Congo : La revue de décembre 2019 du FMI à pas de géant

Les séminaires gouvernementaux au Congo-Brazzaville se suivent, se ressemblent et débouchent rarement sur des mesures concrètes. Secoués par la crise financière et économique, Denis Sassou Nguesso, Clément Mouamba et Calixte Nganongo rénovent et souhaitent en renouveler le format.

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La revue de décembre 2019 du FMI à pas de géant

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Les séminaires gouvernementaux au Congo-Brazzaville se suivent, se ressemblent et débouchent rarement sur des mesures concrètes. Secoués par la crise financière et économique, Denis Sassou Nguesso, Clément Mouamba et Calixte Nganongo rénovent et souhaitent en renouveler le format.

Le séminaire organisé tambour battant le 16 août 2019 à Brazzaville par Clément Mouamba et Calixte Nganongo sera-t-il l’exception qui confirme la règle ?

Pas si sûr ! Donnera-t-il le tempo des réformes dont l’économie du Congo-Brazzaville a tant besoin ? Pas si évident ! Le lifting du système économique, social et financier tarde à se faire administrer. Pourquoi ?

Le pays doit aujourd’hui trouver une alternative à des ressources en forte baisse. Comme un flambeur qui sort du casino de Deauville, le Congo-Brazzaville n’a jamais investi pour développer les autres secteurs de son économie, notamment son industrie (autour de 5 % de son PIB), sa forêt (4 % du PIB et un objectif de 20 milliards de francs CFA pour 2019), son agriculture (après Rigobert Maboundou qui a dilapidé 114 milliards de francs CFA, c’est Henri Djombo qui s’y colle) et son tourisme dont Arlette Soudan Nonault, la «  tuile de la nouvelle République  » est la nouvelle patronne.

Au Congo-Brazzaville, les grand’messe gouvernementales tiennent plus que jamais de l’affichage de concertation, d’un échange entre membres du gouvernement sur les grands sujets portant sur le devenir du pays que d’orientations fortes, de décisions claires ou de consensus moteurs. Denis Sassou Nguesso, Clément Mouamba et Calixte Nganongo sont friands du claquant, du sensationnel et du tape à l’œil.
La mission de Clément Mouamba et Calixte Nganongo en cette période de disette est ardue. Les circonstances changent, les priorités aussi.

Motus et bouche cousue

Denis Sassou Nguesso, Clément Mouamba et Calixte Nganongo se sont donnés le mot. Pas un mot sur les quarante huit mesures édictées par le Fonds monétaire international (FMI). Pas un mot non plus sur la lutte contre la corruption. La consigne a été scrupuleusement respectée.

Vaches maigres

La réduction du train de vie de l’Etat devrait être au menu du séminaire gouvernemental du 16 août 2019. Mais Sassou n’est pas Joseph, ministre de l’économie de Pharaon qui sut interpréter le rêve selon lequel les vaches maigres correspondraient à une période de disette et les vaches grasses à une période d’abondance. Joseph dit au Roi d’épargner. Or Denis Sassou Nguesso, Christel Sassou, Jean-Jacques Bouya, Gilbert Ondongo, Henri Djombo, Denis Gokana, Lucien Ebata, Willy Etoka, Bruno Jean Richard Itoua, Claudia Sassou, kleptomanes de haut vol, ont poussé à la dépense folle et surréaliste. Résultat : dette à 110 % du PIB et recours au FMI.

Chasse aux voleurs

Le ministre des Finances et du budget, Calixte Nganongo, a indiqué à la presse qu’à la première revue de décembre 2019, le FMI a choisi huit mesures sur lesquelles il va axer son évaluation. Etant donné que l’accord s’étend sur trois ans, a-t-il précisé, l’examen semestriel se fera de manière à ce qu’ à chaque revue un choix de mesures soit fait sur une base programmatique. Mais, lesquelles ?

Pourquoi Calixte Nganongo n’ a-t-il pas égrainé les huit premières mesures à la presse ? La chasse aux voleurs, aux kleptomanes, aux corrompus et aux corrupteurs, aux mauvaises dépenses doit être ouverte. Pourquoi Denis Sassou Nguesso, Clément Mouamba et Calixte Nganongo entretiennent-ils le flou ? Ils se hâtent lentement.

A quelle sauce seront mangées les populations du Congo-Brazzaville ? Elles ont le droit de savoir. Car, décembre 2019, c’est demain.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

 

 

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