Congo : "Le distributeur de billets de banque" vient faire son cirque écologique...

Si Denis « la mallette » est devenu infréquentable, il peut malgré tout encore compter sur de bons lobbyistes à Paris, en tout bien tout honneur, assure-t-on : « on flirte mais on ne couche pas ! » comme le disait élégamment Jean Yves Le Drian ,l’actuel ministre français des Affaires étrangères… Mais le Plus Grand Corrupteur Africain (PGCA) est là !

Sassou-NGuesso  » le distributeur de billets de banque » vient faire son cirque écologique au Président Macron

  • Le tyran Sassou et le Président Macron le 12 octobre 2018 à Erevan

« De la terre heureuse tu as fais ton enfer. » Shakespeare Richard III

Le dictateur congolais repassera par Paris, pour quelques jours à partir du 2 septembre prochain. Le putschiste multirécidiviste sera reçu par le Président Macron, à l’Elysée, le lendemain. Ce dernier n’a vu le jour qu’à la fin 1977, année des assassinats des présidents Marien N’gouabi, Alphonse Massamba-Debat et du Cardinal Emile Biayenda, à l’origine du pouvoir de son visiteur. Alors, au sortir du brillant G7 de Biarritz, marqué par son indéniable volonté d’avancées diplomatiques et de recherche de solutions innovantes, se retrouver face au symbole préhistorique de la Françafrique et de ses  encombrantes casseroles, cela apparait en totale contradiction avec l’image qu’il a voulu donner de lui et du pays qu’il dirige, lors de ce sommet !

Si Denis « la mallette » est devenu infréquentable, il peut malgré tout encore compter sur de bons lobbyistes à Paris, en tout bien tout honneur, assure-t-on : « on flirte mais on ne couche pas ! » comme le disait élégamment Jean Yves Le Drian ,l’actuel ministre français des Affaires étrangères…

Pourtant, c’est le pire ami que l’on puisse avoir et cela vaut avant tout pour la France. Dernièrement, révélé, honteusement à demi-mots par Le Figaro) la France, et l’Europe avec elle, ont perdu la prépondérance sur l’institution de Washington. L’acquis des accords de Bretton Woods a été définitivement détruit par le désordre que Denis «les mallettes » y a semé, d’abord sous l’ère de Dominique Strauss Kahn, puis contre toute attente avec Christine Lagarde. Le « Bureau de l’éthique » et celui des « Affaires internes » du FMI, alertés d’abord sur les dérives de Yaya Moussa pour le PPTE, les ont glissées sous le tapis ; elles y ont été rejointes par les travers répétés, dans la recherche d’un accord pour un emblématique Plan de sauvetage. Finalement le couperet est discrètement tombé : les USA ne laisseront plus un Français à la tête du Fonds Monétaire International ! Aucun autre média que Le Figaro n’a soulevé ce problème.

L’institution washingtonienne, à l’esprit WASP (White Anglo-Saxon Protestant) toujours fortement ancré depuis sa création, s’est longtemps mordue les lèvres et a laissé faire, sans rien dire, les dérives latines conduites par les équipes de DSK dans le dossier congolais du PPTE ; notamment la surévaluation de près de 2 milliards de dollars des paiements effectués en faveur des Fonds vautours américains, dont l’administration du FMI avait reçu de ces derniers et notamment du puissant créancier Elliott, les justes montants qu’ils étaient en droit de réclamer. Le riche Congo d’alors qui voulait se faire passer pour pauvre pour bénéficier du PPTE avait multiplié par 6 ou 7 fois les montants qui avaient été payés aux Fonds Vautours. Ces chiffres avaient été acceptés par le FMI de DSK et de Yaya Moussa, mais où était passé l’argent de la différence ?

Puis, à partir de 2016, toujours à cause du Congo de Sassou Nguesso pour son plan de sauvetage, les dérives des équipes de Christine Lagarde qui avaient péché dans un travers contraire, la sous-évaluation de la dette congolaise ; notamment avec les créances des traders Glencore et Trafigura, pour un montant de près de 2 milliards de dollars également. Le Congo pauvre était obligé de maquiller ses comptes pour cacher le désastre de la mauvaise gestion et l’ampleur de la corruption du système. Et toujours la même question : où est passé l’argent ?

 La nomination de la Française Christine Lagarde pour la succession de Mario Draghi à la tête de la BCE avait été annoncée le 2 juillet mais ne saurait effacer sa responsabilité dans l’accord honteux du FMI, dix jours plus tard, pour le plan de sauvetage de Denis Sassou Nguesso bien plus que celui de la République du Congo. La blanche colombe par son accord, a donné raison au tyran congolais qui se vantait : « Christine ne peut rien me refuser ! » Quinze missions s’étaient rendues à Brazzaville pour négocier avec des représentants véreux ; pour la plupart à l’image d’un Gilbert Ondongo, ministre de l’économie et ex-ministre des finances, épinglé pour corruption au Portugal avec José Veiga et de son acolyte Jean-Jacques Bouya aux Grands Travaux au service de la Chine, bien prospère avec un magot de plusieurs milliards de dollars planqués à Macao.

Pas une tête gouvernementale n’est tombée, pas un membre de la famille du kleptocrate n’a été inquiété ; pas la moindre concession démocratique ni le moindre prisonnier libéré. Pour conclure un accord, il a fallu néanmoins tout le savoir-faire et l’expérience d’un nouveau chef lors des dernières missions : Alex Ségura. Il est vrai qu’il s’était retrouvé, en quittant son poste de Dakar, le 25 septembre 2009, dans une malheureuse affaire de mallette, bourrée d’argent…

Meilleur ami de la Chine en Afrique, alors que le Président français tente d’organiser la résistance contre l’avancée de Pékin sur le continent africain, le dictateur organisera dès son retour au Congo, du 10 au 12 septembre, un forum « Investir en Afrique » avec  la République Populaire de Chine à travers la Banque de développement de Chine et le ministère chinois des Finances ; afin de favoriser les investissements public-privés des partenaires chinois pour la plupart.

C’est dans ce contexte franchement nuisible, insincère et inamical que Denis Sassou Nguesso va rencontrer le président Macron pour solliciter sa contribution financière dans le Fonds Bleu. Personne ne connait encore le montant de la participation de la Chine à sa tentative d’extorsion de fonds, au prétexte de la sauvegarde de l’environnement dans le Bassin du Congo, dont la plus grande partie se trouve de l’autre côté du fleuve, en République Démocratique du Congo.

Denis « les malettes » a déjà beaucoup reçu de la France, plus que tout autre pays ou dirigeant, africain. Une générosité supplémentaire à son égard ne sera pas une garantie d’un meilleur comportement de sa part ni envers ses populations, ni envers ses partenaires. Bien au contraire ! Et comme il ne tient jamais ses promesses, qu’il exécute d’abord ce que l’on attend de lui avant que toute demande soit satisfaite.

Ce pouvoir qui a fait sombrer tous les espoirs de réel développement du peuple congolais et qui l’a totalement appauvri, a été créé, il y a 41 ans par un duo Chirac/ELF ; l’âge du Président Macron ! Il est temps d’évaluer tous les dégâts qu’il a causés ! A tous, y compris à la République française ! En espérant que ce Président qui a l’âge de nos souffrances ne fera pas mentir Abraham Lincoln qui disait : « Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps ! »

Rigobert OSSEBI

(Extrait de www.congo-liberty.com)

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