 

 Ce qu'il ne dit pas le pédago-sauveur de Jupiter c'est que toutes ces "dépenses sociales" (euh pardon « minima sociaux ») et bah, pfffft elles (ils) repartent illico dans l'économie réelle. C’est-à-dire que cet argent sert à payer le loyer, l'électricité, le gaz, acheter du pain, des paquets de pâtes, de riz, des fournitures scolaires pour les enfants, etc. Pas dans les paradis fiscaux ou dans les poches des actionnaires (vous pensez bien qu'avec 450 € de RSA, on a pas vraiment les moyens d'épargner).

Et ce dont il ne parle pas non plus le m’sieur Gernelle, c'est de la fonction redistributive des aides sociales.

Grâce à elles, 4,9 millions de personnes sont sorties de la pauvreté en 2014 (2) . Mais oui, les prestations sociales en France contribuent à la réduction des inégalités à plus de 65%.(3).

Et cerise sur le gâteau enfin, gros caillou dans la chaussure du Point : grâce à nos prestations sociales (elles, toujours !), la France a un taux de pauvreté l’un des plus bas en Europe (13,6%) surpassant le moooooo-dè-le allemand (16,6% malgré la baisse du chômage) (4).

Si ça ce ne sont pas des infos de dingue... il faudra qu’on m’explique ce que c’est qu’une info de dingue !

 

(1) http://www.atterres.org/sites/default/files/Contre%20Rapport.pdf

(2) Alternatives Économiques, 13/06/18, "Le modèle social est bel et bien efficace"

(3) source INSEE 2016 dans un article de Médiapart : "Dépenses sociales le gouvernement se soucie moins d'efficacité que d'économies"

(4) https://www.inegalites.fr/IMG/pdf/notes_de_l_observatoire_-_etat_de_la_pauvrete_en_france.pdf

 

 

 

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