(Congo-Brazzaville) Stevie Loïc Mayoussa, 15 ans, assassiné pour avoir brûlé des cachiers à l'effigie de Kiki Sassou Nguesso

STEVIE LOÏC MAYOUSSA, 15 ANS ELEVE EN 5e AU COLLÈGE DE L’UNITÉ DE DOLISIE A ÉTÉ TUÉ DIMANCHE MATIN, LE 6 DECEMBRE 2015 PAR DES POLICIERS QUI L’ONT RECONNU COMME FAISANT PARTI DE CEUX QUI AVAIENT REFUSÉ ET BRÛLÉ LES CAHIERS A L’EFFIGIE DE CHRISTEL SASSOU-NGUESSO.

KIKI SASSOU NGUESSO, n'est pas encore président, mais il fait déjà des victimes. Qu'en sera-t-il quand il succédera à son père, si cela devait arriver ?

STEVIE LOÏC MAYOUSSA 15 ANS , assassiné par la police congolaise le dimanche 6 décembre 2015 à Dolisie

STEVIE LOÏC MAYOUSSA 15 ANS , assassiné par la police congolaise le dimanche 6 décembre 2015 à Dolisie

STEVIE LOÏC MAYOUSSA, 15 ANS ÉLEVÉ EN 5e AU COLLÈGE DE L’UNITÉ DE DOLISIE A ÉTÉ TUÉ DIMANCHE MATIN, LE 6 DECEMBRE 2016  PAR DES POLICIERS QUI L’ONT RECONNU COMME FAISANT PARTI DE CEUX QUI AVAIENT REFUSÉ ET BRÛLÉ LES CAHIERS A L’EFFIGIE DE CHRISTEL SASSOU-NGUESSO.

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Rappelons que LOÏC est mort dimanche matin alors qu’il se rendait vers la gare de Dolisie pour réviser ses leçons comme d’habitude, et la police l’a reconnu parmi les élèves qui ont manifesté contre le don de fournitures scolaires offert par Denis Christel Sassou Nguesso, des fournitures que les élèves ont d’ailleurs brûlé, et donc la police s’est mise à le poursuivre après sommation, Stevie Loïc prit de peur s’est enfui et la police sans sommation a mitraillé le gamin qui en est mort.

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IL S’APPELAIT MAYOUSSA LOÏC STEVIE (en sigle MyLoSt)

IL S’APPELLERA DÉSORMAIS MY LOST SON, mon fils perdu, POUR TOUS les PÈRES DU CONGO

Voici ce qu’il aurait pu écrire à son père, c’est-à-dire vous et moi

 

"1. Papa, j’ai raté le trottoir, fauché de dos par une balle de Ndenguet

2. Papa, je suis resté à quai, tandis que les pages de mon livre s’éparpillaient au gré du vent des trains

3. Papa, j’ai séché les cours du lundi, parce que j’ai refusé d’écrire mon histoire sur les feuilles de Merde

4. Papa, j’ai raté le train de retour, retenu dans les geôles de Mpila, le temps qu’ils prélèvent mon sang, mais ils n’auront pas mon âme

5. À Noël, ne m’attendez pas à table, je dînerai à Oyo, où je m’inviterai aux agapes, peut-être même au menu, avec un peu de chance …

6. On me servira sûrement à la place du pauvre, pour la rédemption de leur âme

7. Mais SVP, laissez mon couvert au chaud, sait-on jamais ; je pourrais rentrer par le train de nuit appelé « Gazelle », pour trinquer en famille lorsque le jour se lèvera…

8. À la rentrée prochaine, de grâce, ne m’offrez pas de cahiers en cadeau, battez-vous plutôt pour restaurer la constitution ; faites-le en mémoire de moi, de Régis Batola, et de tous ceux qui sont tombés à Pointe-Noire, à Brazzaville, sur tout le territoire, sous les balles de la bête immonde !

9. À vous tous mes frères et sœurs par alliance, l’alliance du sang versé, frère de sang, frères de lumières ou frères de raison, avant que la chaîne des lacs d’amour ne se transforme en mare de sang, avec la complicité de votre silence, Levez-vous tous comme un seul homme, pour arrêter la bête qui m’a TUER, œuvrez tous ensemble, ici et maintenant, pour qu’un JOUR LE SOLEIL SE LÈVE au Congo… "

Signé : My Lost Son = Mon fils perdu

 

Jean-Noël Mabiala

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