Congo : Un cadeau de 500 millions de dollars à Yaya Moussa du FMI

L’ex-Représentant Résident du FMI au Congo-Brazzaville de 2005 à juillet 2009 est devenu l’exemple le plus apparent de l’affairisme douteux de hauts fonctionnaires internationaux au Congo ; notamment du fait de sa participation dans le permis EX-PNGF Secteur Sud et dans le champ de LOANGO II.

Un cadeau de 500 millions de dollars à Yaya Moussa l’ancien Représentant-résident du FMI à Brazzaville

 

Par Rigobert OSSEBI

Dès le lundi 6 mai, trois experts du FMI séjourneront durant une semaine à Brazzaville, pour les derniers réglages. En principe la messe est dite. Le plan de sauvetage du Venezuela africain aura lieu à la fin juin. La Chine a fait quelques concessions. Les corrompus partout où ils se trouvent resteront en poste ; les prisonniers en prison et tous les mécontents n’auront rien que les habituelles promesses que le pouvoir dictatorial prodigue depuis une quarantaine d’années…

Global Witness sèmera le trouble à Washington

Sauf peau de banane de dernière minute, le FMI de Christine Lagarde se soumettra au diktat des mafieux de l’internationale de la grande corruption. Cependant, il est vrai qu’à Washington, au siège du Fonds qu’elle dirige, l’affaire de l’acquisition, par Claudia Sassou Nguesso avec José Veiga comme homme de paille, d’un appartement dans la Trump Tower à New-York n’a pas réjoui les hauts responsables du dossier Congo-B. Le pire en a été la dénonciation par GLOBAL WITNESS, le 10 avril dernier, auprès de la Chambre des Représentants et du Sénat américains . Leur très probable enquête ne manquera pas d’examiner méticuleusement les liens de l’homme d’affaires (troubles) portugais avec son (ex) associé dans Kontinent LLc enregistré au Delaware, le non moins chevronné Yaya Moussa.

Des champs pétroliers qui sentent le souffre

L’ex-Représentant Résident du FMI au Congo-Brazzaville de 2005 à juillet 2009 est devenu l’exemple le plus apparent de l’affairisme douteux de hauts fonctionnaires internationaux au Congo ; notamment du fait de sa participation dans le permis EX-PNGF Secteur Sud et dans le champ de LOANGO II. Dans ce dernier, la gêne de ses associés est tellement palpable que légitimement on peut se demander si c’est la SNPC qui ment à ses partenaires (et au FMI) en déclarant une participation de 42,5% pour TOTAL et de 5% pour Kontinent Congo du Camerounais Yaya Moussa ; ou si c’est le Groupe TOTAL qui ment à ses actionnaires en déclarant une participation de 50% alors que ses associés déclarent SNPC 10% et ENI 42,5% soit un total de 102,5% sur le même champ… ?

Il est vrai que pour tout autre pays que le Congo, une très sérieuse enquête aurait été diligentée. Etonnante trajectoire d’un fonctionnaire international auprès d’une institution chargée de veiller à la transparence des affaires et des comptes publiques. Résident aux USA dans le Maryland, de nationalité camerounaise (donc automatiquement exclu de la disposition favorable au contenu local), propriétaire à 100% de Kontinent Congo (société anonyme de droit congolais) comment Yaya Moussa a-t-il pu bénéficier de cette incroyable participation de 10% dans des champs dont les réserves récupérables prouvées pour les seuls Tchibouela et Tchendo s’élèvent à 345 millions de barils ? La pratique dans l’industrie pétrolière est d’acheter les réserves en production à un prix de $15-20/bb. Les 10% accordés à l’ancien Représentant-résident du FMI représentent l’équivalent en CASH d’un cadeau de plus de 500 millions de dollars et au moins du double si le choix de l’association dans l’exploitation est maintenu durant une dizaine d’années.

Une source de financement crédible n’a jamais été mise en avant par le chef d’orchestre des faux qui ont servi à l’obtention du programme PPTE. Avec José Veiga, son ex-associé dénoncé par Global Witness, il ne lui restera plus qu’à répondre à la justice américaine, qui sera copieusement alimentée par les lanceurs d’alerte bien connus, pour se défendre des accusations qui pèsent déjà sur eux

PERENCO opérateur pétrolier favori des associés douteux

Lors du premier tour du 14 juillet 2015, pour le renouvellement du permis EX-PNGF Secteur Sud, TOTAL en était l’opérateur. Sous les pressions diverses et variées dont les dénonciations aux USA auprès de la SEC, la belle affaire a été cédée à PERENCO, comme d’habitude qui s’est retrouvé opérateur auprès d’associés tels que Yaya Moussa, Denis Gokana et l’illustre inconnu propriétaire de Petro Congo ; un véritable panier de crabes de personnes politiquement exposées. Le 30 avril dernier son PDG, François Perrodo a été reçu par Denis Sassou Nguesso à Brazzaville. La satisfaction était grande, la production du champ de Likouala, (ex-Likouala SA très chère à TOTAL et à DSN, reprise par PERENCO est remontée à 30.000 barils/jour. La société créée par Hubert Perrodo, qui dépasse maintenant les 80.000 barils/jour au Congo avec une bonne partie en association avec CongoRep (51% PERENCO, 49% SNPC) milite déjà pour le renouvellement de la licence du champ Emeraude qui arrivera à expiration en 2020.

Seule ombre au tableau, la part d’ENI est revenue au Norvégien HEMLA ; un partenaire au personnel peu habitué aux pires magouilles environnantes, dont il ne cesse de se plaindre. La part d’HEMLA (20%) couvrirait, dans une moindre portion que celle de Yaya Moussa, un pourcentage pour un ex-haut cadre du FMI très actif dans le plan de sauvetage en cours d’obtention… Mystère qui pourrait-il bien être … ?

Exemples à suivre : Public Eye Suisse et Global Witness

Pour terminer dans l’énumération des petites et grandes corruptions pétrolières, car il est évident que la justice aux USA ou dans quelques pays européens (France, Italie, Suisse, Norvège) finira par s’en saisir, impossible de ne pas citer et ne pas louer la capacité de nuisance que représentent ces deux ONG. L’appartement de Claudia Sassou Nguesso est un exemple très marquant. D’autres affaires verront le jour plutôt tôt que tard. Public Eye Suisse vient de déposer l’équivalent d’une plainte contre le Crédit Suisse pour son rôle dans la « dette cachée » du Mozambique. Il est tout à fait possible d’envisager une collaboration pour des procédures équivalentes dans de nombreuses affaires en relations avec la Suisse ou pas ; des banquiers, des traders, des lobbyistes ou d’autres intervenants bénéficiaires de largesses outrancières du pouvoir de Brazzaville. Aux USA, il serait permis d’intervenir judiciairement dans des procédures qui visent le crime en bande organisé (Action RICO). A ce motif de criminalité organisée, la Cour Suprême du Canada avait rejeté les demandes de visa de Wilfrid Nguesso. Ce dernier, avec frères et sœurs (cousines et cousins) devraient recevoir dans les prochaines heures leurs convocations par la justice française dans l’affaire des BMA.

La justice passera… !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de www.congo-liberty.com)

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