Le Pays Où Combattre Le Mensonge Etait Une Maladie Mentale

Là où tout commence, là où tout finit.

 

Quelque part en novembre 1964, à l'hôtel d'Angleterre à Senlis, Oise, mon père s'est envoyé en l'air avec ma mère et puis il s'est barré.

 

En 2015, je n'ai toujours pas guéri. J'ai appris à vivre avec, oui, car j'ai pris mes responsabilités - celles qui ne m'incombaient pas. Mais lui ne les a pas prises, celles qui lui incombaient. Ma famille ne les a pas prises. Et l'immense flot des connards qui toute ma vie m'a reproché tantôt ma souffrance, tantôt mon incapacité à pouvoir guérir de tout ça, cette immense masse de benêts assassins, non plus, n'a pas pris ses responsabilités.

 

"Oui mais tu sais il y a plein de gens qui n'ont pas eu de parents et qui s'en sont très bien sortis dans la vie hein !" m'a dit plusieurs fois ma mère. Je ne lui en veux pas, elle est victime comme moi et puis une mère, dans ces cas-là, se sent tellement coupable qu'elle cherche logiquement n'importe quel argument - alors qu'elle est elle-même victime.

 

C'est vrai, plein de gens s'en sont sortis sans père ou sans mère. Eh bien moi, je ne m'en suis pas sorti, désolé, à l'attention de tous ceux qui pensent que je ne m'en suis pas sorti juste pour prendre plaisir à les emmerder ou juste pour pouvoir me plaindre. C'est bien connu, les ânes, pour régler les problèmes, aiment trouver des explications faciles, ça les tranquillise.

 

Et puis, on pourrait dire aussi que certains, qui ne s'en sont pas sortis, sans père, sans mère, ne se font pas entendre, simplement parce qu'ils en sont morts.

 

Moi, l'absence de mon père, mais aussi sa non-existence, m'a littéralement démoli, mis en pièces. Il m'a fait, a abandonné ma mère, m'a abandonné et il est reparti voir sa femme et voilà. Jamais, jusqu'à l'âge de 21ans, personne ne m'en a parlé, et jamais je n'ai eu la force d'en parler, traumatisé dès mes premières années par ce tabou. Quand j'avais 21 ans, ma marraine, de but en blanc, m'en a parlé 20 secondes puis s'est arrêtée avant que j'aie pu dire le moindre mot, en concluant par "Mais tu n'en as rien à faire je suppose".

 

J'ai du attendre encore six ans avant que quelqu'un d'autre ne prenne ses responsabilités. Mais lui était payé pour ça, c'était le psychiatre qui me suivait et que je voyais depuis quelques mois parce que je ne comprenais pas pourquoi j'allais si mal depuis si longtemps. Je souffrais depuis ma plus tendre enfance de l'absence de mon père mais je ne savais pas que j'allais mal à cause de ça. Il m'a dit simplement que je devais commencer par connaître mon père. Je suis allé voir ma mère, elle m'a dit simplement son nom et son prénom. J'ai simplement cherché dans le Minitel (nous étions en 1992) et j'ai trouvé son numéro de téléphone. Je l'ai simplement appelé, nous avons simplement parlé 10 minutes puis il m'a dit qu'il me rappellerait dans quelques jours, car il était malade. Sans nouvelles plusieurs jours plus tard, j'ai rappelé, sa femme m'a simplement répondu qu'il était mort.

 

Cette page n'est qu'un petit aperçu de ce que je mettrai sur papier le jour où je continuerai le livre que j'ai commencé à écrire. Mais elle doit servir sur ce site à mettre les choses au point avec les connards. Je n'aime pas les insultes mais je dois bien utiliser ce mot dans ce cas précis car je suis fatigué qu'on me fasse payer, à moi, les actes inconsidérés de mon père.

 

Dès le début de ma vie, pas de père, pour moi, a signifié : pas d'identité, pas de racines, pas de fondations, peur, terreur, stress, inconnu, des questions sans réponses, pas d'assurance. Le néant, et un enfant obligé de se débrouiller dans ce néant.

