exit Valls, Hamon n'a pourtant pas gagné

Alors que Hamon vient de remporter la victoire, la gauche a signé hier soir sa propre défaite. Jean Luc Mélenchon reste le seul homme de gauche en lice et c'est sans doute Macron qui tirera les marrons du feu. La faute à qui ? Aux électeurs qui confondent élections et démocratie. Alors, que faire ?

Hamon vainqueur de cette pantalonnade que le PS a initiée afin de placer son poulain sur la ligne de départ des présidentielles.

Caramba, encore raté !

Valls a subi hier soir l'humiliation d'être renvoyé à la maison après avoir planté son poignard dans le dos de Hollande, pour être calife à la place du calife.... la politique est un dur métier, pas seulement un métier de dur, ou de faux dur ...

Ce qui me gêne avec cette actualité, c'est que l'on essaie de faire croire que cette élection était celle du candidat de la gauche...

Le parti socialiste n'est plus à gauche depuis longtemps, depuis Mitterrand pour être exact, depuis qu'il a accédé au pouvoir, pris en otage par François le matois qui savait que pour être élu, ce qu'il attendait depuis si longtemps, il fallait faire croire à l'union de la gauche.

Le parti communiste en a fait les frais, qui a cessé d'exister quand les ministres communistes ont quitté le gouvernement Fabius en juillet 1984.

Fabius fut premier ministre, je le dis pour les jeunes, ceux qui croient que Fabius est un perdreau de l'année.

Il avait été précédemment ministre délégué au budget, il sera par la suite président de l'assemblée nationale, premier secrétaire du parti socialiste, ministre des finances de Jospin. Il se fait remarquer en prenant la tête de la fronde contre la constitution européenne,  se fait coiffer par Ségolène en 2007 pour l'élection présidentielle.

En 2011 il joue Aubry contre Hollande, mauvaise pioche; mais Hollande, pas rancunier le prendra dans son gouvernement de 2012 à 2016 comme ministre des affaires étrangères.

Il a 70 ans, l'âge d'entrer à la maison de retraite des politiques qu'on appelle "Conseil constitutionnel le 19 février 2016, il y coulera désormais des jours paisibles, à l'abri des soucis pécuniers, bien qu'il soit à la tête d'une belle fortune (merci papa) que son fils tente de dilapider en jouant au poker... mais ceci est une autre histoire....

La gauche, c'est d'abord une idée. Une idée généreuse qui ne tient pas toujours compte des réalités économiques.

La gauche, c'est aussi le peuple de ceux qui n'ont que le travail comme source de revenu, ce sont souvent des gens simples que la politique laisse indifférents, sauf au moment des élections, mais qui préfèrent consacrer leur temps à d'autres activités plus ludiques : le sport, les arts, peut-on leur reprocher ?

La gauche, ce sont des gens qui pensent qu'on peut tout changer à coups de manifestations, de grèves, ils ont sans doute manqué quelques épisodes du film ...

La gauche, c'est la conscience de l'homme, l'humanisme, le parti de ceux qui veulent la justice, qui n'acceptent pas que la priorité soit donnée au "fils de.." plutôt qu'à la compétence, qui refusent de voir se constituer des dynasties de fortune ou d'influence au fil des générations...

Mais la gauche n'est pas faite pour gouverner, elle l'a prouvé à maintes reprises en tournant le dos à ses programmes électoraux, il y a d'autres instances mondiales qui tiennent d'une main de fer les gouvernements (voir la Grèce par exemple).

Ces instances mondiales sont-elles de droite ? Difficile de le dire car bien malin qui peut définir la droite.

Mais il existe tout de même une proximité de la droite avec les puissances d'argent, et ce n'est pas forcément blasphémer que prétendre que la droite aime le fric par-dessus tout.

Serait-ce l'explication de l'affaire Fillon ? Tout simplement, croire que l'on peut être au-dessus des lois, non concerné en quelque sorte.

C'est bien sûr un peu simpliste, je l'avoue bien volontiers.

Mais on ne peut s'en empêcher, et cela pourrait expliquer pourquoi certains hommes, de gauche (ou se disant de gauche) comme M Cambadélis, Harlem Désir, ou Cahuzac, et j'en oublie, se font prendre la main dans le pot de confiture, dès lors que leur ascension sociale les éloigne de cette gauche dont ils se revendiquent.

Jean Luc Melenchon est sans doute le dernier homme de gauche dans cette course à la présidentielle, il n'a aucune chance de gagner s'il n'obtient pas le soutien des ténors du parti socialiste et je crains bien que le gagnant soit ce Macron venu de nulle part, ne s'appuyant sur aucun programme et qui semble désormais rassembler les suffrages de tous les désemparés de la politique.

Bien sûr il reste Marine, peut-elle gagner ? Elle sera probablement au second tour et nous verrons alors la Sainte Alliance de la Droite et de la "Gauche" pour faire barrage comme en 2002 qui vit Chirac porté au pouvoir par la vague anti-Le Pen. Quelle fumisterie !

Il reste alors une troisième voie  : ne pas aller voter, tourner le dos à cette guignolade que constitue l'élection qu'on nous présente comme preuve que nous vivons en démocratie. Elisée Reclus le disait déjà en 1885 :

" Voter, c'est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c'est renoncer à sa propre souveraineté. Qu'il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d'une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu'ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir."

Rien de nouveau sous le soleil, sauf que, en 2017 les gogos sont toujours aussi nombreux et qu'ils se précipiteront en mai pour déposer leur bulletin dans l'urne, convaincus que ce geste n'est pas l'abandon de leur souveraineté mais la participation à ce grand oeuvre qu'on appelle DEMOCRATIE.

Ainsi va le monde, et pourtant ...

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