Le temps des hésitation est échu. Maintenant: le courage d'agir.

Nous percevons la fin de l'urgence sanitaire. Nous devons maintenant mettre tout ce que nous avons appris de cette pandémie, toute notre énergie et notre courage à lutter ensemble pour inventer une nouvelle forme de vivre ensemble. Le "budget carbone" est déjà épuisé et un arrêt immédiat de toute émission nous porte à une augmentation de plus de 2°C, précipités vers l'inconnu.

Comment ne pas comprendre l'impasse dans laquelle nous sommes ?

Comment trouver une issue ?

Nous devons remettre l'ouvrage sur le métier et retravailler notre vivre ensemble, en laissant un moment nos tabous et nos égoïsmes de côté. Les problèmes climatiques ne font que commencer et réjouissez vous de cet épisode de Covid (directement issu de notre civilisation prédatrice et libre-échangiste) car ce n'est ni le dernier, ni le plus douloureux des épisodes à venir.

+1.25°C d'augmentation mondiale des températures par rapport à l'aire pré-industrielle avec de grande disparités régionales, par exemple pour 5 petits centièmes de degrés, la Suisse ne passe pas le +3°C en 2020. Et le différentiel entre "entrées" et "sorties" énergétique de notre système terrestre nous garanti une augmentation planifiée de 0.6-0.8°C supplémentaires. Ni une hypothétique "révolution technologique", ni "attendre que ça passe" ne résoudra le problème.

La France a fait un grand pas en sortant des blocages gauche - droite, mais hélas dans la direction du néolibéralisme et du point de vue du climat, c'est bien en direction du gouffre, un gouffre monstrueux se creusant entre possédants et -- possédés -- si je puis dire, car si avoir un peu ou beaucoup d'argent ne change pas grand chose, des fins de mois aux poches vides confinent à l'enfer.

Il n'y a plus d'espoir

Nous ne retrouverons pas un fonctionnement de notre biosphère si propice à notre épanouissement, tel qu'il nous a été donnée durant les 50 dernières années. C'est du passé et comme nous dit Kate Marwel Climatologue associée au Goddard Institute for Space Studies de la NASA "Il n’y a plus d’espoir, que les changements puissent être inversés…le contraire de l’espoir, ce n’est pas le désespoir, mais du chagrin…La rapidité du changement, son ampleur et son caractère inévitable nous lient en un seul cœur brisé, pris au piège dans une atmosphère de réchauffement... Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de courage. Le courage est la résolution de bien faire sans l’assurance d’une fin heureuse.

Et comment faire "le bien" ? Peut-être cesser de le confondre avec "les biens" et focaliser sur ce qui nous rend heureux sans hypothéquer l'entier de la vie sur terre. Ce que les enfants de 2 ans comprennent en identifiant la limite entre eux et le monde, les économistes l'ont perdu en pensant que le monde n'a pas de limite.

La générosité

Notre élévation au-dessus de notre état naturel, la dissociation opérée entre notre humanité et la nature qui nous entoure, cette singularité nous a fait quitter notre cocon original et agricole pour mieux nous précipiter dans la nature à chaque occasion possible. Nous avons façonné suivant les injonctions de notre toute puissante économie un comportement où l'égoïsme est devenu une qualité. Ces comportements sont dommageables à tous points de vue, socialement, humainement et psychologiquement. Nous devons retrouver un nouvel équilibre dans le cadre donnée par les ressources à notre disposition, voir Kate Raworth et son Donut. Etendre notre champ de perception et de connexion au monde d'où l'on s'est extrait et revenir aux bonheurs désintéressés. Passer de "Lorsque tu es généreux... tu perds de l'argent" à "Etre généreux, c'est naturel et ça rend heureux".

Mais que vendre à des gens heureux ?

Plus d'infos sur le climat sur etatdurgence.ch

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.