La dette chinoise sur le Congo : l'arbre qui cache la forêt

Sur les 70% donc 6,8 Milliards de dollars de dette que détiennent les entreprises de droit chinois sur le Congo, il y a bizarrement 15% soit environ 1 Milliards de dollars qui sont comptabilisés par la CCA comme étant une dette chinoise...

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La dette chinoise sur le Congo: L'arbre qui cache la forêt.

On en parle au point où on pourrait croire que les malheurs actuels des congolais sont du fait de la Chine.

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A combien s'élève t-elle et quelle est sa structuration?

La dette extérieure congolaise s'élève aujourd'hui à environ 9,8 Milliards de dollars. 70%  de cette est détenue par les entreprises chinoises. C'est l'équivalent de 6,8 Milliards de frs CFA.

 Mais attention, derrière cette dénomination d'entreprises chinoises se cache en réalité un écran de fumée. C'est un arbre qui cache la forêt.

Par entreprises chinoises ici il faut simplement comprendre qu'il s'agit des sociétés de droit chinois mais cela ne suppose pas qu'elles sont toutes détenues par l'état chinois ou des sujets chinois.

Sur les 70% donc 6,8 Milliards de dollars de dette que détiennent les entreprises de droit chinois sur le Congo, il y a bizarrement  15%  soit environ 1 Milliards de dollars qui sont comptabilisés par la CCA comme étant une dette chinoise. Mais ces  entreprises de droit congolais detenues officiellement par des sujets chinois installés au Congo sont des propriétés de Sassou et Bouya  et lles chinois qui les détiennent ne sont que des prêtes noms. Avant la derrière mission du FMI au Congo, c'est sans aucune honte que Jean Jacques Bouya a sommé au nom du président de la République au Directeur général de la CCA d'intégrer dans la dette extérieure 200 Milliards de frs CFA au titre de la dette de ces fausses entreprises chinoises de droit congolais.

D'ailleurs pourquoi une entreprise de droit congolais même détenue par un étranger serait elle considérée étrangère, sur quel critère se fonde la CCA pour cette classification?

C'est aussi 30%  de cette dette chinoise  soit environ 2 Milliards de dollars qui est détenue par des entreprises de droit chinois appartenant au clan Sassou. D'ailleurs le maire de Shanghaï n'a pas manqué de révéler lors du dernier voyage en Chine du potentat congolais tout le bien que les investissements non pas du Congo mais des membres du clan ont fait à sa ville.

Alors non seulement ils ont dilapidé 14000 Milliards de frs CFA de revenus pétroliers excédentaires, mais ils ont aussi créer des entreprises de travaux publics en Chine avec les lesquelles ils ont accordé des marchés d'État au Congo en prenant soin de les surfacturer.

Ils ont décidé de condamner le Congo à la  double peine.

Mais ce qu'ils imaginaient pas c'est les chinois qui ont laissé faire parce que ces entreprises de droit chinois sont fiscalisées en Chine, connaissent parfaitement les actionnaires desdites entreprises.

L'ironie du du sort c'est que le droit des affaires chinois interdit le rééchelonnement ou l'annulation de dette entre une entreprise de droit chinois envers une structure dont les actionnaires principaux de l'entreprise chinoise considérée ont des intérêts. Histoire de lutter contre le blanchiment d'argent et l'évasion des capitaux au détriment de l'économie chinoise.

Ces entreprises ne peuvent donc pas rééchelloner ou annuler la dette du Congo  tant que les Bouya, Ondongo et principalement Sassou lui même représenteront les intérêts du Congo. 

Et la Chine qui sait qu'elle ne détient en réalité que 25% de cette dette soit 1,5 Milliards de dollars et est par ailleurs parfaitement informée de ces pratiques des autorités congolaises pour depouiller leur propre pays,  refuse d'effacer son ardoise pour arranger un pouvoir voyou.

Ainsi est pris ceux qui croyaient avoir mis le pays dans leurs poches.

La dette du Congo envers la Chine n'est donc en réalité que celle  du Congo  envers le clan qui se trouve lui même pris au piège par le droit chinois. Ces entreprises congolaises de droit chinois ne pouvant pas faire ses virements vers le Congo sans une contrepartie commerciale entre elles et  le Congo. La CCA ne pouvant non plus payer à l'extérieur les entreprises de droit congolais.

Le piège s'est fermé sur eux mêmes.

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