Obéir ? (1/2)

La question de l’obéissance est au cœur du mouvement actuel de réaction à des injonctions simplement étayées sur ce qui apparait comme autant de travestissement de la réalité.

Y. CHAPOUTOT (« Libre d’obéir »), F. GROS (« désobéir ») témoignent l’un et l’autre dans leurs écrits, de l’urgence qu’il y a résister au conformisme et la crainte sinon la peur de sortie (d’éviction pour reprendre le terme de l’actuel ministre de l’éducation nationale) du jeu social qui conduit bien des individus, soucieux de défendre leur libre arbitre en d’autres circonstances, à céder pour se soulager d’une tension devenue insoutenable.

La recherche a bien montré que ce renoncement pouvait avoir pour effet immédiat de créer les conditions d’une adhésion à l’idéologie prétextant l’injonction.

Il y a donc lieu en l’état de s’inquiéter des effets d’un consentement éclairé par la peur capable de susciter la soumission puis la conversion.

C’est à une course contre la montre que nous allons assister dans les semaines qui viennent entre convertis (les fidèles du macronisme éclairé) et résistants à l’idéologie du « passe » (une idéologie nostalgique d’une époque passée, assurément) qui n’est rien d’autre que l’adhésion à une liberté rendue conditionnelle, aujourd’hui par une épidémie, demain pour d’autres motifs tout aussi sécuritaires.

Le pouvoir actuel joue de la provocation et table sur l’effet des divisions entre une majorité convertie et une minorité qui résiste.

Gageons qu’en cas de défaite des mouvements de défiance qui envahissent nos rues, cette minorité sera confrontée à l’obligation légale de se faire injecter un remède qui serait bien miraculeux en effet s’il parvenait à éradiquer les différentes formes du virus en circulation.

Certains interrogent à juste titre le sens de cette obligation puisque les données livrées par l'IHU de Marseille révèlent qu’autour de 15% des nouveaux malades du Covid qui y ont été diagnostiqués ont été "vaccinés".

Cette « vaccination » … sans vaccine m’évoque une démocratie pleine et entière, privée de la plupart des libertés qui contribuent au bien-être individuel et collectif : le plaisir d’être ensemble, d’avoir des activités sans but commercial, sans acheter ni vendre quoi que ce soit, de vivre pleinement sa condition d’humain, vivant.

Le climat de peur entretenu par la plupart des médias m'incite à penser que le pouvoir recherchant la conversion psychologique à ses choix idéologiques d’une majorité de citoyens, n’a pas envisagé que cette pression et ce conditionnement puissent avoir des effets délétères, irréversibles chez certains d’entre nous "passés de l’autre côté du miroir."

La phobie du contact, même de la simple proximité physique est bien présente dans l’espace public en témoignent ces regards détournés, ces croisements évités, cette doublement insupportable distanciation sociale ; le terme même renvoyant à quelque chose de l’ordre de l’impossible rencontre, de la séparation ordonnée des individus dans l’espace public.

Je n’évoquerai pas ici une des mesures « barrière » parmi lesquelles les plus absurdes comme le port du masque dans l’espace public.

Les « masqués » me retournent les tripes, seuls ou dans des espaces vides. Comment peut-on en arriver là, comment peut-on avoir l’idée (celle qui a été déposée dans l’esprit sous l’effet du conditionnement médiatique) qu’il y a un risque à déambuler loin des autres ? Certains parlent d’objet contra phobique, de moyen psychologique de tenir le virus à distance, en toute circonstance, une sorte de talisman. Pour d’autre, il témoigne de l’adhésion formelle ou réelle aux mesures imposées, un signe d’appartenance à la partie majoritairement saine du corps social, citoyen et obéissant aux ordres au nom de la sécurité collective.

Jusqu’où cela va-t-il aller, je n’en sais rien, faisant néanmoins l’hypothèse que ce jeu avec nos vies peut durer encore quelque temps. Confinement, port du masque, privation d’accès aux lieux de divertissement et d’activité non-commerciale et non-professionnelle, privation de l’accès à ce qui n’est pas déterminé comme « essentiel » par le grand maître des horloges qu'est devenu le président d'un pays qui doit se réveiller rapidement s'il ne veut pas rejoindre la désormais liste assez longue des nations illibérales.

Pour ce qui concerne les très insupportables et ignominieux apprentis-sorcier, maîtres chanteurs à la manœuvre, qu’ils prennent bien garde de ne pas être sous peu, la cible des révoltes qui s'ébauchent, passant d'agitateurs et de provocateurs, de menteurs et de manipulateurs à la très pénible condition de victimes, celle-là même que nous vivons depuis un an et demi, victimes de l'inhumanité et du cynisme, de la cupidité d'une minorité qui pour l'instant ne sait pas si elle doit nous prendre de haut ou redouter le ras de marais qui s'annonce, une vague pacifique et démocratique.

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