Beaumont-Sur-Oise : Sans Les Mains !

Pour tuer il ne faut pas forcément frapper.

On va vous soigner Monsieur On va vous soigner Monsieur

Un gars est mort pendant une interpellation de gendarmerie à Beaumont-sur-Oise mardi soir. Il s'appelait Adama.

Ici le reportage du Parisien.

Et le Procureur de la République déclare que le "suspect" interpellé était atteint d'une affection grave et que son corps ne présente pas de lésions (qui auraient été la conséquence éventuelle de coups des policiers).

Moi je vais vous dire comment ça se passe, pas à la télé mais dans la réalité.

J'ai fait cinq gardes à vue pour rébellion (il n'y avait même pas - seulement - rébellion mais quand on est flic on peut dire ce qu'on veut, on a toujours raison, c'est la "loi").

Pendant une garde à vue la police est tenue par la même loi de vous fournir tout traitement médical prescrit, de veiller à votre bonne santé et de vous faire voir un médecin en urgence si besoin. Ce qui paraît évident.

La vérité est que dans mes cinq gardes à vue, aucune de ces obligations n'a été respectée.

Mes papiers prouvant mes "affections graves" étaient entre leurs mains, ils n'en ont rien fait.

J'ai demandé dès le départ à recevoir mon traitement, calmement et gentiment, ils ont continué de regarder la télé.

Mes traitements médicamenteux ne m'ont pas été donnés, je n'ai pas vu de médecin quand je le demandais en urgence, et je me suis parfois tordu de douleur toute la nuit, sans réaction de la police, à part des couinements de moqueries et des insultes.

Voilà la réalité, pas celle des ministres dans leur bureau : un homme peut simplement mourir entre les mains des représentants de la République sans avoir reçu aucun coup.

Ni aucun soin.

Ca s'appelle mise en danger délibérée de la personne d'autrui, omission de porter secours, non-assistance à personne en danger, selon les cas.

Et c'est réprimé par le Code pénal. Plutôt quand vous êtes un citoyen lambda.

 

www.jeromevigliano.fr

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.