Cinq jours chez les activistes allemands : tofu, anarchie et assaut d'une mine de charbon

J'ai passé cinq jours dans un camp pour le climat en Allemagne près de Düsseldorf. Le 15 août dernier, j’ai participé à une action de désobéissance civile de masse comptant 1600 personnes. Nous avons assiégé la mine de lignite (un charbon très polluant) de Garzweiller pendant une journée, afin de donner une message fort aux autorités allemandes.

J'ai passé cinq jours dans un camp pour le climat en Allemagne près de Düsseldorf. Le 15 août dernier, j’ai participé à une action de désobéissance civile de masse comptant 1600 personnes. Nous avons assiégé la mine de lignite (un charbon très polluant) de Garzweiller pendant une journée, afin de donner une message fort aux autorités allemandes. Cette mine est en effet la plus grosse source de pollution en Europe, et provoque une pollution aux particules fines jusqu’en Île-de-France quand le vent s’y prête. Deux jours avant de me retrouver en tête d’un cortège qui passa au travers de cinq barrages de policiers, je n’étais ni militant, ni activiste. Voici mon récit...


Où suis-je?

 

Ça devait être écrit quelque part, que je me retrouve, planté devant ce flic prêt à me tacler afin que je me résigne à passer et entrer dans la mine. 

 

Deux jours avant, je pensais rejoindre une bande de hippies surchauffés pour célébrer les arbres, les feuilles, qui auraient passé leurs journées à se galvaniser de conférences serties de paroles graves et enthousiastes à propos dudit “changement climatique”. Aujourd’hui, ma tête est préoccupée par mon envie de rejoindre le camp de Calais pour y nourrir des réfugiés. Les images fusent dans mon esprit. La désobéissance civile, la répression policière, l’entraide, travailler pour le camp, l’autogestion, la solidarité, l’action, la peur, la réalité qui nous est jetée à la gueule sur le terrain. J’ai l’impression d’avoir trouvé une place et une réelle, concrète utilité à bouger, à bosser, à apprendre des choses simples.  

 

Je suis venu par hasard à Lützerath, au camp pour le climat près de Düsseldorf parce qu’un ami m’a convaincu du fait que je n’avais rien de mieux à faire. Il faut toujours que je bouge, l’inactivité m’angoisse. C’était un copain de fac, et aujourd’hui un autre lien nous unit.

 

Tel un touriste j’arrive, fuyant Paris pour quelques jours verts, deux jours avant l’infiltration d’un millier de personnes à l’intérieur du site le plus polluant d’Europe : la mine de charbon à ciel ouvert de Garzweiller.

 

Imaginez, un trou béant dans le sol de la taille de la ville de Lyon (48km2), des terrassements formant des étages de 40 mètres qui s’enfoncent jusqu'à 300 mètres de profondeur. Tout cela est creusé 24h/24, 365 jours par an, par des machines apocalyptiques de 90 mètres de haut pour 220 mètres de long. Je vous rassure, même lorsqu’on est devant, la perspective nous joue des tours et l’on a du mal à réaliser ce que l’on a en face de nous.

 

Je n’avais pas idée de ce que signifiait l’activisme, ou l’action directe. Je connaissais les principes de la désobéissance civile grâce à l’ami Thoreau, mais ne concevais son application qu’au niveau individuel. Je méprise légèrement le militantisme qui n’est pour moi qu’une manière de se rassurer naïvement en se divertissant des joutes verbales des leaders politiques.

 

