(Congo) Tous pouvoirs à Bouya pour venger Sassou Nguesso de sa Bérézina parisienne…

Le ministre des Grands Travaux inappropriés, surfacturés, mal conçus et aux malfaçons systématiques afin de pouvoir détourner des milliards de dollars pour son compte personnel, se voit offrir une rédemption inattendue. Il est avant tout le grand coresponsable de la situation financière catastrophique...

Tous pouvoirs à Bouya pour venger Sassou Nguesso de sa Bérézina parisienne…

  • Sassou et son neveu Bouya , les 2 pillards du Congo-Brazzaville

Arrivé à Paris dans la nuit du 1er au 2 septembre, le dictateur congolais a quitté la capitale française également dans la nuit, celle du 5 au 6. L’option de rentrer au Congo 48 h plus tard avait été abandonnée dès son retour de l’Elysée, à un jet de pierre de son hôtel, à l’issue de sa réception catastrophique  voire, pour certains, insultante.

Après les rodomontades et faux-semblants du FMI de Christine Lagarde pendant près de trois  années, l’institution financière avait fini par capituler devant Korruptor 1er, son Altesse Sérénissime Denis Sassou Nguesso, le Roi de la Cuvette. Certes, sa grande amie « Christine ne peut rien me refuser » avait pris soin de démissionner quelques jours avant l’accord, qui était passé à minima ; seulement 44,9 millions de dollars d’acompte, et contre conditions (48) à remplir avant de libérer 400 millions de dollars à la fin de l’année courante.

Fort de cette victoire sans la moindre concession de sa part, Denis « la malette » pensait enfoncer le clou, dans la foulée, avec une visite à Paris qui avait été pour beaucoup dans cette victoire à Washington. Cela ne put se faire avant ce début septembre ; calendrier néanmoins favorable puisqu’il venait après la sortie du film « Le dernier poumon de la terre » de Yamina Benguigui, un temps proche d’Emmanuel Macron, et les incendies qui consumaient les forêts amazoniennes.

Denis Sassou Nguesso s’en souviendra cruellement comme Napoléon de la Bérézina. Bien enfumé par le protocole de l’Elysée qui avait mis le paquet pour la réception du dictateur. Il ne manquait que le tapis rouge pour border la longue haie d’honneur de la Garde Républicaine. Alors que la fanfare faisait résonner presque ironiquement « Aux Champs » (pétroliers ?), le vieux dictateur s’était dirigé à pas lents vers Emmanuel Macron, sixième locataire du Palais de l’Elysée qui lui était donné de fréquenter.

Tout au bout, en bas des marches, le jeune président alla jusqu’à étreindre le pape incontesté de la Françafrique ; comme pour l’anesthésier avant l’estocade qu’il s’apprêtait à lui porter un peu plus tard ; et après que Jean-Yves Le Drian l’ait assommé en lui parlant « avec fermeté … de M. Mokoko et d’autres personnes » et que Paris « attendait de sa part des actes ».

Effectivement, comme l’en avait prévenu le chef de la diplomatie française, le président Macron lui tint le même langage et bien plus semble-t-il ! De quoi courroucer le tyran congolais à qui jamais personne, dans ces murs, n’avait parlé de la sorte depuis 1979. Le vieil autocrate masqua la colère qui le dévorait intérieurement et promit tout ce qu’il savait ne pas tenir ; et les petits millions accordés dans le cadre de l’Initiative CAFI pour les forêts d’Afrique Centrale par l’entremise de la Norvège [patrie du pétrolier HEMLA qui couvre partiellement les intérêts d’un ex-FMI dans l’exploitation des champs du Secteur Sud dont PERENCO est maintenant l’Opérateur], ne le firent pas sauter de joie.

« Il ne connait pas Raoul, ce mec là ! » ruminait-il déjà ? Sa décision était prise alors : Jean-Jacques Bouya sera « son glaive vengeur et son bras séculier » (Audiard).

Déjà le 23 août dernier, c’était Jean-Jacques Bouya qu’il avait chargé d’inviter personnellement Félix Tshisekedi pour le 5ème Forum « Investir en Afrique » du 10 au 12 septembre prochain à Brazzaville ; pour bien s’assurer de sa présence.