 

Ma vie personnelle et professionnelle a été le théâtre ensuite de toutes les moqueries, les jugements à l'emporte-pièce des connards et des psychopathes (au sens médical du terme). Là encore j'ai encaissé et là encore ma valise s'est alourdie.

 

Il y a eu aussi les psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, psychanalystes, que je remercie pour leur travail cohérent, celui qui m'a permis de ne pas mourir de porter cette trop lourde valise.

 

Mais je ne les remercie pas, ni eux ni tous les autres connards, ceux qui continuent à me demander des comptes, dans le quotidien, dans mon travail, en justice ou sur internet, là où mon père devrait s'en occuper.

 

Lorsque j'ai failli me faire assassiner le 6 janvier 2013 par deux drogués plein d'alcool, à coups de baramine et de pieds dans la figure, que j'ai du me défendre seul, à terre et avec mes poings pour ne pas mourir et que leurs dégénérés d'amis de l'immeuble d'en face sont allés raconter des mensonges à la police, je me suis retrouvé grâce à eux en garde à vue. Et là, j'ai été expertisé par un psychiatre assermenté.

 

Je n'ai pas été expertisé parce que la police aurait détecté chez moi un déséquilibre mental ou un danger potentiel.

 

Non, voilà pourquoi j'ai été expertisé : parce que j'ai déclaré à la police, en garde à vue, dans un trou à rat insalubre de la République française, que j'avais besoin d'un médecin, tout de suite, en urgence, et que je n'en ai pas eu avant le lendemain. Et que je suis resté, malade, toute la nuit, à gémir, sans secours. Et que j'ai déclaré que je ne pouvais pas supporter l'enfermement de cette geôle, ni les conditions de détention, illégales et sur le plan humain, vomitives, et encore plus car j'étais une victime et non un agresseur.

 

Voilà pourquoi, dans la France des Droits de l'homme, j'ai été expertisé : parce que dans cette France, ne pas supporter ces conditions de détention immondes, ça veut dire qu'on n'est pas normal. Voilà pourquoi j'ai été expertisé. Parce qu'être malade d'être la victime de mensonges, c'est être anormal, dans cette société où le mensonge est considéré comme quelque chose d'incontournable et indiciblement accepté.

 

Le système de la garde à vue est un système criminel et moyennageux, dans la procédure et dans les conditions.

 

Il n'y a pas de demi-mesure, seulement deux cas : soit vous êtes résistant à des locaux insalubres, sales, nauséabonds, à une surface habitable de 5 mètres carrés avec 6 personnes entassées à l'intérieur comme dans un train de la mort, avec de la bouffe servie parterre, sans se laver pendant deux jours, sans appel à la famille, sans le droit d'avoir un avocat, et dans ce cas, vous êtes normal.

 

Soit vous ne supportez pas ça et donc vous êtes "un malade", qui nécessite une expertise psychiatrique.

 

Voilà la réalité de cette société malade, cette société "psychiatriquement" atteinte : quand vous n'êtes pas résistant à l'abomination, le malade mental, c'est vous.

 

J'ai donc été expertisé par un psychiatre. Qui par ailleurs a bien reçu et approuvé mon signal de détresse (besoin d'anxyolitiques, besoin d'hospitalisation, dénonciation des violations des Droits de l'homme et du Code de procédure pénale) et m'a répondu quand même qu'il n'était pas habilité à faire quoi que ce soit pour moi (seulement là pour l'expertise).

 

Puis, au moment de l'audience au Tribunal correctionnel, je me suis plaint du fait que la Présidente du tribunal correctionnel avait un comportement indigne déontologiquement et humainement parlant. Je n'ai ni insulté ni menacé. J'ai protesté, j'ai demandé à une Présidente du Tribunal correctionnel de Paris que mes droits soient respectés et que m'est-il arrivé en conséquence ? Elle a suspendu l'audience et j'ai été expertisé une deuxième fois, dans cette France malade.

