Écritures opprimées

Quelques principes généraux d’ateliers d’écriture inspirés du théâtre de l’Opprimé :

 

 

L'oppression 

Situation d'entrave d'une liberté ou d'un droit acquis. L'oppression peut être directe ou indirecte, exercée par des personnes détentrices de pouvoirs, légitimes ou non, conscientes ou non.

L'opprimé

Un opprimé est conscient de son oppression. Il sait qu'il ne pourra pas en sortir seul. Il a besoin du recours à d'autres structures libératoires, ou du soutien actif des autres opprimés qui s'élèvent avec lui. L'opprimé n'est ni un aliéné ni un dépressif.

Repérages

Déceler l'oppression, l'oppresseur et l'opprimé n'est pas toujours si simple. Il y a trois grands types de situations où chacun peut essayer d'identifier la nature d'oppression :

  • le danger à fuir, à combattre ou à craindre : flics, administrations, patrons, matons, machistes, racistes, brutes, personnes violentes, armées ou non...
  • les anges-gardiens, protecteurs embarrassants qui se posent en boucliers de dangers potentiels susceptibles, à tort ou à raison, de nous atteindre : parents, amis, collègues, voisins... bienveillants à l'excès, ou malades, accidentés, handicapés, effrayés à l'idée de nos prises de libertés...
  • la paix à tout prix, l'immobilité, le besoin impératif de ne plus rien faire, de figer la situation, d'empêcher toute transformation, toute nouvelle perspective...

Places

La place, le rôle, la fonction de chacun a une incidence sur la situation d'oppression : cette place peut se marquer dans l'espace scénique (devant, derrière, à côté, au-dessus, en-dessous... d'un élément central le plus “neutre” possible, et par rapport à d'autres éléments a priori répulsifs, genre poubelle, ou attractifs, genre fleurs... S'il y en a plusieurs, les portes et les fenêtres seront ainsi utilisées dans le décor avec des fonctions contradictoires, ouvertes/fermées, éclairées/masquées de rideaux, etc.).

Sans parler, il faudra aux participants imaginer le monde social dont ce décor pourrait être la métaphore, puis représenter physiquement les places selon trois questions :

  • la place que l'on pense occuper dans le présent,
  • la place que l'on refuse d'occuper, et...
  • la place que l'on souhaiterait pouvoir occuper.

Mettre ensuite en discussion ces représentations pour envisager la différence des positions de chacun permet de lancer des exercices d'écriture en fonction de la dynamique de groupe qui apparaît.


Ces exercices appartiennent aux expériences et aux lectures extraites des livres d'Augusto Boal sur ses méthodes

http://www.abceditions.net/nos-actions/4-nos-actions/66-atelier-taller-ecriture-escritura-opprime-oprimido

Jean-Jacques M’µ

www.abceditions.net


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