Toujours plus d’argent du FMI prévu pour Sassou Nguesso…

Huit années après et à l’occasion d’une nouvelle faillite du Congo, cette escroquerie aux fonds publics internationaux, méritait d’être tentée encore une fois. Il suffit alors de prendre les mêmes et de recommencer au bon motif qu’il n’est plus question de sauver un homme, “mais un pays, une population..."

Par Rigobert OSSEBI

Christine Lagarde du FMI et le tyran congolais  Sassou à Washington

En 2010, pour l’effacement de sa dette sur la base de faux rapports établis par des “experts” du FMI, le Congo-Brazzaville, dirigé par un corrupteur notoire, avait bénéficié d’une immense et incompréhensible générosité de l’institution washingtonienne et du Club de Paris. Avec un coup d’éponge magique de 5 milliards de dollars, notre Congo avait été placé en tête de liste des pays bénéficiaires du programme Pays Pauvre Très Endetté (PPTE) avec l’équivalent d’un cadeau de 1200 USD par habitant ; en réalité seul le petit gang mafieux des Nguesso en avait profité. La banque Lazard de Matthieu Pigasse, ami intime de Dominique Strauss Kahn, alors Directeur Général du FMI, conseillait le gouvernement. (Le conseille-t-elle toujours ?)

Ce fut une jolie opération pour ces “génies de la finance” et pour le tyran de l’Alima qui pour la circonstance avait simulé l’extrême pauvreté. Ce fut une catastrophe pour le Congo désendetté qui s’ouvrit alors à toutes les débauches financières et à tous les excès dont nous ne parvenons pas encore à en mesurer l’immensité. Selon toutes les apparences et toutes les rumeurs, ceux qui s’en étaient approchés en avaient été récompensés par le commanditaire. Grassement !

Huit années après et à l’occasion d’une nouvelle faillite du Congo, cette escroquerie aux fonds publics internationaux, méritait d’être tentée encore une fois. Il suffit alors de prendre les mêmes et de recommencer au bon motif qu’il n’est plus question de sauver un homme, mais un pays, une population.” Aux premières loges, encore Dominique Strauss Kahn qui offre très chèrement, sûrement, les approches avec le FMI. Nous savions l’affaire importante pour lui. Le montant des aides qui pourraient être allouées à la maffia des Nguesso dépasserait, de beaucoup, toutes nos craintes.

Nos estimations tournaient autour d’une enveloppe de 2 à 3 milliards de dollars.

 En réalité, il faut tabler sur deux à trois fois plus …!

L’enveloppe totale des facilités de crédit qui vont être accordées aux pays qui composent la zone CEMAC serait de huit milliards quatre cents millions de dollars (8.400.000.000 $). Cette dernière est présidée par notre compatriote Pierre Moussa ; naufrageur de finances publiques comme l’a été sa fille, Fatima à la tête de la compagnie ECair.

Hors l’appui qui serait apporté par le FMI à la Guinée Equatoriale,  le Cameroun a signé et déjà obtenu 666 millions de dollars de facilité élargie de crédit sur 3 ans ; le Gabon 642 millions de dollars ; le Tchad 312 millions de dollars ; le RCA 83,6 millions de dollars. Ces quatre derniers pays totalisent un montant de 1.703.600.000 $ (un milliard sept cent trois millions six cent mille dollars). Pour le Congo Brazzaville, il resterait une part très substantielle (après provision raisonnable pour la Guinée Equatoriale de 300 millions de dollars comme pour le Tchad): 6.400.000.000$ (six milliards quatre cents millions de dollars).

6.400.000.000$ (six milliards quatre cents millions de dollars), C’EST ABSOLUMENT ENORME ! Dix fois plus pour le Congo Brazzaville que le Gabon et le Cameroun ! 

Le mérite de l’information du montant global en revient à une indiscrétion de Monsieur Emmanuel Okamba, Maître de conférences à Marnes la Vallée, un proche du régime de Brazzaville et de ce qui reste du PCT. C’était le 18 décembre dernier. Il avait été convié au micro de Francis Laloupo, pour l’émission “le grand débat” d’Africa n°1.

Les détails importants qui nous avaient échappés, sans doute du fait de la discrétion de la communication du Fonds Monétaire Internationale, nous ont alors été révélés.

Mais, pour qu’une signature effective soit conclue entre les deux parties, des conditionnalités de transparence sont encore à remplir. La pression est forte maintenant sur le FMI pour dégager de la table de négociation, les voleurs, les parias, les vendus et les corrompus. Il y a également la réintégration dans le patrimoine de l’Etat des participations pétrolières d’AOGC, Kontinent, Petro Congo et Likouala SA.

Un signe fort qui ne trompe pas : Madame Anne-Marie Gulde-Wolf a disparu complètement de la première ligne des négociations et des missions avec le Congo Brazzaville. Honneur à elle de se tenir à l’écart des missions et compromissions éventuelles, mais la responsabilité d’agréer ou pas, finalement, lui incombera avant même l’accord éventuel de Madame Lagarde…

Les gesticulations diplomatiques dans le Pool, son pseudo-cessez-le-feu, les prisonniers politiques dont on promet maintenant l’annonce de la libération [ le Général Jean Marie Michel Mokoko sera assigné à résidence à Makoua. Depuis une semaine les sbires de JDO travaillent à la “sécurisation” de la zone”]. Ajoutez y, dans quelques jours, l’emprisonnement surprise ou presque de Jean-Jacques Bouya, de Gilbert Ondongo et peut-être de quelque autre menu-fretin et le tour sera alors joué !

Sassou le tyran, le dictateur sanguinaire tiendra-t-il alors son plan de sauvetage du FMI et pourra-t-il rester incrusté à son pouvoir indéfiniment “grâce et malgré” son système de corruption et de détournement institutionnalisé ?

Non ! Monsieur Sassou Nguesso ! Non ! Monsieur Antonio Guterres ! l’affaire n’est pas tout à fait dans le sac puant. Les femmes du FMI, Mesdames Lagarde et Gulde-Wolf semblent totalement rétives du collier, aussi brillant soit-il. Les ONG veillent et ont été très claires dans leurs mises en garde. Le Président Emmanuel Macron n’a pas la moindre sympathie pour Sassou Nguesso et son système.

La partie n’est pas jouée et loin d’être gagnée.

 Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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