 

Je suis allé voir quelques jours plus tard ce deuxième expert mandaté par cette Présidente de tribunal correctionnel.

 

Je me suis fait mettre à poil, moi, la victime, défoncée à coups de baramine et de pieds dans la gueule par des cocaïnomanes plein d'alcool prêts à me tuer, pendant que ceux-ci, n'ont pas eu affaire au moindre psy. Non, se balader la gueule pleine de coke, d'opiacées, d'herbe et d'alcool sur la voie publique, manquer de tuer quelqu'un pour rien, ça, ça ne nécessite aucune expertise psychiatrique bien entendu. Par contre ça mérite d'être défendu par Maître Saint-Palais, ténor du barreau.

 

Et là encore, c'est moi qui ai du rendre des comptes à Monsieur l'expert. Au détour des questions habituelles sur papa, maman, ma sexualité et tout le toutim, je me suis retrouvé avec une question en rafale, sur laquelle le monsieur est revenu et revenu et revenu malgré mon incapacité à répondre : mais pourquoi vous n'arrivez pas à vous en sortir, de l'absence de votre père ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

 

Le dernier "Pourquoi ?" ayant été assené avec la colère capricieuse d'un enfant de 5 ans. Ou la violence aveugle d'un terroriste illuminé. Et comme pour tous les benêts, il ne semblait pas lui venir à l'idée que si je ne m'en sortais pas, de cette rage et de cette souffrance, c'était peut-être tout simplement que ça pouvait arriver. Tout comme on peut s'en sortir, parfois.

 

Si j'avais été le "malade" que certains psychopathes ont passé leur temps à décrire en privé et en public, à ce moment-là, j'aurais pris l'expert et je l'aurais cassé en deux, tellement sa connerie était criminelle, tellement il était en train de continuer à me démolir là où un psychiatre est là pour vous tendre la main - même dans une expertise. Si j'avais été un malade, les deux experts l'auraient dit dans leur rapport. Si j'avais été un malade les 20 000 psy qui m'ont vu sombrer dans la souffrance l'auraient vu.

 

J'ai juste répondu au psychiatre-procureur 20 fois à la même question : "je n'en sais rien pourquoi, Docteur !". 20 fois j'ai répondu à son inquisition. J'étais là, dans son cabinet, à deux pas de la prison de la Santé, à devoir rendre des comptes à un psychiatre comme un criminel, sur ma souffrance, celle que mon père avait créée et celle pour laquelle on me demande des comptes depuis 48 ans, pendant que moi, je travaille.

 

Voilà dans quel pays malade on vit. Voilà dans quel système d'aliénés je dois me débattre.

 

Voilà pourquoi j'emmerde les fainéants et les faux amis, ceux qui croient tout régler par des maximes sur la faculté à positiver ou des théories fumeuses lues dans quelque livre parce qu'ils n'ont ni l'âme ni l'intelligence pour réfléchir par eux-mêmes et aider leur prochain, simplement.

 

J'ai souffert le martyr toute ma vie, je dois fermer ma grande gueule, souffrir en silence et en plus expliquer pourquoi je n'arrive pas à guérir.

 

Je n'ai rien à expliquer, je n'ai aucun compte à rendre.

 

J'ai fait dix fois mon boulot, j'ai travaillé, j'ai aidé mon prochain et j'ai serré les dents. J'ai rien demandé à personne, alors que personne ne me demande quoi que ce soit.

 

A tous les psy, les cons, les fainéants, les aboyeurs, les assassins, les donneurs de leçons, les bobos et les bourgeois, si vous avez des questions traitez directement avec mon père. Au cimetière. 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=PL2NOHSci00

Albert Dupontel dans Le grand soir, de Benoît Delépine et Gustave Kervern.

NB : tout commentaire injurieux sera immédiatement suivi d'un signalement à mon avocate et à Médiapart.

http://www.jeromevigliano.fr

 

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