Mes premiers pas dans le camp, je me régale devant l’organisation du microcosme qui s’offre à mes yeux. Sans l’ombre d’un système hiérarchique, c’est tout de même l’ordre qui me saute aux yeux. Je me retrouve chez les anar’, et étonnamment, tout a l’air parfaitement rodé. Chacun a quelque chose à faire, et ceux qui se trouvent trop oisifs peuvent sans difficulté aucune s’atteler à la tâche. Il y a toujours de l’aide à fournir pour faire tourner une société de mille cinq cents personnes. Entre le nettoyage des toilettes sèches, la vaisselle, la préparation des repas, la gestion des ordures, se sentir utile n’est pas très difficile. D’une part, parce qu’il n’est pas compliqué de comprendre que faire une heure de vaisselle est indispensable pour contribuer à l’hygiène sur le camp, d’autre part, car lorsqu’on est applaudi par quelques personnes autour et récompensé spontanément par une moitié de tablette de chocolat pour avoir filé un coup de main, on est heureux de sentir que l’on sert concrètement à quelque chose, alors qu’on est dépourvu des prérequis que je pensais nécessaire au statut de militant/activiste. On est heureux non pas pour la gratification, mais plutôt car elle est gratuite et elle provient de tout le monde et de personne à la fois. C’est une des manifestations de la solidarité qui est permanente sur le camp.

 

L’effervescence

 

Avec son air poète, ce camp m’émeut. Je me balade. Une batucada m’attire irrésistiblement. Je me laisse guider par le rythme pour aller voir cela de plus près. Avec leurs instruments de fortune, la vingtaine de personnes qui répète dans le champ au dehors du camp provoque un écho terrible sur le hangar de l’autre côté de la route. Les cyclistes riverains s’arrêtent à mon niveau pour profiter du spectacle d’un air attendri. On ne voit pas tous les jours des jeunes en pleine campagne battre la mesure sans vraiment avoir un public, si ce n’est celui qui vient de s’improviser. Le vieux à côté de moi applaudit sans être entendu. Il applaudit pour lui-même, se félicitant de vivre dans un monde où la jeunesse est belle à regarder. En voyant l’image, les larmes montent doucement sans que je ressente le besoin de les retenir. Comme on se douche à poils et à ciel ouvert, à quoi bon être pudique? 

 

La décision

 

De la musique, à la cuisine, à la préparation mentale et physique à affronter les flics, la polizei, tout le monde a quelque chose à  faire et a sa raison d’être. Pas de “paumés”, de junkies qui profitent de l’ambiance de festival pour s’adonner la perdition de leur conscience, de mecs qui veulent persuader la terre entière qu’ils ont compris à peu près tout et ne peuvent s’empêcher de transpirer de leur bienséance. On voit simplement des gens confiants, qui bossent, qui s’affairent à la “légal team”, en cuisine ou qui proposent des ateliers incroyablement vivants. Au milieu de ce que je pourrais appeler sans trop de risque, cet idéal social,  je me balade pour un temps, me laissant séduire par la simplicité des relations, des attitudes de consommation, des plaisirs dont les campeurs jouissent avec si peu de difficultés. 

 

Il ne me fallait plus qu’un prétexte tangible pour affirmer mon désir de prendre part à l’action. C’est mon problème à ne pas me sentir légitime en toute situation. Il m’a fallu un temps à considérer que j’avais ma place parmi ces gens. Le coup de pouce, c'était d’écouter ce mec parler de la désobéissance civile. “À chaque fois que des gens ont voulu se battre pour une minorité, pour un groupe oppressé qui n’avait pas le pouvoir en leurs mains, il fallut enfreindre la loi”. Ouais, ça me parle. Aller au charbon, dans tous les sens du terme, pour se faire entendre, pour s’unir face à l’injustice qui permet à RWE (l’EDF allemand, en somme) d’exproprier des agriculteurs à des prix dérisoires sous peine de les exproprier à des prix encore plus dérisoires. Instinctivement, j’allais parler de sauvagerie, mais cette pratique est tout, sauf sauvage. Il d’agit de la destruction systématique et brutale d’un territoire à des fins économique.

 

Le soir, une réunion proposée par les délégations nous informe des détails de l’action du lendemain. On nous conseille de nous coucher tôt, le bar sera d’ailleurs fermé ce soir-là. La rigueur allemande est à l’œuvre, l’ambiance est militaire, calme, une petite dizaine de traducteurs sont là pour faciliter la compréhension de tous, à l’aide de radios portables distribuées à qui veut, que l’on règle sur la langue de notre choix. Vous voyez le genre d’image qu’on voit à l’ONU avec tous ces types qui écoutent attentivement ce qui est traduit dans leur casque. On était comme à l’ONU, mais les pieds dans l’herbe près du chapiteau principal, à la nuit tombée. C’est calme, la moitié des activistes, dont moi-même, devons rester concentrés pour être capable de comprendre ce qu’on nous dit à l’oreillette. Déjà que ma présence sur le camp ne date que d’un jour et que je ne sais franchement pas où j’ai foutu les pieds, j’ai plutôt intérêt à savoir pourquoi et comment on va me réveiller dans quelques heures. De plus, quand je comprends qu’on ne peut pas nous dire l’heure précise du réveil car des flics en civil sont très certainement dans l’assemblée, j’ai comme l’impression qu’il faut que je prenne cela avec un peu de sérieux. 

