Au Congo-Brazzaville, on enterre les gens dans les fosses communes

par Patrick Eric Mampouya

AU CONGO, ON ENTERRE LES GENS DANS LES FOSSES COMMUNES.

Un régime de barbarie.

Les causes de l'inactivité des congolais contre la barbarie et la faillite du pays sont à rechercher dans la sauvagerie de la guerre du 5 juin 1997 et ses suites.
S'il est vrai qu'aucune guerre n'est propre, il est vrai aussi qu'après un conflit, vient toujours le temps de la réparation, le temps de panser les plaies, et de vivre avec les cicatrices.

Au Congo Brazzaville, les violences et les exactions générées par la guerre du 5 juin 1997 et ses suites n'ont jamais été soignées, des hommes, des femmes et des enfants ont vécus dans ce pays comme des animaux dans les forêts, depuis, aucune cellule psychologie, aucune reconnaissance, aucune repentance, aucun procès, même pas un jour férié ni une stèle digne de ce nom pour commémorer cette date tragique qui pour certains est devenu une date bénie.

Alors chaque congolais se débrouille avec ses traumatismes, dans chaque famille chacun se remémore ces événements atroces et les raconte à qui veux l'entendre ce qu'il avait vécu avec l'espoir de pouvoir oublier ou même tourner la page, même les enfants nés après cette date vivent par procuration cette tragédie inédite à travers leurs parents.

Que de vies brisées, que de destins contrariés, des hommes et des femmes poussés vers l'exil, loin, le plus loin possible pour ne plus vivre au quotidien ces atrocités, pour ne plus voir les vainqueurs de la guerre pavaner avec arrogance en vainqueurs dans les rues de Brazzaville. Certains on jurés à juste titre de ne plus jamais retourner dans ce pays à cause des traumatismes enfouis aux tréfonds de leur être. il n'est jamais aisé de savoir les siens disparus à jamais ou de les imaginer au fond d'une fosse commune.

À Brazzaville, les vainqueurs de la guerre ne se cachent pas, et qui plus est, ils vous rappellent leurs faits de guerre en toute impunité en clamant haut et fort qu'ils sont prêts à recommencer.

Régulièrement dans la ville de Brazzaville, foyer de toutes les tensions, les barbares montrent leurs muscles en clamant haut et fort qu'ils sont prêts à recommencer, ils n'hésitent pas à abattre dans la rue qui ils veulent sans rendre compte, ils torturent qui ils veulent sans se soucier de ce qu'il en sera.
Alors ne vous demandez pas pourquoi les congolais subissent sans crier, se plaignent sans agir ou supportent insupportablement.

Le Congo-Brazzaville reste une zone de non-droit exceptionnelle, alors ne vous attendez pas à une insurrection populaire de sitôt.

Au Rwanda, un pays qui a connu un génocide innommable, un enfant du pays est venu pour panser les plaies, reconstruire les individus et donner un autre avenir à tous les rwandais, ce n'est pas le cas au Congo Brazzaville où on parle de paix tous les jours, sans savoir ce qu'est la paix.

La paix, cette denrée fragile n'est autre que le respect contractuel des engagements tacites ou écrits entre les forces vives d'un pays.
Au Congo Brazzaville, les autorités ne respectent aucun engagement, même la loi fondamentale est régulièrement bafouée au gré des vainqueurs de la guerre.

Alors ne demandez plus aux congolais pourquoi ils subissent encore et encore, les traumatismes sont profonds et surtout ne sont pas exorcisés.

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NDLR : Cependant, c'est là qu'est effectivement le danger, dans cette résignation qui n'en est vraiment pas une. "Un peuple longtemps brimé, longtemps opprimé, longtemps martyrisé, finit toujours par se révolter. Ce jour-là, plus rien ni personne ne pouvant le contrôler, il s'en prend d'abord à l'objet réel de ses malheurs avant de se retourner, si nécessaire, contre ses propres leaders", avait écrit Jean-Claude Mayima-Mbemba dans un de ses livres. Souvenez-vous bien de cette citation, ça finira bien par arriver un jour où l'autre.

Elvis-Digne Okombi-Tsalissan réclame, lui-aussi, "LA SOLUTION FINALE". Ce qui confime l'analyse d'Eric Mampouya. Elvis-Digne Okombi-Tsalissan réclame, lui-aussi, "LA SOLUTION FINALE". Ce qui confime l'analyse d'Eric Mampouya.

En attendant, le Congo-Brazzaville a été plongé dans un régime de type hytlérien où la barbarie et la bestialité font office de LOI.

 

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