Conjointement organisé par le Congo Brazzaville, la Banque Mondiale et la République de Chine, on peut légitimement se demander ce que l’institution internationale, maintenant dirigée par Monsieur David Malpass (un proche de Donald Trump) vient faire dans une initiative  destinée avant tout à soutenir l’offensive économique de la Chine au « Congo des Nguesso » et en Afrique en général ?

Depuis, le même Jean-Jacques Bouya, qui avait été le point d’achoppements dans les discussions du Congo, tant avec le Fonds Monétaire International qu’avec ses partenaires, d’une des suites qu’il occupait au Brisol était investi par son Oncle de toutes les responsabilités dans l’organisation du 5ème Forum, avec crédits illimités et tous pouvoirs dans les invitations de prestige des hôtes étrangers. Encore des milliards dépensés, aussi pour tenter de compenser l’impact du TICAD 2019 (Tokyo International Conference on African Development) organisé quelques jours plus tôt à Yokohama au Japon.

Le ministre des Grands Travaux inappropriés, surfacturés, mal conçus et aux malfaçons systématiques afin de pouvoir détourner des milliards de dollars pour son compte personnel, se voit offrir une rédemption inattendue. Il est avant tout le grand coresponsable de la situation financière catastrophique que connait le Congo, pour avoir engagé des dépenses particulièrement hasardeuses avec la Chine et avec Asperbras ; après des dizaines de milliards de marchés  payés totalement ou à charge de la dette.

A son crédit, aucun résultat positif n’est à enregistrer. Les Congolais attendent toujours le minimum d’amélioration de leurs conditions de vie qu’ils étaient en Droit d’attendre. L’eau courante potable fait toujours défaut contrairement à beaucoup d’autres pays africains bien moins riches ; ainsi que l’électricité dont ils sont privés de manière récurrente. Le secteur de la santé, pire que jamais. Les écoles, les lycées et les universités, dont la construction relevait aussi de sa responsabilité, n’ont toujours pas vu le jour ; le pire sera l’université Denis Sassou Nguesso destinée à être emportée par les eaux du fleuve Congo, comme le barrage d’Imboulou glissera dans la Léfini et terminera dans le même fleuve… Sans oublier la compagnie aérienne ECair, dotée de 500 millions de dollars de crédits et de dotations diverses ; maintenant dans une faillite sourde que l’on cache car seuls les centaines de millions de dollars se sont envolés !

Pied-de-nez à Emmanuel Macron ou à Jean-Yves Le Drian ? Pour bien montrer qu’il ne tiendra pas les engagements qui ont été pris ! Cette grande messe du 9 septembre consacrera l’alliance éternelle des Nguesso avec la République de Chine Populaire au travers d’annonces fortes telles le développement d’une nouvelle ligne pour le CFCO, la construction du barrage de Sounda, la Zone Economique Spéciale (ZES) et le Port minéralier tous accordés ou concédés à la même Chine maintenant pas si populaire.

Ou fuite en avant ? Nous étions déjà au bord d’un grand précipice. Voilà que menés par l’ancien pêcheur à la sagaie de l’Alima, l’incompétent Bouya, et sur ordre de son oncle le Tyran, nous faisons un grand bond en avant, pour être plus encore prisonniers de la Chine qui n’a consenti aucune réduction de dette, ni aucun blocage de l’argent détourné par les Nguesso and Co… ! (Hong-Kong serait prêt à suivre Singapour qui a déjà communiqué huit comptes bancaires importants de nos oligarques congolais à des ONG et « services »)

Incapables que nous serons de rembourser Pékin, le Port minéralier et la Zone Economique Spéciale n’auront aucune difficulté à se transformer en une base militaire tellement utile face aux continents américains !

En scellant plus fortement son alliance avec la Chine dans les prochains jours, Denis Sassou Nguesso sera-t-il le « Phénix qui renaît de ses cendres » ? Ou bien serait-ce l’ultime faux pas qui enfin l’emportera ? A quelques jours du trentième anniversaire de « l’accident » du DC10 d’UTA, la dernière hypothèse serait de bon augure…

Rigobert OSSEBI

SOURCE : congo-liberty.com

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