Après Nicée, tous les conciles du IVème siècle (1) généralités

Histoire de l'établissement de la christianistion IVème siècle : quand et comment un certain christianisme s'est emparé du monde

    Dans pratiquement tous les manuels courants parlant du christianisme du IVème siècle, deux conciles sont racontés, les deux premiers conciles œcuméniques (1), Nicée en 325, convoqué par Constantin, et Constantinople en 381, convoqué par Théodose. Ces deux conciles établissent les deux premiers dogmes de la religion chrétienne, la consubstantialité du Fils et du Père, la Trinité, à quoi s’ajoute la rédaction du Credo que nous connaissons.
    Tout est présenté dans ces manuels comme si ces deux conciles avaient été les seuls et surtout comme si les décisions qui y furent prises avaient été suivies d’effets. En réalité, Nicée n’est pas la fin de l’arianisme, mais plutôt son début et les décisions prises loin de résoudre les querelles mettent plutôt le feu aux poudres.
    Nous allons voir cette suite de conciles que l’on peut comparer comme les conséquences du concile de Nicére. Tous n’ont pas la même importance, la même extension, le même décorum, le même déroulement. Aujourd’hui, on divise les conciles en quatre catégories et on distingue, notamment, conciles et synodes. Tel n’était pas le cas à l’époque et d’ailleurs les deux termes sont synonymes, l’un grec, l’autre latin.
    La catégorie principale a reçu le nom de « concile œucuménique », ce dernier terme signifiant « ce toute la terre habitée ». Nicée (325) et Constantinople (381)sont les deux premiers conciles œcuméniques. Mais ils sont loin d’être les premiers rassemblements de responsables chrétiens. Le premier concile connu aurait été celui de Jérusalem, dans les années 50, réunissant notamment Pierre et Paul.. Mais les deuxième et troisième siècles en comptent beaucoup, tenus un peu partout dans l’empire.
    Quant à ces deux premiers dits « œcuméniques « , ils sont tout sauf conformes au sens étymologique du terme puisque, aussi bien à Nicée qu’à Constantinople, les représentants des chrétiens de l’empirent d’Occident sont extrêmement minoritaires. Les participants ne savent pas que leur réunion serait « œcuménique ». En revanche, ils savent que le concile est important quand ils sont nombreux, que la réunion a été ordonnée par l’empereur, lequel, le cas échéant, les honore de sa présence. 
    Les nombreux conciles du IVème siècle présentent des caractéristiques très variées. Plusieurs autres que Nicée et Constantinople ont été ordonnés par l’autorité impériale, mais non pas tous. Il arrive qu’un évêque, ou un groupe de chrétiens en prennent l’initiative, mais ils en demanderont généralement l’autorisation à l’empereur. Comme la querelle arianisme n’a nullement été réglée à Nicée, contrairement à ce que l’ « histoire normale » dit, elle est à l’origine de la plupart des conciles du IVème siècle. Il arrive que deux conciles se tiennent en même temps, et éventuellement dans le même site géographique, ou deux sites proches, réunissant l’un les ariens (et anti-nicéens), l’autre les nichées ( et anti-ariens).
    Les quatre catégories de conciles établies ultérieurement par l’historiographie sont les suivants :
    1° Les conciles œcuméniques.
    2° Les conciles généraux.
    3° Les conciles nationaux ou patriarcaux.
    4° Les conciles régionaux ou locaux. 
    Nous ne tiendrons pas compte de cette classification dans le survol qui suit, puisqu’elle n’existait pas à l’époque.

(À suivre)


(1) On compte 21 conciles œcuméniques. Vatican II (1962-1965) fut le dernier. Le 20ème était Vatican I (1869-1971) qui prononça le dogme de l’infaillibilité pontificale et, pour trouver le 19ème, il faut remonter au Concile de Trente (1545-1653), qui fut la réponse de l’Eglise catholique au protestantisme naissant. Les huit conciles œcuméniques tenus au premier millénaire furent tous convoqués par les empereurs.

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