Et si ...

Camille Couturier Camille Couturier

Et s'il existe quelques fleurs oisives, données, qui fassent, encore, le plus doux des effets, 
Et si quelques musiques tardives apaisent, enfin, ton cœur engrangé dans la peine, 
Et s'il suffit d'un mot, un rien conventionnel, pour ouvrir la pierre et découvrir sa graine, 
Et si je suis, soudain, dans la panique du vent, comme un cerf-volant fou, 
Et si le ciel s'ouvre sur nos âmes conquises, ainsi, sans le feu lourd des cheminées d'usines,
Et si le printemps fou, pourtant brûlé d'extases, n'abîme guère nos sexes mais gère nos sourires,
Et si la fumée des cratères, qui attendent l'appel, confine patiemment sa nuée dans le désir tant tu,
Et si dans l'enveloppe, oubliée sur la table, ne glisse que le vide,
Et si, parfois, je verse, au présent sourd, le dernier des oiseaux, l'obscur conditionnel,
Et si ... 

Je serai, donc, celui qui participe, innocent du savoir, 
aux liens qui nous unissent et qui n'ont plus de but.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.