(Congo) Une autre forme d'extermination d'un peuple : le cas des disparus du Beach

Dans tous pays, lorsqu'un régime veut détruire, exterminer tout ou partie d'une population, d'un peuple, ce n'est forcément pas toujours par les armes conventionnelles de guerre que cela se fait. En tout cas, pas toujours par les voies de la guerre, parfois... Ce crime-là passe inaperçu et personne ne s'en rend compte...

1999 - 2019 : VOICI 20 ANS QUE SASSOU NGUESSO MASSACRAIT DES JEUNES REFUGIES CONGOLAIS RAPPATRIES DE KINSHASA PAR LE HCR, APRES LA SIGNATURE D'UN ACCORD TRIPARTITE NON RESPECTE PAR SASSOU NGUESSO, PREFERANT LES EXTERMINER.

CE N'EST FORCEMENT PAS TOUJOURS PAR LES ARMES CONVENTIONNELLES QU'ON EXTERMINE UNE TRIBU, UNE ETHNIE, UN PEUPLE

00-congo-disparus-du-beach
Dans tous pays, lorsqu'un régime veut détruire, exterminer tout ou partie d'une population, d'un peuple, ce n'est forcément pas toujours par les armes conventionnelles de guerre que cela se fait. En tout cas, toujours pas par les voies de la guerre, parfois. Mais souvent ce sont les deux ensemble.

La guerre, en règle générale, se fait par les armes, avec des armes de toutes sortes, à chaque fois qu'elle est déclenchée. Dans toutes ces guerres, plusieurs subterfuges sont utilisés. Ils vont de la faim, de la privation d'eau (sources empoisonnées) à l'abattage des arbres fruitiers, etc, comme l'a fait Sassou NGuesso au Congo-Brazzaville. Mais ils vont aussi de l'intox à la désinformation, de la manipulation psychologique au conditionnement psychique. Voire ! Cela est très bien connu des spécialistes et autres experts avisés.

Au-delà de ces guerres, surtout celles qui visent à détruire, exterminer tout ou partie d'une population ou d'un peuple, il y a d'autres éléments qui passent très souvent inaperçus et dont on ne parle jamais, pas du tout.

Dans le cas du Congo-Brazzaville - ce n'est un secret pour personne aujourd'hui -, la guerre qui ravage la région du Pool, où les populations sont exterminées sans que personne ne bouge, ne dit mot au niveau de la communauté internationale (ONU – UE – UA), renferme un autre aspect plus pernicieux, plus destructeur et ravageur. Cet aspect, c'est celui qui, indolore et incolore, prive les populations vouées à l'extermination d'accéder au Savoir, à la culture, à l'éducation. Des armes qui ne coûtent rien et pour lesquelles on ne dépense absolument rien. Aucun centime.

Le Congo-Brazzaville est plongé dans la guerre, des guerres successives et interminables depuis 1993. Depuis cette année-là, les enfants des zones sud de Brazzaville, et à partir de 1998, ceux de toute la région du Pool n'ont plus jamais eu droit à la culture, à l'éducation. En un mot au SAVOIR, à la CONNAISSANCE. Les opérations "Colombes 1 et 2, Mouebara, Hadès, et surtout l'OPERATION HERODE (de sinistre souvenir) qui se perpétuent et perdurent encore aujourd'hui, n'ont pas seulement pour objectif celui de détruire physiquement les humains, mais aussi et surtout celui de priver les enfants survivants, rescapés de la mort programmée d'accéder au SAVOIR, à la CONNAISSANCE.

Les écoles maternelles et primaires, les collèges et lycées n'ont plus ouvert leurs portes depuis 1997 dans cette région. Plus la guerre persiste et se prolonge, plus elle accentue cette privation. Tel est l'autre but que s'est fixé le régime de Brazzaville. C'est là une autre forme de guerre, une autre forme de destruction de tout un peuple. Que peut-on faire avec le résidu d'un peuple réduit à néant et de surcroît analphabète ? Il est vrai que Sassou Nguesso n'exterminera pas tous les descendants du peuple Kongo de la région du Pool jusqu'au dernier. Mais combien seront-ils, ou combien de rescapés, de survivants compterons-nous demain ? Combien d'enfants survivront encore et, parmi eux, combien sauront lire et écrire ? Combien de générations faudra-t-il encore pour que cette région martyre retrouve le niveau adéquat sur le plan de la culture, de l'éducation, surtout du SAVOIR, de la CONNAISSANCE, tout court ?

Tout cela, uniquement, parce qu'à une certaine période, nos compatriotes du Nord, tenants du pouvoir actuel, disaient que le Sud-Congo en général, et la région du Pool en particulier, avaient trop de cadres, trop d'intellectuels, trop d'élites. Alors, un jour ils ont décidé de les exterminer et tout faire pour les priver d'accéder au SAVOIR, à la CONNAISSANCE. D'où l'opération dite "HERODE".

Ce crime-là passe inaperçu et personne ne s'en rend compte. Pas de soins médicaux, pas d'hommes, de femmes et d'enfants valides. Pas d'écoles, pas d'élites, pas de cadres, pas d'intellectuels.

A défaut de les exterminer tous, Sassou Nguesso a juré de réduire en esclavage tout le reste des rescapés et survivants des populations de la région du Pool. C'est ici que nous en appelons à la conscience de toutes les organisations humanitaires, de défense des Droits de l'Homme et de Protection de l'Enfance, et les invitons à se saisir de ce dossier aussi douloureux que celui de la guerre proprement dite, en cours dans la République du Congo (Région du Pool) et qui ne finit pas, puisque : "La France n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts", avait proclamé le Général de Gaulle. D'ailleurs, n'était-il pas l'initiateur de la société ELF-ERAP devenue ELF-Aquitaine, puis très récemment "TOTAL" (de sinistre mémoire) ?

Pour cela, il faut se livrer à des crimes contre l'humanité par l'intermédiaire des "Affranchis locaux" comme Sassou-Nguesso, du fait de notre réduction en esclavage. Et comme ce pays (la France) jouit de tous les vetos, alors on peut tout étouffer (Cf. : "Le génocide du Rwanda" longtemps écrasé, et aujourd'hui "le crime contre l'humanité au Congo-Brazzaville" via Sassou-Nguesso, l'aveu de Luanda, le 30 juin 1998, faisant foi.

Paris, le 30 juin 2004

Jean-Claude Mayima-Mbemba
Président de Union-Congo
Avec la collaboration de l'Association des Familles des Victimes du Génocide Congolais

RAPPEL HISTORIQUE : LES DISPARUS DU BEACH, FAUT-IL LES OUBLIER ? Lettre ouverte au Président Jacques Chirac (pdf, 1.2 MB)

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.