 

Quatre colonnes sont formées (des fingers : doigts), au sein desquels agiront des groupes affinitaires. Ces groupes sont nécessaires pour des raisons pratiques. Afin que l’action soit coordonnée sur le vif, les activistes ont formé des groupes à leur initiative. Le mien est composé de cinq personnes, nos intentions sont pacifiques, elles consistent à aller le plus loin possible jusqu’à notre arrestation éventuelle. Nous souhaitons tous garder l’anonymat, et si l’occasion se présentait, servir d’appât pour la police, faire diversion pendant que “l’ongle” (the nail) en tête du finger passeraient au travers des lignes formées par les policiers. Avoir un groupe, et un binôme dans son groupe, permet aux uns et aux autres de se surveiller, de prendre soin des éventuels blessés, de ne pas se perdre. Lors de l’organisation des colonnes, un élan me pousse à ne pas être à l’arrière de l’action mais, un peu comme dans le public d’un concert, je cherche à voir le spectacle de plus près en mettant vers l’avant. 

 

L’action

 

5h30 : J’ai mal dormi. Réveillé quelques fois par le stress et la crainte de louper le réveil. La sirène du mégaphone retentit. Les préposés au réveil alertent non sans humour le champ de tentes endormi qui s’étale autour d’eux. N’étant pas assez réveillé à ce moment-là, je ne pourrais m’en rappeler. L’excitation et la fatigue se mêlent au petit-déjeuner. On ne combat pas le ventre vide, disent les Allemands. Personne ne sait ce qui va se produire dans les minutes à venir. On sait juste que le weekend sera long et que pour le moment, il ne pleut pas, et c’est déjà pas mal. Pour ma part, j’enchaîne les gobelets de café et j’enroule quelques galettes de blé noir avec du sucre pour donner du courage à mon estomac. Dans mon gros sac à dos que j’avais fait la veille, des provisions, des vêtements de rechange, des bouteilles d’eau, de quoi tenir un jour ou deux. 

 

6h30 : Le drapeau vert est brandi, celui de ma colonne, nous sommes prêts à partir. Un hélicoptère nous survole depuis déjà quelques minutes. On se rassemble. Je cherche du regard mon ami qui m’a ramené dans ce camp, mais rien. Ça m’aurait rassuré de voir une tête connue. À ce moment là, je ne sais pas trop ce que je suis en train de faire. Les premiers pas au dehors du camp sont rythmés par quelques mots scandés: What do we want? Climat justice ! When do we want it? Now ! Deux camionnettes de la police stationnent devant le camp, et deux Volkswagen gyrophare sur le toit nous escortent. La manifestation légale et déclarée est prévue pour 14h, et les forces de l’ordre savent à ce moment que nos sept heures d'avance ne présagent rien de calme pour leurs effectifs. La position de notre camp nous oblige à emprunter l’un des quatre passages permettant de traverser l’autoroute qui nous sépare de la mine. Nous marchons trois kilomètres pour atteindre un premier pont, embusqué à son entrée comme à sa sortie par des chars anti-émeute, des flics qui ressemblent à des sortes robot-cops clonés, casqués et menaçant par leur matraque et leur gaz au poivre. Techniquement, on ne peut pas passer par là. Les véhicules comblent le passage qui est de surcroit surélevé. 

