Congo : corruption et vol élevés en valeurs cardinales, le FMI en petit sauveur !

En 2017-2018, une équipe de compatriotes congolais vivant en France, aux USA, et Canada avait fourni des efforts louables pour dire aux administrateurs (les mêmes qui vont se réunir le 11 Juillet) les dommages – ô combien nombreux – d’accorder des facilités de crédits au régime de Brazzaville. Ils avaient été en partie entendus...

CONGO-BRAZZAVILLE : CORRUPTION ET VOL ÉLEVÉS EN VALEURS CARDINALES, le FMI en petit sauveur !

Note : Ce texte est en quelque sorte une suite à celui publié Vendredi 5 Juillet et écrit par Rigobert Ossebi sur Congo-Liberty.

Donc, ça y est ! La fête a déjà presque commencé dans certains « bons coins » de Brazzaville et dans certaines régions du Congo. Mpila et Oyo en tête.

Le Jeudi 11 Juillet 2019, les administrateurs du Fonds Monétaire International (FMI) – avec l’américain David Lipton comme directeur par intérim – vont donc se réunir à Washington DC aux USA pour décider d’accorder des facilités de crédit et donc d’argent frais au régime du Congo Brazzaville, pays dit-on très pauvre et déjà très très endetté.

Certains observateurs non-initiés aux questions capitalistiques voudraient encore croire à un sursaut du « bon sens des hommes et femmes du FMI – en majorité Blancs », hommes et femmes sensés et bien éduqués  pour faire valoir leur sens de l’humanisme profond et leurs valeurs et ne pas octroyer cet argent aux dirigeants « rapaciers » du Congo Brazzaville. Mais la réalité des faits est hélas toute autre. La logique réelle du capitalisme qui régit le fonctionnement du Fonds Monétaire ne rime pas avec les aspirations des peuples pour lesquels ces crédits sont sensés sortir de la pauvreté. L’essence du capitalisme est le PROFIT. On investit le CAPITAL pour espérer en tirer profit de façon substantielle, peu importe les conditions de génération de ce profit.

Avant de continuer, voici quelques questions de bon sens que nous voudrions bien poser aux administrateurs du FMI.

Depuis plus de 40 ans, le Congo-B est un pays où la CORRUPTION et le VOL des deniers publics ont été élevés en valeurs, surtout par les dirigeants politiques et donc par voie de conséquence par toutes les couches sociales de ce pays.

Question 1 : Quel est le changement opéré par les dirigeants politiques du Congo ces derniers mois pour prouver que les valeurs de CORRUPTION et de VOL ont été diminuées – même à hauteur de 5% de ces niveaux hautement insoupçonnés ? (Le catalogue des bonnes intentions présenté par le régime pour la bonne gouvernance est un bluff connu de belle lurette dans ce pays.)

Question 2 : Quelles sont les garanties données par les dirigeants politiques du Congo-B que ces fonds qui seront versés à eux sous peu seront gérer dans le sens de soulager les conditions de vies misérables des populations du Congo ?

Question 3 : Quels sont les projets réels et sincèrement évalués et présentés au FMI par le pouvoir de Brazzaville pour permettre le décaissement de ces fonds ?

Ou pourrait multiplier des questions du même genre, mais aucune réelle et concrète ne viendra soulager les consciences de la grande masse des populations pauvres de ce petit pays.

Revenons donc au PROFIT. Le Congo-B est un pays naturellement riche et encore physiquement non exploité dans sa grande partie. Donc un pays potentiellement viable et rentable. Les capitalistes du monde entier, et donc du FMI, le savent. Donc accorder du crédit au Congo-B pour les administrateurs du FMI est un jeu d’enfants car ils savent que tôt ou tard, le profit se générera de ces crédits.

