Face au cauchemar il est urgent de rester calme et maître de soi

JE SUIS PARIS

Des malheureux, qui n'avaient à nous proposer que la mort et la souffrance, se sont mis la nuit dernière au service d'autres personnages irréfléchis, passéistes, calculateurs, mais faibles en calcul, qui croient que tuer, détruire et faire souffrir est une force, alors que c'est la manifestation de la pire des faiblesses : le désespoir, avec ou sans l'orgueil !

A ce sujet, me revient en mémoire une parabole, rapportée vers le milieu du siècle dernier, par un bonhomme dans le genre de Gandhi ; dont il était réellement disciple, et à qui Gandhi avait donné le nom-mission de 'Shandidas'.

Voici l'historiette annoncée.

Un vieux sage avait maille à partir avec un étudiant, rétif et forte-tête, qui se faisait l'avocat de la supériorité de l'homme sur toute autre réalité.

Jusqu'au point où ce disciple, à court d'arguments, écrase une chenille d'une semelle rageuse, et déclare tout de go au vieux maître :

"Tu vois, ton Dieu n'est pas si fort que ça : regarde ce que j'ai fait de Sa 'création' !..."

"Fort bien, rétorque le maître ; maintenant, refais la chenille !..."

PARIS vient de traverser un cauchemar. C'est l'évidence-même.

Pourtant, rester dans l'unique perspective de ce désarroi, tout légitime qu'il puisse sembler, cela ne serait ni raisonnable ni avantageux.

Pour essayer d'en sortir (pardon d'avoir l'air de savoir quelque chose, car je ne sais rien, je cherche juste une issue favorable), voici une brève mise en forme de quelques SIMPLES EVIDENCES :

                "Petit essai d'exposition d'une démarche,
                               qui se voudrait lucide
                                      cohérente
                        et porteuse d'un avenir autre"

Tout cauchemar appartient à un monde onirique. Pour s'en extirper, il faut en faire une ANALYSE, réaliste et calme. (Le premier paragraphe de ce billet visait à se faire l'écho d'une telle analyse.)

Puis, au sein de notre IMAGINATION, dans ce lieu sous-jacent de la conscience, d'où part aujourd'hui plus d'un hurlement silencieux (ou pas, mais cri potentiel, germinatif) : il faut CRÉER L'IMAGE d'une autre RÉALITÉ.

Oser créer dans notre conscience La RÉALITÉ qui plaît à notre CŒUR. Sans fausse honte, sans craindre de paraître naïf ou débile ; et surtout, en tournant le dos au désespoir qui rôde.

On pourra remonter ensuite de ce monde onirique et imaginatif, où le conscient peut parfois dialoguer avec l'inconscient ; ce lieu structuralement "inférieur et inabouti", mais où nous avons l'aptitude de former les germes d'un monde autre.

Revenus dans le lieu de la conscience objective, nous pouvons y conduire et y ACCOMPAGNER la naissance et le développement de l'avenir, "tel qu'en rêve nous l'avons échafaudé".

Car "déclarer la guerre" à quelques ennemis terrestres objectifs, sans nous donner la peine de CONSTRUIRE parallèlement la PAIX en NOUS-MÊMES et sans chercher et élaborer les moyens de cette paix dans nos VIES à TOUS : cela ne changerait guère de tout ce que l'humanité fait, depuis des siècles (dans sa grande majorité), sans progrès durable pour le monde ; ainsi que vient encore de le démontrer l'actualité.

Par conséquent, envisageons ce MONDE AUTRE et préparons-le AUTREMENT.

Pour moi : c'est un monde de BONNE et GÉNÉREUSE VOLONTÉ, dont le fondement est L'IMAGINATION CRÉATRICE (parente de l'univers du rêve, mais pas seulement), et dont les moyens d'action sont L'INTELLIGENCE DU CŒUR et LA MAÎTRISE DE SOI.

Ce dont je viens de brosser un bref aperçu n'est pas de l'ordre de la théorie. C'est le bilan et l'aboutissement, modestes mais concrets, d'une vie d'expérimentation, d'observation, d'analyse, de réflexion et d'élaborations diverses.

En toile de fond, constamment, me guidait le désir ardent de sortir de mondes en déroute : ceux que nous ont légués nos parents, presque partout sur la terre ...

... pour pouvoir nous élever, de notre mieux, à la force de nos volontés (celles qui proviennent de la vision sereine de nos cœurs - et de nulle autre source), et pouvoir enfin ENTRER dans un monde inouï, qui plaise à notre CŒUR-COLLECTIF, ce cœur-planétaire, que les siècles passés nous ont progressivement amenés à nous forger, au tréfonds de nos consciences, sans que nous en comprenions toujours la valeur et la force, et qui doit à présent être élu ROI du MONDE, pour réorganiser ce qui se révèle de nous-mêmes sur cette TERRE, laquelle ne demande qu'à renaître de nos destructions, avant de nous laisser sombrer dans le grand désastre, qui nous est de plus en plus uniment prédit, et de toute part, si nous restons passifs.

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