Congo : La multiplication des petits pains

Le Congo de Sassou rime avec celui des années 1970 à 1990 où la gouvernance de la République et de l’Etat était à pas de charges des slogans comme « Le parti dirige l’Etat », « l’homme des masses », « l’homme des actions concrètes », etc. Aussi, maintenant, à défaut des slogans, on invente et multiplie les institutions qu’on distribue comme des petits pains aux copains et coquins…

La multiplication des petits pains

Le Congo de Sassou rime avec celui des années 1970 à 1990 où la gouvernance de la République et de l’Etat était à pas de charges des slogans comme « Le parti dirige l’Etat », « l’homme des masses », « l’homme des actions concrètes », etc.

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Depuis son retour au pouvoir dans les mêmes conditions que dans les années 1970, l’homme semble oublier que le Congo n’est plus à l’ère du monopartisme. Et pourtant, ça en a tout l’air au regard des comportements et autres pratiques des gestionnaires claniques. Certes, on peut changer de vestes, de chemises ou de costumes, mais le corps qui les porte reste le même.

Aussi, maintenant, à défaut des slogans, on invente et multiplie les institutions qu’on distribue comme des petits pains aux copains et coquins…

Ainsi, il y a eu par exemple la création de la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption dont l’installation n’a toujours pas vu le jour. Elle ne presse pas parce qu’elle vise les menus fretins et les gros poissons des Clans au pouvoir et du pouvoir. Car, la mettre en place et surtout la faire fonctionner, c’est frapper les gros poissons visés par Sassou Nguesso, comme :

  • Denis Christel Sassou Nguesso
  • Claudia Sassou Ngesso
  • Julienne Sassou Nguesso
  • Tous les enfants Sassou Nguesso
  • Tous les enfants Maurice Nguesso
  • Tous les autres membres du Clan des Sassou & Nguesso
  • Albert Ngondo, 69 ans, devant depuis longtemps être admis à la retraite
  • Monique Issongo Mboulou, épouse du ministre Mboulou
  • Honoré Noël Yandouma
  • Marcel Dimi, DG de la dépense au Trésor public
  • Jean-Alfred Onanga, cousin de Jean-Dominique Okemba, le patron des services secrets
  • Nicolas Okandzé, DG du budget depuis les années 2000
  • Léopold Molomba, retraité depuis sept ans, mais toujours DG du contrôle budgétaire
  • Antoine Ngakosso, 61 ans, etc.,

pour ne citer qu’eux (Cf. La Lettre du Continent), sans parler des ministres et autres apparatchiks du système clanique mafieux…

Mais, au-delà de cette institution tant attendue qui ne verra certainement jamais le jour et qui risque de mettre en danger tous les membres du clan des Sassou & Nguesso – ce que nul ne souhaite d’ailleurs -, on a vite fait de pondre une autre, une Commission, celle-là, qui consiste à lutter contre la prolifération des armes. En prévision de 2021.

Dernière née après celle contre la corruption, celle-ci va être prioritaire, car il y va de la sécurité du pouvoir menacé par les hordes des rescapés des guerres successives dans le département du Pool. C’est le prétexte trouvé pour justifier la suite…

Prolifération des armes…

A entendre l’expression, on a l’impression qu’il y a dans la région du Pool des individus qui importent des armes en provenance de toute part et que des magnats s’y sont installés pour le business. Ceux qui accusent ou indexent, à savoir les Sassou and Nguesso, oublient ou font semblant d’oublier que ce sont eux-mêmes qui sont les plus gros importateurs d’armes de guerre et de destruction massive. De toutes les façons, ils se croient être un Machiavel.

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En effet, l’expression « prolifération des armes » n’est pas mal trouvée. Parce qu’il faudra, à un moment ou un autre, procéder au ramassage de toutes les armes disséminées dans toutes les maisons de la zone Nord du Congo, à commencer par Brazzaville pour finir dans la Cuvette, notamment à Oyo, Edou, Tchambitcho, Ollombo, etc. Les milices privées du Clan des Sassou & Nguesso, les Cobras, n’ont jamais rendu les armes que Sassou Nguesso et Oba Pierre leur avaient remises. Jamais !

Cependant, en dépit de ce qui précède, ce qui préoccupe l’imposteur de Mpila, c’est comment rester au pouvoir après 2021, car il n’a pas envie de partir, de quitter ce pouvoir « acquis de haute lutte » (sic), au prix du sang des autres, celui des populations de la région du Pool qui sont considérées comme une espèce d’animaux non protégés, c’est-à-dire leurs lapins sur lesquels, impunément, ils tirent matin, midi et soir, et où Sassou Nguesso commet un génocide qui ne dit pas son nom, depuis 1998.

Pour ce faire, il invente « la prolifération des armes ». Elle se passe où cette prolifération des armes ? A votre avis, c’est où s’opère-t-elle ? C’est dans la région du Pool, pardi !

Ainsi, le moment venu, comme il ne pourra plus se servir de Ntumi pour assurer et continuer le nettoyage et l’épuration ethniques des Kongo/Lari dans la région du Pool, cette fois-ci, « M. Propre-au-goût-du-sang » enverra ses Cobras et autres mercenaires pour en finir avec la « prolifération des armes » et aller ramasser ces fameuses armes qui prolifèrent dans la région du Pool.

Voilà une autre raison de guerre aux seules fins d’éviter les élections présidentielles pour cause d’insécurité, et enfin continuer l’extermination des résidus des Kongo/Laris : le grand nettoyage en vue du grand remplacement… La solution finale !

Ceci dit, les amis, rassurez-vous, il n’y aura pas d’élections présidentielles en 2021. La Commission « Prolifération des armes » sera là pour justifier cet empêchement. Car une autre guerre est en perspective pour perdurer au pouvoir ! Le prétexte est tout trouvé.

Ce sera aux Mbochis, tous les Mbochis, et tous ceux des autres régions et pays qui y participent activement, ou leur prêtent main forte, d’en porter toute la responsabilité si, ce coup-ci, ils ne lèvent pas leur petit doigt et, comme un seul homme, ils ne disent pas : "STOP, CA SUFFIT !"

Fait, le 2 novembre 2019

Le Secrétariat Général de l’Association UNION-CONGO

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