(Congo-Brazzaville) A propos des cotisations statutaires de l'OPEP

Devant son insolvabilité et la banqueroute qui frappe le pays, le gouvernement congolais ferait-il du troc avec les entreprises pétrolières opérant sur son territoire, pour payer ses cotisations à l'OPEP ? Liquidité contre barils de pétrole à prendre à la source ? Du TROC, rien d'autre !

CONGO BRAZZAVILLE : A PROPOS DES COTISATIONS STATUTAIRES DE L’OPEP

Modeste Boukadia - Congo Brazzaville

Modeste Boukadia, président du CDRC, Congo Brazzaville

Dans le cadre des accords conclus entre l’État de la République du Congo et l’OPEP le 22 juin 2018, le Congo Brazzaville s’était engagé implicitement à payer les cotisations Statutaires annuelles dues de facto à l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP).

Or, cette année, une lettre conjointe en date du 29 avril 2019 (documents joints) émanant du Ministère des Hydrocarbures ainsi que du Ministère des Finances et du Budget congolais donne injonction aux sociétés pétrolières :

  • Total E&P Congo
  • ENI Congo SA
  • Perenco Congo / Congorep
  • Wing Wah E&P SAU

le paiement de un million sept cent mille euros (1 700 000 €) par an au titre des années 2018 et 2019 directement à l’OPEP sans que ces fonds transitent via les finances de l’Etat congolais.

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Modeste BOUKADIA, Président du CDRC s’étonne d’une telle démarche qui semble être en violation des accords conclus entre l’État congolais et l’OPEP.

En effet, il incombe normalement à l’État de provisionner dans ses comptes publics cette dépense contractuelle de 1.700.000 € et la verser directement à l’OPEP.

Si l’État congolais ne le fait pas, non seulement il modifie de fait le budget du Congo, mais aussi les Congolais.es sont en droit de se poser la question de savoir dans quel but ? Doit-on comprendre que les comptes du trésor public congolais sont poreux ou sont sous séquestre ?

N’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt d’un déficit abyssal ? Pourquoi une telle pratique ?

On est en droit de s’interroger sur les accords conclus d’une part entre la République du Congo et l’OPEP et d’autre part entre l’État congolais et les sociétés pétrolières !

Que cache au Peuple Congolais cette énième entorse au fonctionnement régulier de l’Etat en matière de comptabilité publique ?

Ce procédé permet donc de diminuer en valeur absolue le montant des dépenses publiques ! Mais quelle en est la finalité : cacher au FMI cette dépense ?

Est-il utile de rappeler que le FMI avait sommé le Congo-Brazzaville, le mauvais élève d’Afrique centrale, d’ouvrir ses comptes ? (Le Monde Afrique et AFP du 21 décembre 2017, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/12/21/le-fmi-somme-le-congo-brazzaville-mauvais-eleve-d-afrique-centrale-d-ouvrir-ses-comptes_5233055_3212.html). Face à cette situation le FMI avait reporté sine die ses négociations avec le Congo Brazzaville (Jeune Afrique du 07/08/2018 : https://www.jeuneafrique.com/611964/economie/congo-brazzaville-le-fmi-reporte-pour-la-sixieme-fois-lexamen-de-la-situation-economique-du-pays/) suite à ses turpitudes financières avec la Chine par rapport à la dette abyssale détenue à plus de 60% par la Chine et les traders (ADIAC du 09/08/2018 : http://adiac-congo.com/content/dette-exterieure-du-congo-la-chine-et-les-traders-detiennent-plus-de-60-87353).

La Gouvernance du Congo-Brazzaville devrait s’expliquer auprès des Congolais.

Modeste Boukadia
Tél : +33 6 62 92 95 40
Email : modeste.boukadia@cdrc-cg.com

Paris, le 07 mai 2019

SOURCE : https://cdrc-cg.com/2019/05/07/congo-brazzaville-a-propos-des-cotisations-statutaires-de-lopep/

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