 

7h30: Après avoir continué notre route quelques centaines de mètres, une nouvelle opportunité s’offre à nous pour passer outre l’autoroute. La colonne entière tourne à droite et se retrouve face à une quarantaine de policiers qui font barrage. Personne ne sait comment, mais il se trouve qu’à ce moment là, nous avons décidé de former un bloc, de nous attacher les uns aux autres et de passer au travers. Break on through, to the other side, le refrain m’est resté en tête quelques heures après. Sur le coup je n’ai pas vu grand-chose. Ce que j’ai bien vu, par contre, c’est cette pluie épaisse atteindre mes yeux à la moitié du tunnel. J’ai du mettre une demi-seconde à comprendre que ce qui allait me tomber dessus, c’était du gaz au poivre, et j’allais souffrir, quelques heures encore. Ce n’était que le début. 

 

7h45: C’est dans la joie que le village de Borschemich s’offre à nous. On est passé dans ce tunnel comme une lettre à la poste. On se remet de ses émotions avant de comprendre que les effectifs qui nous attendent à la sortie sont beaucoup plus impressionnants. Je pense que nous avons autant peur que les flics en face de nous. Les 1200 policiers mobilisés sont, pour certains, en train de vivre leur baptême de répression dans un mouvement de masse. Continuer sur la route signerait la fin de notre opération. Il faut réagir instantanément, et nous coupons à travers champ pour rejoindre la mine sans passer par le village. Dépassés par les évènements, les robot-cops arrivent péniblement par dizaines à notre droite, mais reste en infériorité numérique. Ils forment une deuxième ligne pour faire barrage, et nous contiennent à cent mètres de la mine. Nous nous dispersons lorsque l’un de nous crie « spread out ». C’est une sorte de rugby éliminatoire que l’on joue. Si l’on se fait plaquer, on ne reviendra pas sur le terrain. Je cours de toutes mes forces et qu’un des flics s’approche dangereusement de moi à une vitesse folle pour jeter son pied contre le mien. Heureusement, un petit bond léger m’aide à me défaire de cette armoire à glace au regard noir et terrifiant. 

 

8h30: Sous les menaces provenant des haut-parleurs de la police -que je ne comprends pas du tout-, près de 200 personnes rentrent dans la mine par une brèche dans la clôture, une centaine de personnes s’étant déjà faite arrêter. C’est un soulagement, on entre dans ce trou béant et affreux. Le spectacle est inconcevable. Une immensité qu’on ne peut se représenter, même lorsqu’on est face à elle. Notre œil nous joue des tours, les machines à creuser paraissent à la fois immenses à côté des pelleteuses, et insignifiantes dans ce paysage apocalyptique. Notre but est d’aller assiéger l’une d’entre elle, nous y allons donc, gaiement, sans se rendre compte qu’elle est encore loin. Voyant la police nous regarder du haut de la falaise, on pense tous qu’elle n’a pas d’autre solution que d’assister au spectacle des envahisseurs. Leurs camionnettes ne pourront jamais pénétrer la mine qui n’est qu’une vaste étendue de sable sur la première terrasse. Les 4x4 de la sécurité interne essaient de nous barrer le passage mais demeurent impuissant face à la puissance numérique que nous avons. Nous avançons, sûrement. 

 

9h: Par dizaines, les Toyota Hilux de la sécurité affluent avec à leur bord des policiers. Ils ont unis leurs forces pour nous bloquer. À nouveau, une ligne se forme et nous devons courir le plus vite possible pour ne pas être attrapés. Le sable est aussi handicapant pour nous que pour les robot-cops, qui sont aussi à l’aise que des briques pour se mouvoir dans le sable épais. Pour empêcher les 4x4 de nous devancer, nous formons une ligne de près de 200 personnes sur la largeur de la terrasse. à ce moment, une quinzaine de voiture arrive au loin devant nous, ainsi que deux chars anti-émeute. L’hélicoptère nous survole toujours, et sera bientôt rejoint par trois autres venus de Bavière aussi impressionnant par leur taille que par leur chargement. On est submergé à mesure que l’on avance, l’usage du gaz au poivre est systématique pour nous faire reculer, mais nous perçons, de moins en moins nombreux au travers du filet qui se resserre sur nous. 

