Le FMI ne doit pas financer le Cartel d’OYO ni négocier avec Lucien EBATA

Le FMI est présent en Colombie. A-t-il jamais accepté de négocier avec les cartels des narcotrafiquants ? Remplacez, pour le Congo Brazzaville, la cocaïne, poudre blanche par le pétrole, un liquide visqueux et noirâtre, et les experts de Washington auront face à eux des individus de la même trempe que ceux de Medellin ; en beaucoup moins généreux envers leurs compatriotes congolais !

Par Rigobert Ossebi

Le FMI est présent en Colombie. A-t-il jamais accepté de négocier avec les cartels des narcotrafiquants ? Remplacez, pour le Congo Brazzaville, la cocaïne, poudre blanche par le pétrole, un liquide visqueux et noirâtre, et les experts de Washington auront face à eux des individus de la même trempe que ceux de Medellin ; en beaucoup moins généreux envers leurs compatriotes congolais !

La drogue en Colombie était le moyen de survivre pour un grand nombre de paysans. Le pétrole au Congo a été la cause de l’appauvrissement total d’une population au seul bénéfice de quelques-uns, que l’on pourrait appeler : le Cartel d’Oyo. Constitué principalement par les proches de Denis Sassou Nguesso, leur chef, il a été sans pitié envers les pauvres. Pablo Escobar, le Colombien de Medellin avait une toute autre réputation et n’aurait sûrement jamais prétendu discuter avec le Fonds Monétaire International…

Le FMI affirme accepter d’aider le Congo Brazzaville qu’après un audit sur la gouvernance et la corruption, mais comment peut-on comprendre alors qu’il soit d’accord d’en discuter avec Lucien Ebata ? Ce dernier n’est, ni plus ni moins, que le représentant de ce cartel obscur qui a dilapidé des dizaines de milliards de dollars de revenus pétroliers et creusé un endettement abyssal, de plus de 10 milliards de dollars, tout aussi obscur qu’il avait préalablement tenté de cacher.

Le FMI aurait dû exiger, avant toute aide, comme ce fut le cas pour la Grèce, qu’il se déroule dans le pays de véritables élections, avec un contrôle international.

Au minimum, dans un contexte politique et social totalement figé, des bombardements dans le Pool, des prisonniers politiques emprisonnés, et afin de rompre avec un pouvoir totalitaire incompétent qui a ruiné le pays bien plus que la chute du prix du pétrole, comme le martèle Jean-Luc MALEKAT.

le FMI ne devrait discuter qu’avec les représentants congolais désignés au terme d’un dialogue inclusif, à l’abri de toute pression policière et mafieuse du Cartel d’Oyo.

 Alors, il est absolument choquant d’envisager que le FMI  se retrouve à la même table qu’un Lucien Ebata cornaqué par, plus complice que consultant, Dominique Strauss Kahn, ancien General Manager du FMI, et sûrement conseillé par le tout autant malvenu, et plus encore complice, Yaya Moussa ex-Représentant Résident du FMI.

C’est totalement nauséabond ! Il ne manquerait, dans ce tableau des négociateurs, que Rodrigo Rato, prédécesseur de DSK au FMI, qui a  récemment été condamné à 4 années de prison par un tribunal de Madrid…

Lucien Ebata n’est pas en reste. Il est visé par plusieurs enquêtes financières en France et en Suisse .

Son principal comparse dans ce dernier pays, Philippe Chironi, a été condamné à 6 ans de prison à Saint Marin, pour blanchiment de 83 millions d’euros liés à un transfert de Jean-Jacques Bouya directement du Trésor Public… Bouya, membre imposant du Cartel d’Oyo.

Le FMI a déjà une très vilaine casserole avec l’effacement de la dette en 2010. Une négociation avec Lucien Ebata, “avocat formé à Cuba”, en ajoutant une batterie supplémentaire, fera rejaillir la grande responsabilité de l’institution internationale dans les conséquences liées à la première (casserole)…

Il est grand temps, pour le FMI, d’avoir un petit peu de dignité dans ce dossier. Pas seulement dans des paroles qui se veulent rassurantes, mais bien évidemment dans les actes…!

Rigobert Ossebi

(Extrait de congo-liberty)

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