La Fin

Le mercredi 17 juin 2015 était mon 1 1 2 3 e et dernier jour de résistance personnelle (billet du 3 juillet 2015).

C'était chez moi, 1 rue de Chantilly à Paris C'était chez moi, 1 rue de Chantilly à Paris
Ce jour-là j'ai été expulsé, en mon absence et après avoir été enfermé par la police à l'infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police (IPPP) pendant 48 heures dans un trou à rats sans vue dehors avec uniquement un lit dans la pièce.

 

Il faut noter que j’étais allé voir la police suite à un nouveau coup de fil diffamatoire – encore un -  d’une personne contre qui j’ai déposé plainte. Coup de fil donné à un animateur d’une radio où j’avais fait un essai antenne quelques jours avant.

 

Pendant 48 heures, les deux psychiatres qui m'ont vu à l'IPPP m'ont demandé ce que je faisais là en se grattant la tête et informé qu'ils ne comprenaient rien à l'histoire de la police...

 

Je suis ressorti au bout de 48 heures, j'étais SDF. Un membre du personnel a du me donner lui-même un ticket de métro, l'administration de la Préfecture de l'ayant pas prévu.

 

Je suis actuellement logé dans un autre trou à rats de la République, ce qu'on appelle un hôtel social, c'est à dire un empilement de cages à lapin de 10 mètres carrés dans lequel on entasse tous les pauvres cons à qui la République a refusé d'accorder les droits les plus élémentaires.

 

Cette République dont les hommes politiques nous rabattent les oreilles sans même faire ce qu'il faut pour qu'elle existe.

 

Voilà la France, pays des droits de l'Homme : la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf. Un pays qui pérore qu'il peut accueillir toute la misère du monde et qui accueille la misère du monde comme on accueillerait pas un chien.

 

Je me suis battu toute ma vie, j'ai résisté trois années, j'ai pris des coups pendant 1123 jours, et j'ai perdu la guerre.

 

J'ai au moins compris une chose : il faut que je ferme ma grande gueule. Je ne serai jamais plus fort que les cons contre qui je me bats.

 

Je suis à terre, en train de crever. Je fermerai ma gueule mais jamais je ne collaborerai avec les fascistes.

 

Merci à ceux qui m'ont soutenu. Les autres, Dieu ou la vie s'en occuperont. Ou la justice, si un jour elle veut bien faire son travail.

 

Jérôme Vigliano.

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