 

9h30: C’est la fin pour nous. Encerclés, gazés, affaiblis par les sprints successifs, on lève les mains et on se fait mettre au sol, la tête dans le sable pour être menotté par l’adversaire qui est plus que remonté. Là, commencent quatorze heures de détention dans le sable, et  dans des bus de ville réquisitionné pour l’occasion. 

 

Un message sur l’impact personnel, collectif et politique de cette expérience

 

Me croirez-vous si je vous dis que les moments qui ont suivi ont plus ressemblées à une colonie de vacances hautement surveillée qu’à une réelle arrestation ? La force qu’offre l’union et le pacifisme est incroyable. Voir la tête de ces mecs en uniforme et deviner leur individualité et leur sensibilité (par pour tous, certes) face à notre volonté d’agir pour quelque chose qui nous habite et en lequel on croit, et apercevoir la presse en haut de la falaise. 1200 flics n’ont pas eu raison de notre détermination, de notre sentiment de faire quelque chose de bien. La désobéissance civile prenait tout son sens. Aux allures de pique-nique géant, notre arrestation était joyeuse. Les pieds dans le sable, les premiers soins sont donnés, on sort nos provisions, et on mange. On l’a bien mérité, notre repos du guerrier. 

 

La masse d’activistes refuse pour la quasi-totalité de donner son identité. On nous ment, on nous propose des faux deals pour qu’on l’on coopère en nous faisant rêver avec un retour immédiat au camp. Mais 8h après, on nous achemine en dehors de la mine pour nous emmener au commissariat de Aachen, à 50 kilomètres de la mine. Dehors, le dispositif est inimaginable. Hollywood. Des voitures, des camions, des hélicos, des chevaux, des chiens, j’en passe. On forme une escorte sur l’autoroute composée de quatre bus accordéons et de 15 camionnettes de la fameuse Polizei, tout cela sur près d’un kilomètre. 

 

Je ne suis pas militant, je n’étais pas activiste à mon arrivée sur le camp, et j’ai déjà essuyé quelques gentilles moqueries (peu nombreuses, certes) quant aux perspectives d’avenir que cette aventure a créé. Bien sûr que le monde n’a pas changé grâce à 1600 personnes. Mais il aura plus changé qu’à deux cent, le nombre de personnes que comptait le camp l’année passée. La mobilisation est de plus en plus forte, chaque jour, et je ne vous mettrai pas à l’abri de l’aventure fabuleuse de l’action directe. Par mes mots, je veux vous embarquer, pour les plus audacieux, à bord d’une société nouvelle. Une société qui n’est pas seulement contre le système actuel, mais qui est pour des nouvelles formes de solidarité, pour la construction quotidienne d’alternatives à la violence symbolique des puissants de ce monde, à la consommation irréfléchie de nos ressources, à l’érection permanente de barrières. La richesse, dans cette société, ne s’obtient pas, mais se partage. Plus on est, plus nous mutualiserons notre consommation afin qu’elle ait un impact plus rationnel. Avouez que la situation est absurde quand vous essayez de faire un choix sincère entre les slogans et les packaging d’une boite de chocolat ou de café, parce que quelqu’un au fond de vous tente d’agir face à tout ce que vous entendez. Le problème est que les industriels arrivent petit à petit à nous faire croire qu’ils représentent la seule option à la consommation, qu’ils sont la seule croyance viable du 21ème siècle : Le vert oui, et c’est dans ton supermarché. 

 

Mon message aujourd’hui, c’est que des organisations sont là, des associations, des camps de militants prennent place, et il est facile d’être curieux de ces choses là, si vous pensez que quelque chose ne tourne pas rond dans votre manière de consommer et cela malgré vos convictions. Je ne fais pas un appel à aller au front, ça c’est votre décision. J’en appelle juste à votre présence pour que vous jugiez par vous même et que cela vous donne envie d’apprendre, et d’agir en conséquence. Ces personnes-là peuvent vous permettre de voir en quoi vous pouvez être utile, sans vous demander votre couleur politique, votre carte vegan ou la facture de vos nouvelles toilettes sèches. Pour ma part, j’ai juste appris beaucoup de choses, et maintenant, je veux les transmettre.

Jérôme G. 

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