[Congo-Brazzaville] L'ascension de Denis Sassou Nguesso : l'homme qui n'est jamais arrivé au pouvoir par les urnes

L'ASCENSION DE DENIS SASSOU NGUESSO :

L'HOMME QUI N'EST JAMAIS ARRIVE AU POUVOIR PAR LES URNES

(Extrait de JEAN-FRANCOIS PROBST : "Chirac, mon ami de trente ans", éd. Denoël, 2007, Paris).

 

M. Jean-François Probst qui, longtemps très proche de Jacques Foccart et de Jacques Chirac, à travers « Chirac, mon ami de trente ans », nous éclaire sur ce qui s'était passé réellement et sur ce qui se tramait, pour leur plus grand malheur, sur le dos des Congolais, et sur la tragédie que devait connaître le pays. A ce sujet, il écrit :

« (…) Jacques Foccart n'allait pas voir Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo, Abdou Diouf ou Abdoulaye Wade. C'était eux qui venaient rue de Prony.

(…) A cette époque, Jacques Foccart m'avait confié pour mission de m'occuper de Denis Sassou Nguesso, le président du Congo-Brazzaville. « Est-ce que vous connaissez Sassou ? » m'avait-il demandé. J'avais connu le dictateur-président, alors marxiste-léniniste « pur » et dur, en 1982. Je lui avais rendu visite avec Jérôme Monod, à propos de la gestion des eaux de Brazzaville. Nous avions été reçus par un homme en costume gris, austère. J'avais pris connaissance de son dossier au Quai d'Orsay…

(…) Après une première « révolte des jeunes gens », Sassou et ses amis avaient amené au pouvoir un premier président marxiste orthodoxe, Marien Ngouabi. Et un an plus tard, ils l'avaient éliminé. Selon le dossier du Quai, Sassou avait été l'exécutant. (…) Pendant toutes ces années, Denis Sassou Nguesso avait soutenu Chirac… A la suite de sa défaite à l'élection présidentielle de 1992, il était devenu un Africain en exil.

(…) « Est-ce que vous lui donneriez un coup demain ? » m'a demandé Foccart. J'ai donc aidé l'ancien président à partir de la fin 1995 jusqu'à son retour au pouvoir en 1997.

(…) Il (Sassou) n'était pas interdit de séjour là-bas, mais ayant tenu le Congo d'une main de fer, il ne supportait guère l'idée de revenir dans un pays « démocratique »… Et puis, il avait pris des goûts de luxe, ce qui l'avait fait évoluer idéologiquement.

(…) En sous-main, Jacques Foccart ne lui avait pas retiré sa confiance. Au contraire. J'ai donc préparé son retour médiatique, en janvier 1997…

(…) Les élections ont donné l'occasion du coup d'Etat. L'histoire officielle dit que le président Lissouba a engagé un char contre la villa de Sassou, en réalité il s'agissait d'une provocation montée de toutes pièces par la milice Cobra. Sassou était de l'autre côté du fleuve Congo, avec des jumelles. Le président Lissouba (…) et sa directrice de cabinet, Claudine Munari, n'ont pas compris ce qui était en train de leur arriver et ils ont été renversés. En juillet 1997, la guerre a commencé. Les combats ont duré tout l'été. J'ai aidé le clan Sassou à revenir là-bas. Et je lui ai trouvé des armes au mois d'août 1997, après le décès de Jacques Foccart, à la demande de Pierre Oba, le ministre de l'Intérieur… Il fallait trouver de l'artillerie. Je n'ai jamais été marchand de canons, mais j'ai aiguillé Oba vers un spécialiste à Monaco. Et le président angolais José Eduardo Dos Santos a aidé Sassou à donner le dernier coup de reins… »

C'est un aveu, une signature. Incontestables.

Alors, qui peut encore nier cette évidence ? On crie au "Révolutionnaire" et on tue, on assassine au nom de cette prétendue "Révolution", alors qu'on est un vendu.

En voici donc la preuve qui montre que Sassou est un criminel. Vous avez compris, Sassou n'aime pas la démocratie. Il préfère à la barbarie, la bestialité et l'ignominie.

 

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