Pour faire bref, le régime de Brazzaville aura bientôt des milliards de dollars, donc des tonnes de milliards de francs CFA à sa disposition dans quelques semaines ou mois. Au vu de la crise multi-dimensionnelle (financière, politique, sociale, etc.) qui plombe ce pays depuis des années, le clan Sassou et leurs affidés attendent avec impatience cet argent frais – comme une fiancée attend son fiancé – pour colmater certaines brèches et pour enfumer une fois de plus les Congolais ; Et surtout pour continuer à voler et à corrompre en utilisant cet argent frais. Peu importe les conditionnalités que pourront imposer les décideurs du FMI.

Et pourquoi ce régime se soucierait-il des conditions du crédit, puisque ni la tête du régime ni les bandes autour ne seront là, au moment où les capitalistes exigeront le remboursement de l’argent. Les fardeaux du remboursement de ces dettes – comme celles contractées auprès des partenaires bilatéraux (Chine, France) ou multilatéraux (FMI, Banque Mondiale, Club de Paris ou de Londres, BAD, etc.) – seront transmis de façon cynique aux générations futures.

En 2017-2018, une équipe de compatriotes congolais vivant en France, aux USA, et Canada avait fourni des efforts louables pour dire aux administrateurs (les mêmes qui vont se réunir le 11 Juillet) les dommages – ô combien nombreux – d’accorder des facilités de crédits au régime de Brazzaville. Ils avaient été en partie entendus. Ces frères et sœurs n’ont certainement pas baissé la garde, mais les moyens lourds de tous types (y compris de « séduction physique ») dont les dirigeants de Brazzaville disposent pour faire courber la balance en leurs faveurs face aux décideurs du FMI sont à la manœuvre. Ces crédits tant attendus seront donc bientôt à leur portée.

En début du mois de mai de cette de cette année, l’accord entre le FMI et le Congo était déjà sur les rails. La condition principale – à savoir le quitus de la Chine qui a accepté la restructuration de la dette congolaise – alors les rêves et fantasmes des dirigeants de Brazzaville vont se concrétiser.

Lire ici : http://www.rfi.fr/afrique/20190510-congo-brazzaville-vers-accord-fmi-dette

Avant de terminer, nous voudrions reformuler une des questions ci-haut posée aux décideurs du FMI : quelles sont les garanties que donnent ce régime pour la bonne gouvernance et par voie de conséquence la bonne gestion de ces fonds ?

Ce régime à la tête duquel est monsieur Sassou Nguesso a littéralement échoué dans les domaines clés de construction d’un pays, et ce depuis toujours. Le Congo-B a eu des entrées financières en pic (1997-1994) grâce à la rente pétrolière jamais connues depuis les années des indépendances. Les administrateurs du FMI peuvent-ils questionner le régime pour savoir où est cet argent ? Les enquêtes (relatives au Panama papers) menées par des consortiums de journalistes internationaux ne sont pourtant pas des secrets d’Etat (lire ici https://blogs.mediapart.fr/jecmaus/blog/090518/congo-brazza-les-comptes-secrets-du-clan-sassou) et personne au FMI ne nous dira que toutes ces informations sont des inventions fortuites pour nuire aux « bons dirigeants » de ce pauvre pays. (voir aussi https://mondafrique.com/congo-les-panama-papers-publient-les-comptes-des-congolais/)

En 2009-2010, alors que le Congo encaissait des sommes colossales d’argent grâce aux pics des prix du pétrole brut, le FMI, sous la houlette du corrompu administrateur Moussa Yaya et de son directeur français Strauss-Kan Dominique (devenu « ami » de Sassou Nguesso), accordait un effacement de dette du Congo-B. Dix ans après, le FMI a-t-elle demandé des résultats probants de cette opération ?5On voudrait que les équipes que dirigent aujourd’hui le directeur intérimaire du FMI, l’américain David Lipton, répondent à ces questions basiques, même si nous savons que nos questionnements ne vont pas arrêter la logique du capital à s’imposer.

Bissa Bô.

(Extrait de www.congo-liberty.com)

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