Le Plaisir des Sens - Mon Hommage à Raymond Devos

Vie de SDF Jour 31 - 17 juillet 2015 21h49.

Plaisir des Sens Plaisir des Sens
Alors voilà. Un petit conte du soir pour bien finir la journée (pour certains).

Aujourd'hui je me suis tapé 4 bornes à pied (et 4 autres au retour) sous le cagnard parisien en coupant à travers les hordes de touristes de Notre-Dame, pour aller dans le 14e voir une association pour la deuxième fois ; association qui devait m'emmener visiter une maison dans un beau coin bien paumé, histoire que je quitte cette ville de cons.

Ils avaient trouvé la voiture, on avait rendez-vous lundi pour voir la super bicoque, ils ont juste oublié que j'avais pas un rond pour la caution de 350€ (unique demande faite par le proprio pour entrer dans les lieux).

La dame a appelé les alloc locales : j'ai pas le droit au FSL pour financer les 350€ de la caution (1000€ de revenus, je suis trop riche).

Bon.

C'est pas grave, on peut y aller quand même, le proprio sera peut-être assez sympa pour attendre le mois d'août que je le paie et me garder la maison au chaud.

Mais non, tout à coup, le gars de l'asso (tout à fait sympathique par ailleurs, comme la dame), estime qu'il ne peut prendre la responsabilité de me "parachuter dans un coin paumé sans argent et sans bouffe et sans meubles pendant dix jours".

Je lui dis que là je suis en Enfer, que je serai bien mieux parterre à la cambrouse dans 60 mètres carrés, mais non, il trouve que c'est mieux ici.

Je comprends tout à fait sa logique et je la respecte, ces deux personnes sont par ailleurs des gens respectueux et à l'écoute.

Mais au final la morale de l'histoire est toujours la même - en dix "bâtons" :

 

1. Je me bats pendant des années pour avoir le droit de me loger avec des CDI mais sans mon père (!!!).

 

2. La police m'enferme deux jours à l'IPPP (Infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police) parce que je serais "en danger"...

 

3. Les deux psychiatres que je vois dans cette putain de PRISON, se grattent la tête en me demandant pourquoi la police m'a envoyé là...

 

4. Je leur explique à demi-mot que pendant ce temps, la police va pouvoir envoyer un huissier pour me déloger en mon absence, en toute tranquillité et en toute violation de la loi (DALO, circulaire Valls / Duflot, non-respect de la procédure d'expulsion, Convention des droits de l'Homme, etc).

 

5. Je suis "relâché" au bout de deux jours sans hospitalisation (là, la police est un peu dans la merde...).

 

6. L'infirmier de service, en me rendant mes affaires, lâche un "Tout ça pour ça", auquel je réponds par un "Comme vous dites". 

 

7. Le psychiatre, qui est un homme plein d'humanité enserré dans un système de folie, m'offre à la sortie un ticket de métro pour partir, puisque son administration n'a pas daigné m'en donner un... En me disant "Prenez soin de vous" !

 

8. La Fondation Abbé Pierre me confirme que tout ça est illégal mais qu'elle ne va pas réagir en justice...

 

9. J'abandonne donc le travail et le combat d'une vie et je me résous à partir de Paris, où manifestement, je dérange.

 

10. Et là, on me dit que partir, non, c'est pas possible.

 

Je me fais botter le cul et sortir de chez moi et ensuite, je me fais enfermer dehors.

 

Je suis viré de chez moi par la police totalitaire, je dis : "OK je me barre, je veux pas déranger" et quand je veux me barrer, on me répond : "Non non Monsieur, faut rester ici".

 

Voilà.

 

Ici, Raymond Devos http://www.dailymotion.com/video/xcw2pu_raymond-devos-le-plaisir-des-sens_fun

 

www.jeromevigliano.fr

www.facebook.com/RésistanceRueDeChantilly

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