(Congo) Andréa Ngombet, un avatar surgi de nulle part

Andréa Ngombet, un avatar surgit de nulle part.

0000-1-andreas-ngombet

C’est la transformation du bien en mal et l’on ne peut incarner l’espoir après le mensonge. C’est tout simplement une question de morale politique.

Le célèbre « théâtre de chez nous », cette émission télévisée à laquelle tous les politiciens font allégeance à monsieur Sassou continue son show. La seule chose à retenir dans tout ce tintamarre, c’est le manque de dignité de certains politiciens congolais tenaillés par la précarité alimentaire.

L’appel de Buenos Aires n’aura finalement été qu’un pétard mouillé censé nous divertir. Encore un peu de répit pour ce gouvernement congolais à l’approche des échéances cruciales avec le FMI (Fonds mondial international). Il faut bien occuper les esprits et tourner la tête ailleurs avec des annonces fantaisistes de candidatures à l’élection présidentielle de 2021 de tous ceux qui hier et même avant-hier fustigeaient et traitaient d’illégal à juste titre le régime militaire du Congo-Brazzaville.

A ce rythme, nous ne pouvons que louer le positionnement clair de Guy Brice Parfait Kolélas et de Pascal Tsaty Mabiala qui très tôt avaient rejoint le bal des faux culs. Leurs militants savaient dès le départ à quoi s’en tenir. La trahison a toujours existé en politique comme le mariage est la première cause de divorce. Mais en l’espèce, ils ont assumé.

Trustant les plateaux de télévision et de radio en répétant inlassablement le même discours tel un perroquet, l’on avait fini par croire qu’il disait la vérité et était convaincu de ses propos. Que nenni. Ce n’était que de la malice doublée d’une perfidie. Tout homme a un prix et celui payé pour débusquer cet aventurier apprenti politicien de la diaspora est celui de la trahison, du parjure. Le parjure comme le mensonge, ce crime pour lequel l’on ne se relève plus jamais en politique chez les Anglo-saxons.

Du slogan #SASSOUFIT l’on passe à #SASSOUNOUSUFFIT et c’est là le comble. Fermons le ban.

Plus personne ne va croire celui qui hier était présenté par certains comme un jeune homme précoce et brillant en politique. Mais tout ceci s’est révélé n’être qu'un véritable canular monté de toutes pièces par des officines dissidentes du PCT (Parti congolais du travail). La marionnette de paille n’a pas fait long feu et s’est consumée à la première tentation.

Un peu d’histoire contemporaine pour dire que les Blancs en Afrique du Sud ont régné pendant plus de trois siècles en pratiquant la ségrégation raciale, l’une de ces politiques qui vous prive de votre identité sur la terre de vos ancêtres. Nelson Mandela a passé 27 ans en prison. Mais en aucun cas l’idéal du peuple noir Sud-Africain d’une nation arc en ciel ne s’était compromis par des arrangements de boutiquiers sans lendemain. Seul un dialogue franc et sincère avait permis la naissance d’une nation bien qu’imparfaite permettant à tout citoyen de s’exprimer librement : « One man, one vote ».

Nelson Mandela ne fut jamais abandonné par les siens qui ne négocièrent aucun poste, ne furent aucune compromission avec le pouvoir blanc. Il resta le Chef moral de ce combat qui conduisit à des premières élections libres et transparentes dans ce pays. Grand seigneur, il ne fit qu’un mandat présidentiel afin de signifier qu’il y a une vie après la Présidence.

Comme dans tout projet, il y a beaucoup d’acteurs, mais il n’y a qu’un seul Chef. Et pour l’instant au Congo-Brazzaville, le Chef moral, ce leader sur qui est focalisée notre attention reste et demeure Jean-Marie Michel Mokoko.

L’histoire bégaie et se répète souvent au Congo. Après les présidents Fulbert Youlou, Massamba-Débat, Marien Ngouabi, voilà que les mêmes veulent trahir Mokoko. Tous les prétextes sont bons pour arriver à leur fin. Le Président Fulbert Youlou avait dit que « l’on allait applaudir un fou », nous y sommes. Et ensuite il rajouta que ces pseudo marxistes-léninistes n’étaient guidés que par l’appât du gain facile et leur confort matériel ; Nous y sommes encore. Seules la « Petite Suisse » et « l’émergence pour 2025 » tardent à pointer leur bout de nez.

Tel un aveugle, il nous demande de le suivre. Mais nous ne voulons pas perdre notre temps avec lui. Celui qui nous a tous menti depuis fort longtemps se pare d’habits blancs tel un gourou et pointe sur nous son doigt vengeur tel un belliqueux. Cette attitude agressive montre que l’homme est prêt à tout pour arriver à ses fins, assouvir ses désirs fanatiques et messianiques.

Calmement, la tête sur les épaules, le regard lucide, nous disons NON à ce doigt qui nous méprise. L’appel de Buenos Aires est l’appel de la trahison. Faire de la politique c’est choisir son camp. Le nôtre est celui du peuple congolais, de nombreux d’entre vous qui aspirent à vivre dans un pays libre et démocratique. Notre combat politique est celui de la restauration de la démocratie dans ce petit État pétrolier devenu l’une des pires dictatures du XXIème siècle.

Toutes ces voix légitimes mais silencieuses devant ce cirque ne présagent rien de bon à défaut d’une connivence.

Notre combat sera long, semé d’embûches, mais nous vaincrons car ce qui importe pour nous c’est le bien être du peuple congolais et non les épiphénomènes de déclaration de candidatures des félons et traîtres à notre cause.

Nos actes d’aujourd’hui conditionnent nos vies de demain. Il est de notre devoir de tenir bon à nos convictions et de les assumer. Le traître vivra avec sa traîtrise toute sa vie. Il incarnera aux yeux du monde ce qu’il y a de plus malsain, la suspicion. Tout ce qu’il fera ou dira sera sujet à caution. Plus aucun de ses faits et gestes ne sera pris ni considéré à sa juste valeur.

C’est la fable de Jean de La Fontaine de « la Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le Bœuf » qui illustre bien cette triste histoire.

Mais le bœuf n’était pas celui que l’on croyait.

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.